Quand les anges tombent du ciel ! Interview exclusive des metteurs en scène de la pièce Les Anges ont vingt ans

Dans le cadre de la vingtième édition du festival Coup de Théâtre organisé par le service culturel de l’université du 26 au 29 janvier 2016, à l’amphi-culturel de Bron, sera jouée la pièce Les Anges ont vingt ans du Collectiflou, mise en scène par l’auteure de la pièce, Laurie Guin, et Gauthier Hertzler. Leur pièce, soutenue par notre association et le FSDIE de Lyon 2, sera jouée le mardi 26 avril 2016 à 19h sur le campus de Bron. À cette occasion, nous vous proposons de découvrir ces deux jeunes metteurs en scène ainsi que leur travail !

Pour commencer cette interview, pouvez-vous vous présenter individuellement avant de nous présenter le Collectiflou ?
Gauthier Hertzler : Je suis étudiant en 2ème année de Lettres Modernes à Lyon 2 et je suis le metteur en scène du projet avec Laurie.
Laurie Guin : Je suis en 2ème année d’Arts du Spectacle à Lyon 2. Avant ça j’ai fait un bac Théâtre et j’ai pratiqué le théâtre pendant six ans en tant que comédienne et cette année, on a tous les deux laissé tomber le jeu pour se consacrer à la mise en scène du projet ensemble.
Au niveau du collectif, nous sommes sept étudiants au total, nous deux et les cinq comédiens.
Gauthier Hertzler : Tous sont à Lyon 2, presque tous en 2ème année, sauf une en 1ère année, et appartiennent à trois filières différentes : Lettres Modernes, Arts du Spectacle et Musicologie. Suite à des auditions, nous nous sommes tous regroupés autour du projet.

Quelle est la genèse du projet ?
Laurie Guin : Ça fait à peu près un an que j’ai écrit la pièce, donc elle a pas mal évolué en un an. On en a pas mal discuté ensemble, on a fait les corrections tous les deux et à partir d’août, on a commencé à faire les auditions pour trouver les comédiens et à partir de septembre, on a travaillé sur la pièce avec l’équipe définitivement formée.

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Pourquoi ne vouliez-vous pas jouer dans cette pièce ? Était-ce pour ne vous consacrer qu’à la mise en scène ?
Laurie Guin : Oui, c’était un choix que je voulais prendre dès le départ. Je ne me sentais pas du tout capable d’endosser mon propre texte. Je pensais que le recul nécessaire n’y était pas et j’avais vraiment envie d’avoir le point de vue extérieur et vivre l’expérience de mise en scène car c’est la première fois que je fais ça. Donc je trouvais ça super important de ne pas jouer mon propre texte et encore moins de jouer dans ma propre mise en scène.
Gauthier Hertzler : Pour moi, la question s’est posée de savoir si je jouerais ou si je l’aiderais à la mise en scène. Et finalement, on a décidé, tous les deux, que j’aiderais à la mise en scène et que je ne ferais que ça. C’est quand même assez compliqué pour une première expérience de mise en scène d’être tout seul.

Est-ce seulement le côté effrayant de la première fois qui vous a poussé à travailler conjointement ? Parce qu’on pourrait penser qu’ayant écrit le texte vous-même Laurie, vous auriez voulu le mettre en scène seule.
Laurie Guin : Disons que ça fait longtemps que Gauthier et moi, on se montre mutuellement nos écrits et l’année dernière dès qu’on avait quelque chose dont on était à peu près fier, on se l’envoyait mutuellement (rires). Du coup, il connaissait déjà mon écriture, comment j’écris, ce que je pense du théâtre en général, donc c’est la première personne à qui j’en avais parlé. Sinon, on a des points de vue assez différents et je pensais que c’était plutôt bien car on allait être complémentaire et puis honnêtement, ça me faisait un peu peur de m’engager seule dans la direction d’acteurs. Au final, Gauthier a fait 50% du travail de mise en scène puisqu’au niveau de la direction d’acteurs, on avait la même responsabilité. Dès fois, on se contredit (rires) mais c’est bien d’avoir un deuxième point de vue. C’est super important ! Ça a emmené la pièce ailleurs…
Gauthier Hertzler : Même au niveau de la dramaturgie, on n’a pas forcément les mêmes idées tout le temps mais c’est intéressant d’avoir cette confrontation, de se dire : bon ben moi j’ai cette idée là et toi t’as celle-là, bon ben qu’est-ce qu’on va en faire… ? On fait des compromis et ça fonctionne plutôt bien.

Comment avez-vous monté votre projet une fois le collectif formé ?
Laurie Guin : En fait, dans la direction d’acteurs, on a travaillé en deux étapes. Il y avait le travail sur la pièce jouée mais on l’a commencé plus tard parce qu’on voulait tout d’abord initier les comédiens à leurs personnages par des exercices. Donc toutes nos répétitions ont commencé par une heure d’exercices et ensuite, commençait le travail de plateau. On a vraiment pris deux bons mois pour qu’ils apprennent à connaître leur personnage puisqu’il s’agit de personnages un petit peu complexes… On n’aime pas trop la psychologie chez le personnage ou chez l’acteur mais vu que c’est un huis-clos et que les personnages parlent beaucoup, c’était important qu’ils connaissent bien leur personnage. Puis ensuite, on a travaillé au plateau.
Gauthier Hertzler : Au départ on était sur le rythme d’une répétition par semaine avec quelques weekends et plus on arrive vers la date de représentation, plus on répète, tous les weekends, plusieurs fois dans la semaine…

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Et n’était-ce pas difficile de trouver des salles pour répéter, notamment les weekends ?
Laurie Guin : L’année dernière, nous étions aussi dans un projet étudiant tous les deux en tant que comédiens et cela nous a donné beaucoup de repères pour monter un projet étudiant, donc on savait qu’il y avait des salles à la Maison de l’Étudiant de Bron, donc c’est la première chose qu’on a fait, demander des salles. Ça n’a pas été compliqué, ils ont été supers arrangeants au niveau des horaires, donc c’était super ! Après pour les weekends, où on ne pouvait pas avoir la Maison de l’Étudiant, ça a été très compliqué, on devait aller chez les comédiens, chez moi-même, et là pour les dernières répétitions du weekend, on a dû louer une salle qu’on doit financer nous-même. Franchement, en dehors de la Maison de l’Étudiant, c’est super compliqué de trouver des salles.

