Baroque, décalé et éblouissant: Rodelinda d’Haendel

Applaudissements et acclamations ont fusé tout au long du voyage éblouissant que proposait  Rodelinda d’Haendel mise en scène par Claus Guth, programmée jusqu’au 1 janvier 2019 à l’Opéra de Lyon.

Innocence brisée

Le roi de Lombardie, Bertarido, est porté pour mort, assassiné de la main de Grimoire qui lui usurpe son trône et tentera de séduire sa femme, Rodelinda. Claus à choisi de placer Flavio, le jeune prince au cœur de l’intrigue. La projection de ses dessins et les personnages masqués nous transportent donc dans la tête d’un petit garçon terrorisé, seul et abandonné. Ce choix étonnant de mettre au centre un personnage muet, sûrement oublié des plus fervents admirateurs de Rodelinda est remarquable. Toute la mise en scène reflète l’innocence : une maison tournante d’un blanc pur, des dessins d’enfants projetés, un décor simple… Mais cette innocence est mise à mal par la disparition de son père et par le désespoir de sa mère. Une mère que le malheur rendra infidèle ?

©Javier del Real

Entre hésitation et force de caractère.

Les 8 solos et le duo ont été époustouflants. Les comédiens avec leur voix nous ont transporté dans leurs émotions : nous valsons donc dans cet opéra baroque plein de rebondissements entre amour passionnel, deuil impossible, espoir et haine.

Sabina Puértolas joue à merveille Rodelinda une femme non seulement innocente et fidèle mais aussi une mère au courage inébranlable. Le chant incarné et vibrant de Sabina Puértolas nous révèle une reine qui maîtrise son destin et domine les autres protagonistes. Certes Rodelinda a été en proie à un chagrin immense la laissant vulnérable aux menaces de Grimoadlo mais elle finit par renverser la situation en affirmant sa résolution.

Cependant, Flavio sent sa mère l’abandonner, cela se manifeste par des personnages masqués venant le tourmenter, celui d’un père mort, puis celui d’une mère malheureuse et finalement tout son entourage se transforme en monstres. Car tout ses proches seront amenés à changer de point de vue, sauf peut être le fidèle serviteur de ..  et le traître conseiller du roi; Eduige la sœur de Bertarido sera tiraillée entre son désir de pouvoir et l’amour qu’elle porte à son frère. Grimoaldo sera lui aussi tiraillé entre pouvoir et justice, et Bertario entre le désir de protéger sa famille et celui de les retrouver.

Clauss Guth a su apporter sa touche personnelle à l’œuvre Haendel sans dénaturer celle-ci !

Léonie Schroeder

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