Beethoven ce manouche : une revisite drôle et intelligente des stéréotypes musicaux !

Dans le cadre du Festival Off d’Avignon 2009, le public découvrait une toute nouvelle création nommée Beethoven ce manouche. C’est donc pour cette nouvelle édition du festival Off d’Avignon 2019 que la compagnie des Swing’Hommes nous permet de redécouvrir cette petite pépite au Théâtre du Rouge Gorge jusqu’au 28 juillet (relâches les 7, 9, 11, 14, 16, 18, 21, 23 et 25)

Trois personnalités fortes et brillamment interprétées !

Lorsque le spectateur est assis dans la salle, il se trouve face à une scène avec un décor extrêmement sobre, puis trois personnages entrent en scène. Tout d’abord l’ange Oliver, puis, Ludwig Van Beethoven, l’un des plus grands compositeurs de Musique Savante et enfin Django Reinhardt, musicien monstrueux mais surtout créateur du Jazz Manouche.

© Compagnie Swing'hommes
© Compagnie Swing’hommes

Il est assez intéressant de voir que les caractères de ces trois personnages sont certes exagérés mais pas si éloignés de la vérité. C’est ce qui donne le coffre de cette pièce ; les discordes de ce trio. Car en effet Beethoven et Django Reinhardt n’arrêtent pas de disputer, chacun dénigrant la musique de l’autre. Le personnage de l’ange Oliver est original car il permet certes de tempérer les disputes mais également de donner du rythme à la pièce. C’est d’ailleurs le seul personnage à s’entretenir directement avec Dieu ce qui le rapproche du public.
Les trois comédiens sont surprenants et ils nous font oublier leur réelle identité avec une facilité déconcertante. Par ailleurs, musicalement parlant, c’est un trio remarquable qui a su faire des arrangements brillants ! Jérémy Bourges, incarnant Ludwig Van Beethoven, alterne avec brio entre le sérieux du compositeur et l’humour des anecdotes. Django Reinhardt, interprété par Pierre Bernon, est très proche de l’image que l’on se fait du guitariste et renforce le caractère populaire et comique de la pièce. Enfin Benoît Marot, qui joue le personnage d’Oliver, est un contrebassiste de talent qui sait à la fois certes s’effacer pour laisser place aux deux compositeurs mais aussi se mettre en lumière pour le bon déroulement de l’histoire.

Une Histoire pédagogiquement amusante !

Un des atouts de la pièce est la maîtrise des longueurs. En effet, il y a beaucoup de passages instrumentaux qui sont coupés par les dialogues qui sont très souvent très drôles ! À travers les dialogues, on découvre l’histoire de la pièce. Celle-ci se déroule au Paradis et quelques jours avant l’anniversaire de Saint-Pierre. Pour cette occasion Dieu demande à l’ange Oliver de réunir Beethoven et Django Reinhardt pour un concert mêlant leurs deux cultures. Mais il se trouve que ces deux compositeurs se détestent. C’est donc dans cette atmosphère que le spectateur découvre une nouvelle version des grands morceaux de Beethoven, remis à jour par Django Reinhardt, transformant la musique classique en une musique… classico-manouche. Ces arrangements ne touchent pas seulement les œuvres de ce charmant Ludwig, mais aussi des morceaux traditionnels comme Les Yeux Noirs, ou encore de la pop américaine avec Michael Jackson et son célèbre Billie Jean. On assiste donc à certaines anecdotes sur les vies des musiciens comme par exemple celle sur La Lettre à Élise qui aurait dû s’appeler Lettre à… Thérèse. C’est donc avec humour et pédagogie que cette pièce alterne, les querelles nous permettant de mieux retenir les anecdotes.

© Compagnie Swing'hommes
© Compagnie Swing’hommes

Comme nous le disions donc, cette alternance entre dialogues et musique fait que le spectateur ne peut pas définir cette pièce comme un concert mais vraiment comme une pièce de théâtre à part entière avec une réelle intrigue, des péripéties (comme le probable remplacement de Beethoven par Mozart) et une fin heureuse permettant une dernière musique entraînante.
C’est donc un excellent moment de rires et de musiques que la compagnie des Swing’Hommes vous propose de partager au Théâtre Rouge Gorge pour cette édition 2019 du Festival Off d’Avignon.

Camille Pialoux

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