Belz un écrin de beauté au milieu de l’atlantique où le Bien et le Mal se livrent une lutte sans merci

En lice pour recevoir le prix SNCF du polar du roman 2016, Emmanuel Grand a passé son enfance en Vendée à vingt kilomètres de la côte atlantique et vit aujourd’hui en région parisienne à Colombes. Terminus Belz est son premier roman et il sera présent au Festival des Quais du Polar de Lyon du 1er au 3 avril 2016 pour nous le présenter. Vous aurez l’occasion de l’entendre parler de son livre au sujet du « polar qui prend de l’avance dans le bilan du quinquennat » au Grand Salon de l’Hôtel de Ville, le dimanche 3 avril à 11h30 en compagnie de Pascal Dessaint, Laurent Binet, Jérôme Leroy et Rachid Santaki.

Le drame des migrants comme point de départ de ce polar

Dès les premières pages, on découvre le personnage principal Marko Voronine, Ukrainien. Ce dernier accompagné de trois amis : Vassili, Anatoli et Iryna, fuit vers la France dans la remorque d’un camion conduit par un équipage roumain. Soudain, sur une aire de repos déserte, le camion stoppe. La remorque s’ouvre, ils sortent pour prendre l’air semble t-il et aller aux toilettes. Mais là c’est le drame, les roumains veulent abuser de la jeune fille. Il faut la sauver. Ils iront jusqu’au crime pour cela.

Entrée en scène de la mafia roumaine

IMAGE TERMINUS BELZLes quatre clandestins contraints de tuer un homme pour sauver Iryna abandonnent un cadavre et un homme de main blessé sur l’aire d’autoroute. La fuite continue à bord du camion qu’ils vont finir par brûler pour brouiller les pistes. Ils décident de se séparer, Marko part seul ainsi qu’Anatoli, Iryna et Vassili restent ensemble. Avant de se quitter, ils s’aperçoivent que les malfrats n’ont pas encore touché à l’argent versé pour financer leur passage. Ils vont se partager la somme. Ils pourront voir venir pendant quelques jours pensent-ils. Mais en Roumanie, l’homme qui est à la tête de ce réseau de passeurs n’est pas rentré dans ses frais, il charge son fidèle lieutenant Dragos de retrouver ces quatre Ukrainiens les tuer et rapporter l’argent. S’il ne réussit pas sa mission, il mourra. La mafia roumaine à leurs trousses, les quatre clandestins se quittent et prennent des routes très différentes, ils se sont fixés une règle surtout ne pas communiquer entre eux, ne pas se donner de nouvelles, il faut se faire oublier, se fondre dans la masse. À partir de là on suivra plus particulièrement le parcours de Marko.

Belz – Enez Ar Droc’h – l’ile des fous

Après plusieurs jours d’errance, Marko échoue à Lorient. Il est assis dans un bar, il consulte les petites annonces du journal, il faut absolument qu’il trouve un travail. Une chance, un patron pêcheur de l’ile de Belz recherche un marin. Quelques fois le hasard fait bien les choses, Marko est engagé sur un simple coup de fil. Il embarque pour Belz le jour même. Un nouveau départ vers l’inconnu. Marko pense que sur cette petite île, il sera à l’abri, qu’il va pourvoir se poser enfin… Mais ce serait sans compter avec les vieilles légendes bretonnes, qui ont la vie dure, l’hostilité des iliens, et la mafia roumaine qui ne lâche pas facilement sa proie. À Belz, Marko va connaître l’enfer…

La peur de l’étranger

terminus-belzLorsque Marko met le pied sur Belz à la descente du bateau, il se rend compte tout de suite qu’il n’est pas le bienvenu. Il pénètre en milieu hostile. Les autres marins ne comprennent pas que leur collègue Caradec ait embauché un étranger pour lui venir en aide alors que des gars du coin n’ont pas de travail. Certains ayant comme on dit « une grande gueule » insinuent qu’il n’a pas de papiers, qu’il s’agit d’un clandestin et qu’ils ne vont pas se gêner pour le dénoncer à la capitainerie… Que la police n’aura plus qu’à venir le récupérer et le renvoyer d’où il vient. Petit à petit le piège se referme sur Marko. Il voulait se faire oublier, il se dit alors qu’il aurait mieux fait de rester dans une grande ville, plus anonyme. A Belz tout le monde se connaît, difficile de passer inaperçu. Surtout que les événements se précipitent. Le patron pêcheur dénommé Jugand est retrouvé assassiné sur la plage des Vieilles. Son cadavre a été laissé dans une posture bien particulière. Il faut faire croire au retour de l’Ankou (le diable, le démon). Les légendes bretonnes ont encore la vie dure. On pénètre dans une nouvelle atmosphère où la sorcellerie se mêle à la réalité des faits,

Marko, le coupable idéal

 L’étau se resserre, Marko fait un coupable idéal, les iliens sont convaincus que c’est lui qui a commis le meurtre. La mafia roumaine a également retrouvé sa trace, et pour couronner le tout, le diable veut lui prendre sa vie pour que l’âme d’un marin noyé en mer puisse trouver la paix !!!
Il doit se cacher, mais où ? Il n’y a aucune issue possible sur cette île. Ses seuls moments de répit, il les vit avec Marianne. Une femme qui a perdu en mer l’homme qu’elle aimait et qui retrouve en lui les traits de son amour disparu.
Dans ce roman, Emmanuel Grand réussit un véritable mélange des genres. On est tout d’abord au cœur du drame des migrants, s’y ajoute la traque menée par une mafia roumaine impitoyable et pour qui supprimer la vie d’un homme n’est qu’un simple détail. On pénètre enfin dans le monde des légendes bretonnes. À ce moment là, l’auteur entraîne le lecteur dans le domaine du surnaturel, du fantastique. Sur Belz, on croise le démon, il est de retour pour prendre des vies, il en a besoin… Bien que fantastique, la dimension sociale du roman ne doit pas être oubliée, on y rencontre ces marins pêcheurs qui galèrent pour gagner leur vie, qui boivent parfois plus que de raison pour oublier leurs malheurs, et qui en arrivent à détruire leur couple. Toutefois, le roman se termine sur une note d’optimisme. Après une lutte acharnée, c’est le Bien qui sortira vainqueur sur Belz, mais pour cela, il faudra payer le prix fort !

Terminus Belz, est un polar original. Le mélange breton, ukrainien, roumain, mafieux et fantastique fonctionne à merveille. On ne connaît aucun temps mort de la première à la dernière page. À lire sans modération !

Marie de Kako

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