Beethoven, symphonie n°5, et œuvres diverses

L’Orchestre national de Lyon (ONL) jouait hier, jeudi 6 octobre, à l’Auditorium de Lyon, deux thèmes parmi les plus connus de l’histoire de la musique : le concerto n°1 pour Piano de Tchaïkovski et la symphonie n°5 de Beethoven. Œuvres majeures, elles étaient dirigées par le violoniste et chef d’orchestre Gàbor Takàcs-Nagy et étaient complétées au programme par deux compositions de Johann Sebastian Bach.

Des pièces contrastées

beethoven-deckblattOn a rarement l’occasion d’entendre deux œuvres aussi intenses et dramatiques jouées lors d’un même concert. Défi réussi, avec une tension maintenue tout au long de la soirée avec un programme qui dose intelligemment les contrastes, où les deux pièces de Bach, plus légères et limpides, introduisaient les deux autres. Le concert s’ouvrait sur le dix-neuvième « contrapunctus » de L’Art de la fugue de Bach, une pièce originale et complexe, écrite entre 1740 et 1750. Composée de trois sujets, cette dernière s’arrête brusquement, comme si le compositeur s’était arrêté en plein milieu de son travail d’écriture. Son fils Carl indiquera plus tard qu’il est mort en la composant, mais rien ne permet de le confirmer… Cette pièce a été orchestrée par Luciano Berio en 2001 pour vingt-trois musiciens. Elle laisse ensuite la place au concerto pour piano et orchestre n°1 de Piotr Ilytch Tchaïkovski. Pour les non-initiés, Tchaïkovski est compositeur russe du XIXè siècle, à qui on doit notamment les airs incontournables du Lac des cygnes ou de Casse-noisette. C’est aussi un compositeur qui a la particularité d’avoir pratiqué tous les genres musicaux existants, de la symphonie à la musique de chambre. Le concerto n°1 pour piano est également une de ses œuvres les plus connues et les plus intenses. Composé de trois mouvements, le thème principal s’inspire d’un chant populaire ukrainien. Le thème du premier mouvement joué par le piano est certainement la partie la plus célèbre du concerto, instaurant d’emblée une teneur dramatique à la pièce. Cela ne l’empêchera pas de lentement monter en intensité, pour finir dans une mémorable apothéose. Le pianiste invité est ici Behzod Abduraimov, originaire d’Ouzbékistan et qui se produit avec les meilleurs orchestres du monde.

Une œuvre qui a fait le tour de l’univers

La deuxième partie du concert s’ouvre avec une autre pièce de Bach, L’Offrande musicale, composée en 1747 à Leipzig. Celle-ci est issue d’un thème donné par le roi de Prusse Frédéric II, par ailleurs musicien, lors d’une soirée dans son château de Sans-Souci. Comme la pièce précédente, celle-ci se situe dans l’art du contrepoint, une discipline d’écriture qui superpose plusieurs mélodies distinctes. L’orchestration d’Anton Webern, datant de 1935, a la particularité de faire glisser le thème d’un instrument à l’autre. Enfin, après son interprétation, quelques minutes de silence. Le reste des musiciens arrive sur la scène, l’orchestre symphonique est au complet. Les musiciens font le la, d’abord les instruments à vent, ensuite à cordes. On retient son souffle. Et tel « le Destin qui frappe à notre porte », les quatre notes sortent de cet ensemble. Quand on écoute la Cinquième Symphonie de Beethoven, « on ne sait trop parfois si on entend l’œuvre elle-même ou sa réputation » écrivait le musicologue américain Charles Rosen. Cet air illustre a fait le tour du monde plusieurs fois, utilisé à la BBC pendant la Seconde Guerre mondiale pour symboliser la victoire, ainsi que de l’univers, puisque les vaisseaux Voyager 1 et 2 l’emportèrent avec eux. D’une durée de 35 minutes environ et divisée en quatre mouvements, elle a été composée dans les toutes premières années du XIXème siècle. Au contraire d’autres compositeurs, Beethoven a choisi un matériau de base très laconique, mais riche de promesse. Ce dernier, témoin d’une époque tumultueuse où l’Autriche a été plusieurs fois envahie par la France, introduit avec cette symphonie la notion de drame dans ce genre. Caractérisée également par une lente progression, elle s’achève dans une résolution finale où réapparaissent en triomphe les quatre notes du thème initial.

© Christian Fatu
© Christian Fatu

La Cinquième Symphonie, si elle a été maintes et maintes fois entendue, a toujours de quoi secouer les cœurs. Ce concert, brillamment interprété par l’ONL et dirigé par Gàbor Takàcs-Nagy, a su rassembler des œuvres diverses dans une représentation grandiose. Il sera rejoué à l’identique samedi 8 octobre à l’Auditorium de Lyon.

 

Guillaume Sergent

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