Ma colombine, le trésor d’un clown

Du 5 au 26 juillet 2019, dans le cadre du Festival Off d’Avignon, le 11 Gilgamesh Belleville accueille un second spectacle produit par le Théâtre Am Stram Gram de Genève, Ma Colombine à 11h40. Après Hercule à la plage, Fabrice Melquiot présente un texte mis en scène et interprété par Omar Porras.

Une autobiographie écrite par un autre…

© Ariane Catton Balabeau

Pour écrire ce texte, Fabrice Melquiot s’est rendu en Colombie avec Omar Porras sur les traces de son enfance et de sa culture afin d’écrire une pièce à l’image du directeur du TKM (Théâtre Kleber-Méleau) de Lausanne. En appelant ce spectacle « Colombine » et en le faisant commencer par un cours de géographie sur la Colombie, qui se termine de manière particulièrement humoristique, l’auteur nous place directement sous une étoile colombienne… ou sous une lune colombienne peut-être… Ce prologue introduit également la vocation de clown née de ce moment chez le jeune Omar, rebaptisée Oumar Tutak pour l’occasion. Seul en scène, Omar Porras se raconte, se livre avec malice, humour, sincérité et poésie. On suit le parcours du petit Oumar de l’obtention de son diplôme à son arrivée en Suisse, en passant par son engagement dans l’armée, et son arrivée en France et à Paris notamment. On fait la connaissance de sa famille, ses amitiés, ses amours et les anecdotes qui y sont associées sont autant de moyens pour découvrir qui est cet homme qui place le rire au-dessus de tout. « Le théâtre c’était mon microscope, mon télescope. » Ces paroles témoignent du travail d’analyse minutieuse de la vie de l’artiste colombien réalisée pour l’écriture de la pièce mais aussi que le théâtre permet de porter une analyse sur notre monde.

« Le monde n’est jamais prêt pour la naissance des clowns »

Ma Colombine

« Ma colombine » vient de l’espagnol « Columbino » et signifie « Colombe », un animal qui symbolise la paix qu’a trouvée Omar/Oumar en devenant comédien/clown et la liberté qu’il éprouve à pouvoir tout jouer et aller et venir sur toute la planète. Il dit qu’au théâtre « on pouvait tout comprendre, tout essayer » et c’est qu’il fait avec cette mise en scène aussi poétique que le texte.
Les deux discussions avec la lune sont très philosophiques et proposent une réflexion sur l’art, tandis que sa rencontre avec Pacha Mamba devient une ode, une pluie dorée tombe sur lui comme si cette rencontre en avait fait quelqu’un d’autre, lui le « latin lover » glisse-t-il avec humour.

© Ariane Catton Balabeau

Elle est associée à l’arbre sur scène, cet arbre qui se teinte de couleurs pour évoquer avec poésie ses rencontres qui sont le maillage de ce qu’il est, ses racines. Déguiser en roi à sa découverte du théâtre, on comprend que l’appropriation de cet art antique le comble de joie et lui donne une impression de force, de renaissance. Le parcours de cet homme retourné à ses origines pour mieux se comprendre est truffé d’humour. Le metteur en scène possède un réel talent pour les mimiques et prendre des faciès déroutants et hilarants.

À la fois touchant et drôle, avec ce spectacle, nous partons à la découverte d’un homme, à la découverte d’un langage poétique, à la découverte d’un pays et à la découverte de l’humanité… Volons au côté de cette colombe et découvrons sa « Colombine »

Jérémy Engler

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