Maintenant que nous avons découvert votre façon de travailler, pouvez-vous nous présenter votre spectacle, Les Anges ont vingt ans ?
Gauthier Hertzler : Comme on l’a dit, c’est un huis-clos où cinq personnages se réveillent dans une pièce qu’ils ne connaissent pas. Ils ne se connaissent pas encore entre eux et se rendent compte qu’ils sont enfermés dans cette pièce et qu’ils n’arrivent pas à en sortir… Au fur et à mesure, on va découvrir avec eux que cette pièce n’est pas forcément un lieu physique mais peut-être une cage mentale. Ils vont donc essayer de comprendre pourquoi ils sont là et peut-être comment en sortir…
Laurie Guin : L’enjeu pour eux est de réussir à sortir de cet espace un peu onirique donc ce n’est pas un espace réaliste dans le sens où il n’existe peut-être pas, et les personnages n’ont pas forcément de psychologie. Ils ont une unité et condensent plein de choses que j’ai remarquées dans ma jeunesse ou que je ressens au quotidien et c’était une façon de mettre en avant le cloisonnement homme/femme. Du coup, c’est très violent, souvent ce n’est pas justifié, mais je voulais montrer les conséquences et pas les causes, je ne veux pas donner de réponses au public, à lui de trouver ses réponses.

Pourquoi ce titre ? Pourquoi des anges ? Pourquoi ont-ils tous vingt ans ?
12936545_10153396822981227_7729880605350126456_nLaurie Guin : Au début, la pièce ne portait pas ce titre. Le titre est venu bien après…
Gauthier Hertzler : Au départ, ça s’appelait La cage aux heureux et je n’aimais pas (rires), je trouvais qu’esthétiquement à prononcer, il n’était pas très joli. (rires) mais ce n’était pas le point le plus important. C’était surtout qu’avec l’idée de cage dès le début, ça vendait trop vite la chose, dès le titre, même si avec la communication on en parle… Après on a fait un brainstorming pour savoir quelles étaient les idées qu’on voulait mettre dans le titre. C’est principalement Laurie qui s’en est occupée, moi je l’ai aidé mais je n’ai pas écrit le titre.
Laurie Guin : Pourquoi « ange » ? Déjà parce que j’ai toujours aimé ce mot (rires). Et « ange » parce que c’est un peu comme s’ils étaient tombés du ciel. Ce n’est pas dit comme ça dans la pièce, mais dans mon idée, ce sont des personnages qui sont tombés, qui ont atterri ici.
Et « 20 ans » car ce ne sont que des personnages qui ont la vingtaine et que je voulais parler de la jeunesse.

Avez-vous d’autres dates avec ce projet ou d’autres projets avec le Collectiflou, à part cette représentation à l’amphithéâtre culturel de Bron le mardi 26 janvier à 19h ?
Laurie Guin : On en avait parlé mais pour l’instant non. On ne sait pas encore ce qu’on va faire, notamment parce qu’il y a plusieurs comédiens qui vont sûrement bouger, changer de ville. Après, moi je compte beaucoup sur leur motivation ! Si après la représentation, je sens des retours sur le fait qu’ils ont envie de rejouer, on refera le projet, ça c’est sûr, on essaiera de le faire jouer ailleurs. Mais ça dépendra de leurs retours, car nous on a d’autres projets, moi je suis en train d’écrire quelque chose, Gauthier aussi. Et puis, le projet a un an et c’est dur de rester d’accord avec soi-même aussi longtemps, donc il y a plein de choses avec lesquelles je ne suis plus d’accord dans ce que j’ai écrit.
Gauthier Hertzler : Au bout d’un moment, je pense qu’il y a ce besoin de vouloir changer mais si les comédiens veulent continuer, on continuera bien sûr et on sera très content de poursuivre l’aventure.

Donc ces textes sur lesquels vous travaillez, envisagez-vous de les porter sur scène l’an prochain ?
Laurie Guin : Moi ce serait plutôt destiné à la publication et pas au théâtre.
Gauthier Hertzler : Moi, pourquoi pas, il faudra que je vois comment il évolue car je n’ai pas terminé. Pareil que pour Laurie, cette expérience m’a montré que la mise en scène tout seul, c’était aussi trop tôt, donc on verra si Laurie accepte de m’aider…
Laurie Guin : C’est en discussion… (rires)
Gauthier Hertzler : On ne dit pas non mais pour l’instant on ne sait pas encore.

Que diriez-vous en une phrase ou en un mot à nos lecteurs pour leur donner absolument envie de voir votre spectacle ?
Laurie Guin : Que ça bouge beaucoup et qu’on s’ennuie pas ! Que c’est très énergique !
Gauthier Hertzler : Qu’il y a une bonne scénographie !


Propos recueillis par Jérémy Engler

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