Ceramic Dog à la salle Underground de l’ Opéra de lyon

Ceramic Dog est un trio constitué autour de Marc Ribot, guitariste new-yorkais virtuose et avant-gardiste.

 

Marc Ribot nous entraîne au pays des merveilles

Il entre avec son air de Droopy dépressif, sa veste informe et son bonnet de laine. Il s’installe dans un désordre indescriptible de feuillets et de tablatures, de clés qui lui servent de médiator, de notes manuscrites et dactylographiées. Il ne salue pas, il ne regarde même pas le public. Il se recroqueville autour de sa guitare, l’accorde. Ses deux complices se sont aussi installés furtivement. 

Nous ne savons pas trop comment tout à débuter, mais tout à coup nous comprennons que Marc Ribot est le lapin d’ Alice et que nous sommes tombés dans son terrier. Il n’a pas le temps le lapin Ribot, il est pressé et les deux heures de concert vont se dérouler à un rythme d’enfer, sans aucune pause. Nous n’avons pas le temps d’applaudir, les morceaux s’enchaînent. Même quand à force d’acharnement le guitariste casse une de ses cordes, il la remplace sur scène tandis que ses con-pairs continuent le concert. D’ailleurs, ce n’est pas un concert, c’est un bouillonnement, une éruption continue. La musique naît et se fabrique sous nos yeux : nous sommes vraiment au pays des merveilles.

© Barbara Rigon

Un trio improbable de chamans déchaînés

Marc Ribot tire de sa guitare des sonorités invraisemblables et toujours renouvelées. Ches Smith, le batteur elfique, dynamite les rythmes avec une énergie colossale. Et quand le bassiste Shahzad Ismaily accompagne presque à mi-voix , nous entendons le chant des esprits de la terre.

Des monologues violemment assénés de  » I resist, I reject  » aux cavalcades post punk de  » your turn  », le trio nous entraîne à sa suite dans un voyage initiatique et quasi chamanique.

The ceremony is about to begin…

A l’orée d’un solo de guitare un peu folk-rock, nous pouvons même voir passer le spectre du Jim Morisson de  »an American prayer  » et certes la cérémonie va pouvoir non pas commencer mais continuer…

Quand leur concert est terminé, les trois trolls quittent la salle sans saluer, sans un mot, sans un geste et nous laisse dans le désarroi le plus complet, un cœur s’est arrêté de battre.

Alors ils reviennent, Marc Ribot plaisante et nous parle. Les demi-dieux sont redevenus parmi les hommes et c’est tant mieux parce que la demi-heure de prolongation nous permettra de redescendre un peu des hauteurs stratosphériques où nous avait entraîné Ceramic Dog.

Assis à deux pas des musiciens, dans la petite salle intimiste et cosy de l’Opéra, nous pouvons profiter merveilleusement profiter de ce moment de pur bonheur. Nous vous encourageons donc à découvrir la belle salle de l’opéra Underground et d’assister à un concert de Marc Ribot et son groupe : plaisir garanti !

Léonie Schroeder

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