Carnet de voyage sur Nelson’s Dockyard d’Antigua

Le carnet de voyage de l’Envolée Culturelle se poursuit hors de France avec une pérégrination sur l’île indépendante d’Antigua dans les Petites Antilles.

Une petite histoire d’Antigua

Cette île forme avec l’île de Barbuda une petite nation dans les Caraïbes. C’est une des monarchies parlementaires du Commonwealth avec Élisabeth II comme chef d’État, représentée par un gouverneur général, cette nation a donc son propre parlement et son premier ministre. Elle a obtenu son indépendance totale assez tard, le premier novembre 1981. Les deux îles ont été nommées par les Espagnols et Christophe Colomb en 1493, leurs noms amérindiens étant Wadadli, mais les Espagnols ne les ont pas colonisées à cause du manque d’eau douce et de la férocité des Indiens Carib. Antigua fut colonisé par l’Anglais Thomas Warner en 1632 et Barbuda par l’Anglais Sir Christopher Codrington en 1674 (la seule ville de Barbuda porte d’ailleurs son nom). L’île est aujourd’hui célèbre pour ses nombreuses plages, ce qui lui vaut le surnom d’île aux 365 plages, mais aussi pour la culture d’une variété d’ananas qui lui est propre, l’ananas noir d’Antigua.

©Jeremy Young
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Nelson’s Dockyard : un témoignage unique de la présence de la Royal Navy

Les Anglais auraient usé le site d’English Harbour comme port dès 1671, mais la construction de défenses date de l’établissement du Fort Berkeley en 1704. Le site était idéal pour protéger la flotte des ouragans et des tempêtes tropicales, mais aussi pour surveiller l’île française de la Guadeloupe. Cette bonne protection contre les éléments naturels a été démontrée en 1735 lors d’un ouragan où seuls les navires amarrés à English Harbour ne subirent aucun dégât. Les premières installations d’un chantier naval à English Harbour datent de 1728 avec l’installation de trois cabestans et d’un carénage. Très vite la demande de réparation navale dépassa la structure et la construction du chantier naval tel qu’on le connait débuta en 1740, elle fut le fruit du travail de nombreux esclaves venus des plantations voisines. Le chantier naval connut plusieurs autres programmes d’agrandissement et d’améliorations notamment entre 1785 et 1794.

Il porte le nom de Nelson’s Dockyard, littéralement le chantier naval de Nelson, à cause de l’administration de ce personnage qui est peut-être l’amiral le plus célèbre de la Royal Navy entre 1784 et 1787.

La Royal Navy a officiellement abandonné le chantier naval en 1889 et il a pendant longtemps été laissé à l’abandon.

©Jeremy Young
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Nelson’s dockyard aujourd’hui

Après le départ de la Royal Navy, Nelson’s dockyard fut laissé à l’abandon pendant une très longue période. C’est en 1951 que la société des amis d’English Harbour commença la restauration du site. Après une décennie de travaux, il ouvrit enfin à nouveau au public. Depuis cette époque, il est possible de visiter le chantier naval qui est intégré au parc National de Nelson’s Dockyard. C’est le plus grand parc National de l’île d’Antigua. Il garde un rapport avec sa fonction première puisqu’il abrite une marina et un club de yachting.

De plus, l’accès au parc National offre la possibilité de visiter sans frais supplémentaires trois forts: le Fort Charlotte, le Fort George et le Fort Berkley. Le Fort Berkley est le plus proche du chantier naval puisqu’il garde l’entrée du port, il est donc facilement accessible. Les deux autres se trouvent au bout de chemins de randonnée. Tous trois dominent la mer et offrent des panoramas impressionnants.

Lorsque l’on se balade dans la partie du chantier naval de Nelson’s Dockyard, on peut apercevoir les cabestans qui servaient à coucher les navires sur le flanc afin de gratter la coque, mais aussi de nombreux bâtiments et maisons du XVIIIe et du XIXe siècle. Un de ces bâtiments a été transformé en musée sur l’histoire de l’île et du chantier naval. On y apprend plein de choses y compris parfois des choses tout à fait insolites ou que l’on ne soupçonnait pas, comme la présence de soldats noirs dans l’armée britannique au XVIIIe siècle.

Nelson’s Dockyard est l’aboutissement d’un beau projet de restauration et offre de nombreuses choses pour une excursion vraiment dépaysante. Il met parfaitement en valeur le patrimoine vraiment unique des Antilles.

 Jeremy Young

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