Abigoba au Jack Jack une soirée enflammée pour un jazz en fusion

De retour pour présenter leur nouvel album Scattered Legacy, Abigoba, groupe de nu jazz est venu renouer avec la scène lyonnaise en enflammant le Jack Jack de Bron ce vendredi soir. En plus de quelques titres inédits, le groupe a rejoué certaines chansons tirées de leurs précédents albums. L’occasion aussi de célébrer l’anniversaire du benjamin mais aussi bassiste du groupe, Térence Vincent, qui fêtait ses 21 ans ! Ce quintet éclectique mené par Jean-Luc Briançon et accompagné en exclusivité par la chanteuse de gospel Sabine Matomswé Kouli promettait donc une soirée placée sous le signe du partage et du métissage des genres, à l’image de leur musique. Comme décor, la belle salle acoustique du Jack Jack au sous-sol de la MJC Aragon de Bron.

Jazz, Funk et Afro-groove, le ton est donné en première partie: les musiciens d’Isaac’s mood entrainent le public avec eux

Isaacs mood- obstinato.fr
© Isaacs mood- obstinato.fr

20h30… Une lumière rouge tamisée entoure la scène donnant une ambiance de jazz club des années 60. Trois musiciens entrent. Allure travaillée, nœuds papillon autour du cou, ils entament leur concert avec une reprise d’un classique de Joshua Redman, Put it in your pocket. Choix pertinent puisqu’immédiatement, le public est dans leur poche.
Pendant une heure, le groupe Isaac’s mood mêle le rock-funk de la guitare électrique de Benjamin Gouhier, le groove de David Bressat au clavier et le rythme exotique et suave de la batterie de Charles Clayette. Les musiciens se donnent sur scène et ça se sent : rapidement le public se rapproche de la scène et danse sur les riffs funks du trio. Quelques ballades reposent le public, on retiendra surtout Isaac’s private club qui symbolise à elle seule le concept de ce trio. Le groupe crée même la surprise avec leur composition Niafango (en référence au sketch dévoyé des Nuls) sur un rythme de bikutsi enflammé. Avec des influences allant de George Benson à Ernest Renglin, le son de Isaac’s Mood est une véritable immersion dans un gentleman’s club, alliant finesse et impertinence moderne. Après une heure de show, Isaac’s mood quitte la scène, laissant un public totalement conquis et prêt à recevoir Abigoba.

Le raffinement comme maitre mot, Abigoba enchante le public     

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© Cynthia Nkongue

Le public assiste à l’installation d’Abigoba : un set de congas et bongo et autres percussions acoustiques, une batterie, une basse, un ensemble de claviers et synthétiseurs et une trompette… Bien qu’habituées à la musique du groupe, quelques personnes du public se regardent, l’air entendu : ce soir sera rythmé ou ne sera pas ! Lorsque les membres du groupe entrent sur scène, le public applaudit, prêt à écouter et à se laisser emporter dans l’univers d’Abigoba. Telle une formule magique, l’étincelle prend immédiatement entre le public et le quintet qui durant une heure et demie offrira un véritable voyage musical au public.
Dès les premières notes le groupe nous emmène quelque part en Orient avec un piano et des congas percutantes. Rapidement, la trompette raffinée d’Erik Truffaz chante le thème du premier morceau. Un son clair, quasi cristallin, qui annonce le début du voyage. Les amateurs de jazz sont ravis, la trompette, instrument phare du genre, est au cœur de la scène. Le premier morceau fini, le public est déjà conquis et séduit. Mais le groupe ne s’en contente pas. Toujours sur le concept de l’artiste invité, Abigoba invite alors la chanteuse gospel Sabine Matomswé Kouli pour interpréter une première chanson, Stand, figurant sur leur nouvel album. Sa voix chaude et puissante, à l’aise dans toutes les nuances, rappelle celle de la chanteuse Sade Adu. Quelques problèmes techniques dans la balance de son couvrent la voix de la chanteuse mais fort heureusement, ils sont rapidement réglés et le public peut apprécier entièrement la performance de la chanteuse, que Jean-Luc Briançon appelle affectueusement- et à raison – «  sa diva ».

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© Cynthia Nkongue

Nul doute que les musiciens d’Abigoba sont des techniciens hors pair. Ils nous le prouvent en interprétant en live le titre de leur album éponyme, Scattered Legacy. Comme le titre l’indique, ce morceau distille les influences du groupe : du jazz et du groove inspirés d’Herbie Hancock, aux accents nu jazz inspirés de la trompette de Nils Petter Molvær. Ce morceau est aussi l’occasion de voir briller la basse de Térence Vincent dans un solo qui enthousiasme le public. Dans la lignée de leur précédent album, Abigoba expérimente et réussit à mêler leurs influences entre nu jazz et groove.

Une soirée fusion : entre le public et les artistes une même émotion

La fusion est au cœur du projet Abigoba, en témoigne ce magnifique moment lorsque la voix de la chanteuse et le son de la trompette se répondent l’une l’autre dans un duo sensuel et aérien, lorsqu’ils interprètent Darwin’s Nightmare.
Pour les passionnés de jazz, Abigoba est un groupe qui non seulement s’écoute chez soi mais se vit aussi en concert. En effet, ce concert est l’occasion de réinterpréter des musiques différemment de la version studio. En témoigne leur magnifique arrangement d’Even if I try, que l’on peut retrouver dans leur album, qui laisse le public sans voix.
Dès leur entrée en scène, les musiciens semblent être heureux de retrouver la scène dans la ville qui a vu naître le groupe. Et la réciproque est vraie pour le public qui est lui aussi enthousiaste à l’idée de voir Abigoba se produire sur scène, chez eux à Bron. Il règne un sentiment de familiarité pendant ce concert, une bonne chaleur émane des musiciens et elle se propage dans la salle. Jean-Luc Briançon, le leader du groupe (mais aussi principal compositeur) échange avec le public, lance quelques boutades et met très vite à l’aise le public et ses musiciens. Cette bonne humeur se voit sur le visage de Franck Boutin-Albrand aux congas et tam-tams, ou dans les sourires complices entre Yann Van Eijk le batteur et Térence Vincent.

Après un excellent rappel, le groupe nous quitte dans la bonne humeur. Toujours généreux, le groupe remercie le public de sa présence et de son soutien. A la sortie du concert, les deux groupes du soir font à nouveau preuve de générosité en échangeant volontiers quelques mots avec des spectateurs admiratifs, passionnés ou tout simplement curieux.
La soirée est finie, la lumière s’éteint. Pas pour longtemps cela dit, puisqu’Abigoba se produira le 8 décembre place de La Liberté à Bron à l’occasion de la Fête des lumières.

Thyia

3 pensées sur “Abigoba au Jack Jack une soirée enflammée pour un jazz en fusion

  • 1 décembre 2014 à 20 h 50 min
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    Je tiens à signaler que le concert du 8 décembre ne se déroule pas place des Terreaux mais place de la Liberté, la place de la mairie de BRON. Pour ceux qui aurait l’excellente idée d’y assister, ne vous trompez pas ! 🙂

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    • 2 décembre 2014 à 12 h 25 min
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      Erreur rectifiée, désolé !

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