Benoît Abtey et Pierre Deschodt unis pour une aventure époustouflante  d’Arsène Lupin !

Benoît Abtey, ancien élève de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, est illustrateur. Il publie également plusieurs romans comme Les secrets de d’Artagnan, Don Juan de Tolède ou Mousquetaire du roi. Il s’associe à Jean Baptiste Dusséaux pour écrire la série Kamarades en bandes dessinées.

Pierre Deschodt est journaliste à Atmosphères et Figaro Magazine mais également écrivain.

Les deux auteurs réunissent leurs forces pour créer ensemble Les nouvelles aventures d’Arsène Lupin,  Les héritiers dont le troisième volume est sorti en ce début d’année 2016.

La croisée des chemins

9782845636576Les auteurs nous emmènent à travers leur livre sur les traces d’Arsène Lupin. Eh, oui ! Le voici de retour pour une nouvelle aventure qui ne sera pas de tout repos. Quelques années auparavant le comte Perceval de la Marche adopte Arsène Lupin et ils partent vivre au château de Lillebonne. Le comte transmet à Arsène un curieux livre en lui précisant l’immense destin, son destin, que renferme ce livre. Les auteurs nous propulsent dans le temps et nous nous retrouvons en 1897 avec notre personnage principal alors âgé d’un peu plus de vingt ans. Arsène Lupin est devenue le Baron Lapérière et il est éperdument amoureux d’Athéna Del Sarto mais ne peut pas lui déclarer sa flamme ayant été obligé d’endosser cette nouvelle identité. Quelques années avant, son protecteur est assassiné et il est mis en cause ; il devient son assassin aux yeux de tous sauf d’Athéna et d’Archambault, son fidèle ami. Béranger de la Motte, tout jeune député, se trouve sous les feux de la rampe suite à un accident survenu à l’usine Martin Laroche, avec lequel il est ami politiquement, faisant de nombreux morts et blessés. Béranger de la Motte convoite aussi Athéna Del Sarto. Ce dernier essuyant un ultime refus de sa belle, le vit plutôt mal et son égo en prend un sérieux coup. Suite à la trahison de la meilleure amie de la tant convoitée Athéna, Bérenger de la Motte décide de passer à l’action. Une pirouette des auteurs et un incendie éclate au Bazar de la Charité, haut lieu de la bonne société et de l’aristocratie, où un drame va annoncer la disparition, dans tous les sens du terme, d’Arsène Lupin. Que s’est-il passé ? A vous cher lecteur, de le découvrir !

Les auteurs dans cette première partie jouent avec l’univers de notre célèbre « Gentleman-cambrioleur » avec brio. La trame de l’histoire se pose avec les prémices, installées subtilement, d’une intrigue qui nous emporte dans son sillage. On croise la route de personnages paraissant anodins mais on sent déjà l’importance de leurs jeux dans la distribution des rôles par les auteurs.

La révélation des destins

Les auteurs nous téléportent une fois de plus et nous voici en 1907 dans une France empêtré dans une crise coloniale du Maroc contre l’Allemagne. Dix ans plus tard notre Arsène Lupin est toujours là, sous d’autres traits, épousant une autre identité. Il promène toujours cette même intelligence, cette même élégance mais dans un autre pays. En France, les autres personnages comme Clémenceau, le Général Lyautey, et d’autres, sont plus vrais que nature et au Maroc les personnages sont hauts en couleurs. Les auteurs nous retranscrivent admirablement bien l’atmosphère orientale chaleureuse défendant son territoire et l’ambiance occidentale empreinte de manigance digne de l’univers du roman Da Vinci Code de Dan Brown avec ses complots secrets. Arsène Lupin, devenu adulte, est un véritable expert dans l’art de se fondre dans le décor et se dissimuler sous différentes personnalités et différents attributs ; mais il ne peut pas se résoudre à oublier totalement son passé. Au beau milieu de cette période de la « Belle époque », très agitée un nouvel évènement, va faire de lui pour la seconde fois un odieux personnage dans les médias. On ne s’attaque pas aux puissants sans en subir leur colère ! Un scandale éclate et son nom est sali, traîné dans la boue mais cette fois-ci il décide de sortir de l’ombre et revient sur le devant de la scène avec panache ! Est-il un vulgaire meurtrier ? Est-il un traitre à son pays, un nouveau Dreyfus ? Notre « Gentleman cambrioleur » semble être devenu un vengeur noir. Une chose est sure, l’organisation des  « héritiers de la confrérie de l’araignée » sera soumise à rude épreuve !

Les auteurs nous ballade pendant tout le long de leur récit dans une histoire palpitante agrémenté de moult rebondissements où le héros est tel un félin, comme dans Les félins de René Clément, et se glisse sans bruit dans les entrailles des complots de ses ennemis. L’époque relatée est particulièrement riche en faits historiques que le lecteur aura plaisir à découvrir ou redécouvrir. Arsène Lupin nous apparaît comme une sorte de chevalier Bayard des temps modernes – Pierre Terrail de Bayard, de son vrai nom – sans peur mais avec quand même quelques reproches. Il distribue toujours sa fortune au plus démunis et défend toujours la veuve et l’orphelin au prix de bien des sacrifices. Cela nous rappelle « le bon, la brute et le truand »  de Sergio Leone dans le personnage du « bon » plein de malice et tenu par Clint Eastwood.

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Un souvenir d’enfance

Les auteurs font revivre pour notre plus grand plaisir un Arsène Lupin, au travers de leur livre, fidèle au personnage de notre enfance. On a l’impression que Georges Descrières – Arsène Lupin pour la télévision – va sortir de ses pages et nous envelopper de son inégalable charme ; puis partir sur la pointe des pieds en nous laissant sa carte de visite dans le vestibule. La voix de Jacques Dutronc résonne dans notre tête lorsque Lupin disparaît. Notre enfance vient de ressurgir de notre passé… Les auteurs respectent à merveille l’univers de la fiction du héros de Maurice Leblanc et la modernise par leurs dialogues. Ils réussissent ce pari fou de nous embarquer à bord de leur douce folie avec cette nouvelle aventure faite de conflits média-politiques et de ses intrigues amoureuses. Un suspens bien ficelé, époustouflant jusqu’à la fin du récit, et qui tient le lecteur en haleine sans aucun temps mort. Le livre se lit d’une seule traite car les péripéties rocambolesques, un rien périlleuses, attachent le lecteur à chaque page qu’il tourne avec avidité. On succombe, frémit pour ce héros magique qui reste à jamais un très beau souvenir d’enfance… On espère que nos deux comparses écriront de nouvelles aventures pour nous replonger avec délice dans les eaux de notre enfance.

Françoise Engler

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