Bienvenue à l’Optic Squad

Stéphane Bervas et Sylvain Runberg collaborent pour la première fois aux Éditions Rue de Sèvres pour nous offrir le premier tome d’Optic Squad, mission Seattle. Les deux artistes n’en sont pas à leur coup d’essai dans la BD d’anticipation. Stéphane Bervas a déjà dessiné 2021 tandis que Sylvain Runberg a lui scénarisé plusieurs ouvrages sur le sujet tels que Orbital, Warship Jolly Roger ou encore On Mars. En grands connaisseurs du genre, ils initient une série très prometteuse…(Image mise en avant : Optic squad © Bervas/Runberg)

optic squad planche
Optic squad © Bervas/Runberg

 

L’art de l’infiltration

Dans un dessin très réaliste avec un souci de l’arrière-plan admirable, Stéphane Bervas nous plonge dans une Amérique futuriste de la fin du XXIème siècle qui ne semble pas si différente de celle que nous connaissons actuellement. La différence majeure réside dans le découpage des états en trois parties la Western States, la Saint Union et l’Eastern Democracy mais aussi dans la délocalisation du siège de l’ONU à Bombay, sans oublier la brigade de l’Optic Sqaud… Cette unité, sous l’autorité de l’Organisation des Nations Unies, a pour mission de lutter contre le terrorisme et le crime organisé à une échelle internationale en utilisant des technologies scientifiques avancées et des experts en informatique. La brigade envoie des agents de terrain équipés de nano-caméra intégrés dans les pupilles qui permettent à toute une équipe de support logistique et informatique de voir et entendre ce que les agents vivent et même de les stimuler en situation de combat ou de leur envoyer des pulsations pour les calmer. Grâce à ces caméras, l’infiltration est discrète et efficace et les infiltrés peuvent à tout moment recevoir de l’aide sans forcément griller leur couverture. On suit donc l’arrivée de Katryn Horst dans cette équipe et sa première mission avec l’expérimenté Valdo Reyes. L’intégration de la nouvelle recrue est un ressort dramatique efficace pour nous présenter les enjeux de cette organisation et son fonctionnement. Tous deux infiltrent donc une organisation de trafic d’êtres humains dans le but de d’identifier le patron de ce gang et de le démanteler. Le dessinateur réussit parfaitement à retransmettre la tension inhérente à ce type de mission par des dessins très expressifs tandis que le scénario s’attardent beaucoup sur les agents de soutien qui analysent la situation de l’extérieur les rendant évidemment nerveux puisqu’ils doivent anticiper le pire… En déplaçant le point de vue de la mission, on ressent bien les risques et la pression liés à ce type d’opération. Mais peut-être l’Optic Squad souffre-t-elle aussi d’infiltration dans ses rangs ? 

optic_squad_1Optic squad © Bervas/Runberg

 

L’histoire dans la dystopie

L’univers dystopique est surtout laissé aux dessins de Stéphane Bervas qui met en scène des quartiers paupérisés ou à l’inverse ultramodernes, mais l’auteur raconte des histoires sordides qui peuvent plus facilement s’installer dans un milieu désorganisé ou l’argent et la violence ont définitivement pris le pouvoir. 

Le talent de Sylvain Runberg s’exprime véritablement dans sa capacité à raconter une histoire tout en plaçant les jalons de la suivante mais surtout d’une série qui s’annonce bien plus complexe qu’il n’y paraît. Tout en suivant la mission de Katryn, on en apprend plus sur ses origines et on pense comprendre ce qui l’a poussé à rejoindre l’Optic Squad. Tout en suivant le déroulement de la mission à Seattle, on se rend compte qu’un complot bien plus vaste se trame au-dessus de l’Optic Squad sans que ces derniers ne s’en aperçoivent… La force de cette BD est qu’elle a une fin et une ouverture vers une suite. Si dès le départ, on sait qu’il s’agit d’une série en plusieurs tomes, l’auteur nous offre une véritable fin à la mission. Si le cliffhanger final a de quoi nous surprendre, notamment pas sa mise en scène visuelle et textuelle, il prépare la suite de la série mais une fois avoir conclu cette affaire de trafic d’êtres humains et on leur en est gré. Cette « grande histoire » annonce un grand bouleversement et un chaos qui risque d’ébranler un peu plus l’ordre mondial fragile de cette dystopie dont on sait peu de choses au final, mais suffisamment pour comprendre que quelque chose a mal fonctionné et que l’équilibre est précaire…

Ce premier tome est particulièrement complet. Les bédéistes réussissent à nous plonger dans un univers familier mais futuriste, dans une dystopie mais avec les codes de l’espionnage actuel, dans une histoire d’ampleur qui aura besoin de plusieurs tomes pour atteindre sa résolution tout en nous livrant une origin story et une mission d’infiltration digne de ce nom !

 

Article rédigé par

JérémyJérémy Engler

 

 

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