Astérix et la BD de César

Au mois d’octobre 2015, le 36ème tome des aventures du Gaulois le plus célèbre de la littérature est arrivé dans toutes les bonnes librairies et a tout de suite été un vrai succès d’édition. Retour sur une bande dessinée pas comme les autres au succès planétaire avec plus de 350 millions d’albums vendus et plusieurs adaptations au cinéma, aussi bien sous forme de film traditionnel que de film d’animations dont le dernier en date est Astérix et le Domaine des Dieux sorti en 2014.

Le retour d’une équipe gagnante

Astérix est né sous la plume de René Goscinny et sous le pinceau d’Albert Uderzo le 29 octobre 1959. La série a survécu à la mort de Goscinny en 1977 pour continuer avec Uderzo aussi bien au scénario qu’au dessin jusqu’a l’album 34 qui célébrait l’anniversaire du héros, paru en 2009. Depuis lors, le créateur original a passé la main à une nouvelle équipe. Ainsi on retrouve Jean-Yves Ferri au scénario. Cet auteur de bandes dessinées français est né la même année qu’Astérix en Algérie. Depuis 1993 il collabore avec le magazine Fluide Glacial pour lequel il crée le personnage d’Aimé Lacapelle dans les années 2000. En tant que scénariste de bandes dessinées, il signe notamment De Gaulle à la plage en 2007, sur la guerre d’Algérie. La suite, De Gaulle à Londres, est annoncée. Le 25 juillet 2011, il est nommé par les éditions Hachette comme scénariste pour le tome 35 de la série Astérix, intitulé Asterix chez les Pictes. Il est rejoint sur ce projet par le dessinateur Didier Conrad, né lui aussi la même année qu’Asterix à Marseille. Il commence sa carrière à 14 ans en envoyant des planches au journal Spirou. A partir de 1983 il dessine pour le journal Circus après avoir quitté Spirou. En 1996, Conrad part aux Etats Unis pour travailler avec les studios DreamWorks pour collaborer sur le film La Route de l’Eldorado. Conrad a également travaillé pour Fluide Glacial au début des années 2000. Il a été personnellement choisi par Uderzo pour le remplacer au dessin d’Asterix.

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Le 35ème tome des aventures du guerrier Gaulois, Asterix chez les Pictes a connu un grand succès auprès du public, aussi bien en France qu’a l’étranger. La réception de la critique a également été plutôt bonne même si elle fut parfois inégale. Ainsi, The Huffington Post, expliquait que « dans l’ensemble le pari d’Astérix chez les Pictes est réussi, bien supérieur aux derniers albums réalisés par Uderzo en solo. »

Un succès bédéiste basé sur un succès littéraire

Contrairement à l’album précédent, cette fois nos amis Gaulois ne voyagent pas dans un pays étranger. L’action de ce 36ème opus se déroule en Gaule. L’histoire commence à Rome dans le palais de Jules César alors que ce dernier s’apprête à faire publier le grand ouvrage de sa vie Commentaires sur la Guerre des Gaules qui est encore lu aujourd’hui et que les étudiants latinistes connaissent bien. Cependant son proche conseiller et éditeur Bonus Promoplus lui conseille de supprimer un chapitre qui traite des revers de César face aux irréductibles Gaulois afin de ne pas entacher sa postérité. Malheureusement le plan ne se déroule pas comme prévu et une copie de ce papyrus va trouver son chemin jusqu’à un petit village d’Armorique, ce qui va créer de nombreux rebondissements.

514UqW0QeWL._SX299_BO1,204,203,200_De nouveaux personnages apparaissent évidemment dans cet album dont un Romain fourbe, c’est un proche conseiller de César, Bonus Promoplus. Le dessinateur Didier Conrad s’est inspiré du publicitaire français Jacques Séguéla pour dessiner son personnage. Le « colporteur sans frontières » fait également son apparition, Doublepolémix, correspondant du Matin de Lutèce, inspiré de Julian Assange – pour ce personnage, les noms de Wikilix et papparazix ont un temps été envisagés – et un journaliste non nommé du Mundus, inspiré de Frantz-Olivier Giesbert.
Comme toujours, on retrouve donc les caractéristiques qui font le succès intemporel de cette saga et surtout son humour si reconnaissable. Il inclut des personnalités caricaturées, des jeux de mots notamment sur les noms des personnages comme le consul de Lyon Encoreutilfalluquejelesus qui se moque de l’imparfait du subjonctif ou le comique de répétition avec des gags qui se répètent plusieurs fois dans un album, mais aussi d’un album à l’autre. Enfin le trait d’humour probablement le plus efficace est l’application de l’esprit moderne à l’Antiquité qui crée une forme d’anachronisme toujours sympathique.

Un joli cadeau de Noël pour tous les mordus de BD ou ceux qui voudraient le devenir.

Jeremy Young

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