Buffalo Runner, le Soldier de la vie !

Tiburce Oger est scénariste et dessinateur français, auteur de nombreuses bandes dessinées, il a également participé aux dessins animés Les Tortues Ninjas, Lucky Luke et Denver, le dernier dinosaure. Le personnage de Gorn qu’il crée en 1992, lui ouvre les portes de la reconnaissance, en témoigne son travail avec Vincent Pérez sur la série La Forêt, mais c’est l’adaptation en BD des romans d’Anne Robillard, Les Chevaliers d’Emeraude qui sera son plus grand succès. Après avoir laissé de côté pendant plus de dix ans la réalisation du dessin et du scénario du même titre, il revient à un travail complet avec Buffalo Runner, marquant ainsi son retour au far-west après la série La piste des ombres.

Du déjà vu !

©Tiburce OgerComme nous le disions, Tiburce Oger revient à l’univers du far-west avec ce nouvel opus qui n’est pas une suite de La piste des ombres mais un prolongement. En effet, le dernier tome de La piste des ombres faisait du personnage principal un chasseur de bison, tout comme le protagoniste de Buffalo Runner.
Ce retour au western est à la fois plaisant et décevant. Plaisant, car il permet de replonger dans un univers qu’on a pu apprécier auparavant. Mais décevant, car rien n’a changé. On retrouve toujours les mêmes thématiques et le même style de dessin. Le personnage d’Ed Fisher ressemble grandement à Zachary Cloverfield du premier tome de sa série précédente. Les moustaches, la façon d’agir, tout rappelle ce personnage. Si on peut regretter ce manque d’évolution dans le dessin, il faut tout de même reconnaître que son talent ne vieillit pas.

Un dessin fait de panache

©Tiburce OgerSi on peut reprocher à l’auteur de se complaire dans un style qu’il a déjà arboré, force est de constater qu’une fois encore, il est efficace. Certains dessins sans couleur ressemblent à de vrais arrêts sur image et on ressent bien toute la force du moment mis en valeur. Les dessins très appliqués et les représentations magistrales en pleine page font de cet ouvrage un véritable objet d’art. Certaines vignettes sont d’ailleurs placées à l’envers, proposant une nouvelle perspective particulièrement intéressante, et favorisent le dynamisme proposant très régulièrement des changements de taille. Le jeu sur les tons est aussi très représentatif du style de Tiburce Oger qui grâce à toute une palette de tons autour d’une couleur parvient à nous faire ressentir les conditions des personnages.

« Buffalo runner » ou« Buffalo Soldier » !

©Tiburce OgerTout commence lorsqu’Ed Fisher, le « buffalo runner » sauve une famille de brigands. Malheureusement, seule la jeune fille en réchappe et il décide de la protéger jusqu’au lendemain et l’attaque probable des complices des détrousseurs tout juste abattus. Il passe la nuit à fabriquer des munitions pour ses armes et décide d’expliquer à la jeune Mary comment il fait afin de lui apprendre à survivre. Tout en expliquant sa technique, il raconte son histoire et on découvre un homme meurtri par la vie qui, par deux fois, a perdu celle qu’il aimait, est passée de la vie de château, à la vie de paria, d’éleveur de bétail à tueur de bison, de père de famille à loup solitaire vengeur. À travers l’histoire terrible de ce « buffalo runner », c’est toute l’Amérique qui nous est racontée, notamment l’invasion de la côte ouest par les orientaux. Cet homme a réussi à s’adapter à toute circonstance, à toute évolution, il a toujours senti le vent tourné et a su chevaucher à ses côtés. C’est ce qui en fait un héros aux yeux du photographe qui a eu la chance de capturer l’essence de ce personnage en un cliché qu’il ne vendrait pour rien au monde tant il est chargé d’émotions.

Le photographe qui ouvre la bande dessinée rend hommage à ce « buffalo runner » tout comme Tiburce Oger rend hommage à cette époque qu’il affectionne particulièrement, même si on peut parfois lui reprocher de tomber dans une certaine facilité. Justement, sa présence au Festival International de la BD d’Angoulême du 28 au 31 janvier 2016 sera l’occasion pour nous de discuter de cela. Promis, vous n’ignorerez rien de ce que nous aurons appris.

Jérémy Engler

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