Cinémade, du cinéma et des DJ en direct

Dimanche 15 mai 2016, de 17h à minuit avait lieu aux Subsistances la soirée Cinémade. Proposée conjointement par l’organisateur d’événements La Fabrique et le collectif de théâtre le C.L.A.P. Cette initiative mêlait, dans un même endroit, concerts de musique électronique et faux tournage de film en direct tiré de l’univers de Martin Scorsese. L’événement était suivi d’un concert au Sucre du DJ 2000 and One alias Dylan Hermelijn jusqu’à 5h du matin.

Un projet axé autour du cinéma, la musique et le théâtre

Aux Subsistances, lieu de création et d’expérimentation artistique qui abrite notamment l’école des Beaux-Arts de Lyon, s’est déroulé le projet Cinémade conduit conjointement par La Frabrique et le C.L.A.P. Au menu de cette veille de Pentecôte, musique électronique et faux tournage sous un soleil de printemps, le tout face à la Saône. Cédric, président de La Fabrique, une « organisation qui conçoit et programme des évènements autour de la musique électronique, et plus particulièrement des évènements atypiques qui changent de ce qu’on peut nous proposer à Lyon » a monté ce projet avec le collectif le C.L.A.P, une association de théâtre, un an et demi auparavant. Pour cette deuxième édition, les deux collectifs ont « voulu confronter deux univers différents, qu’étaient la musique électronique et le monde du spectacle et du cinéma, pour une offre un peu plus variée de ce qu’on trouve  autour de la musique électronique à Lyon en temps habituel ». Le principe est simple, toutes les heures une scénette d’une durée de cinq à dix minutes issue « d’un film mythique de Martin Scorsese » est tournée sous nos yeux. « On a des tournages immersifs, qui sont réalisés avec une équipe de tournage et des comédiens du C.L.A.P. » précise Cédric. Entre chacune d’elles, des DJ mixent sur des scènes différentes, une à l’intérieur et l’autre à l’extérieur, de la musique électronique. « On a vraiment voulu proposer quelque chose aux deux publics qui sont venus à Cinémade, parce qu’on a un public assez hétérogène, et on a réussi à toucher un panel assez large » confie t-il.

Mais qui donne la part belle à la musique au détriment du reste

PANNEAU CINEMADE POUR LE COIN INTERVIEW-cinemade2016-A2.inddPrix Lumière 2015, Martin Scorsese est ici mis à l’honneur à travers ces sept happenings, chacun faisant allusion à son œuvre. « Il y a une histoire qui a été recréée autour de plusieurs films de Martin Scorsese » nous dit Cédric, « c’est pas vraiment des reprises de film, c’est plutôt des réécritures, et y a des allusions à l’un de ces films dans chaque happening». L’année passée, le festival s’était concentré sur un film, Pulp Fiction de Quentin Tarantino, lui aussi prix lumière en 2013. L’édition de l’année prochaine se concentrera sur un autre réalisateur connu, mais verra aussi la taille du festival augmenter. Pour Cédric, « d’ici l’année prochaine on va essayer de faire grossir le festival sur plusieurs jours, on va essayer de l’étaler sur deux jours complets ». Mais si une after était proposée ensuite au Sucre pour le « public qui est venu essentiellement pour la musique électronique », on cherche encore ce qui a été fait pour celui qui était venu pour le cinéma. La majeure partie du festival était en effet remplie par les « sets » des DJ très ostensibles et qui semblaient par moments ne jamais s’arrêter. On aurait aimé que le volet cinéma mis en avant dans la programmation du festival le soit un peu plus lors de la soirée effective. Les scènes tournées étaient trop courtes, et semblaient parfois se dépêcher de finir pour laisser le public retourner danser. Le son des micros lui-même avait l’air de se taire face à la musique ininterrompue du DJ situé dehors qui gâchait du coup la représentation devant nos yeux. Cinémade est donc bel et bien un festival qui donne la part belle à la musique électronique au détriment du cinéma et du théâtre.

Si l’idée de départ de Cinémade semble bonne, on aurait aimé un partage plus équitable entre cinéma et musique électronique. Le principe de mélanger concerts et performances visuelles reste une idée qui mérite d’être creusée et approfondie pour les éditions suivantes. On salue toutefois la performance des comédiens du C.L.A.P. et de l’équipe de tournage qu’on aurait aimé découvrir un peu plus.

Guillaume Sergent 

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