Ça marchera jamais

Ca marchera jamais, pièce de théâtre de Nicolas Ramond, sera présentée au théâtre de l’Elysée du 27 au 29 novembre. Ce spectacle raconte l’échec sous ses multiples formes. L’Envolée Culturelle était dans le public et a pu rencontrer le metteur en scène. (Image mise en avant :   ©  Yoann Tivoli)

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  ©  Julie Marshall

Ça marchera jamais offre une vision plurielle de l’échec

Le public commence à rire. Anne de Boissy et Jean-Philippe Salério, le duo d’acteurs, font alors disparaître leurs mimiques pour jouer avec les émotions liées à l’échec. L’envie de réussir surgit puis s’écroule, pour mieux réapparaître par la suite. La douloureuse expérience de l’échec se traduit par de la colère qui succède à la peur et à la frustration… Puis le rire domine à nouveau dans la scène suivante. Le spectacle présente une série de mise en échecs. Car pour Nicolas Ramond, metteur en scène, « il y a plein de manières de l’aborder ». 

Pour raconter l’échec en général, Ça marchera jamais s’appuie sur une période d’échec en particulier. Celle du metteur en scène, il y a de ça quelques années. Vivant dans un appartement aux murs nus, il cherchait à monter un projet qui n’a pas été accepté. Il raconte cette situation en utilisant de petites vidéos de cette période troublée. « Je ne pensais pas les utiliser pour ce spectacle à l’époque », reconnaît-il. La mise en scène correspond à des allers-retours constant entre les séquences vidéos et les jeux des comédiens. D’ailleurs, il est difficile de comprendre qui ils incarnent. Anne de Boissy et Jean-Philippe Salério pourraient représenter l’inconscient du metteur en scène, ses souvenirs, ses émotions, ou tout simplement lui-même en chair et en os puisqu’au début du spectacle ils jouent les ventriloques en parlant à sa place.
Aucune situation ne dure, chaque scène est unique, toutefois certains passages reviennent, mais sont exploités différemment. Vers le milieu de la pièce, le comédien, dans un contexte mystérieux, presque inquiétant,  va adopter le rôle du sermonneur. Puis, plus loin au cours du spectacle, c’est un retour vers cette même scène, mais la situation est alors inversée. Jean-Philippe Salério est devenu le sermonné, aux mimiques touchantes. 

Fondateur et directeur artistique de la compagnie Les Transformateurs en 1992, Nicolas Ramond n’aime pas les pièces préfabriquées et préfère raconter les histoires à sa façon. Ses pièces qui abordent les problèmes sociétaux actuels sur un ton décalé, associent divers arts scéniques. Ainsi, en allant voir la pièce Ça marchera jamais, le spectateur assiste à une représentation à la fois théâtrale, musicale et dansée. 

 

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  ©  Julie Marshall

Pour réussir, il faut oser l’échec

« Dans le domaine de l’échec, j’ai de la réussite » , déclare Nicolas Ramond au début de son spectacle. Cette phrase mêle deux notions opposées qui sont pourtant liées. Pour le metteur en scène, l’échec est dévalorisé en France alors qu’il s’agit aussi d’une technique d’apprentissage, qui peut mener à la réussite. « Échouer, c’est avoir l’opportunité de renoncer de manière plus intéressante » déclare la comédienne Anne de Boissy lors de la représentation. Pour réaliser ses objectifs, il faut oser et arrêter de fuir.
Certains passages de la pièce le montrent clairement. La peur d’échouer est la première entrave vers le chemin de la réussite. À travers son choix de mise en scène, le fondateur de la compagnie Les Transformeurs dévoile une évidence. Tout le monde a vécu cette expérience amère. « Cela montre qu’il n’y a pas que toi dans cette situation », confie-t-il. Les comédiens adoptent des réactions que nous savons similaires aux nôtres. En nous présentant les comportements qui sont adoptés en cas d’échec le metteur en scène nous permet de prendre du recul sur nos propres agissements. « C’est un spectacle qui fait du bien là où ca fait mal » conclue Nicolas Ramond. 

Ça marchera jamais, création collective mise en scène par Nicolas Ramond. À voir du 27 au 29 novembre 2019 à 19h30 au Théâtre de l’Élysée.

Retrouvez la programmation du Théâtre de l’Élysée ici.

Article rédigé par Julie Marshall.

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