Comprendre la première Guerre Mondiale à l’Imperial War Museum de Londres

Au détour de plusieurs voyages dans la capitale Britannique il était frustrant de ne pas pouvoir aller  à l’Imperial War Museum car ce dernier était fermé pour d’importants travaux de restauration. Ayant vu l’avant et l’après il est possible de souligner le formidable travail qui a été fait pour ce musée. À l’extérieur, la façade classique de la portion centrale de l’ancien hôpital de Bedlam a été conservé tout comme l’immense double canon d’un navire de guerre. En revanche, à l’intérieur tout a changé tout a été amélioré. Le hall d’entrée offre la vision de deux vrais avions de chasse pendus au plafond, un fameux Spitfire et un Harrier. Au sol une voiture de journaliste correspondant de guerre où l’on voit encore plusieurs impacts de balles. On peut aussi y voir une fusée V1, une fusée V2 et un tank. Mais ce qui a retenu notre attention, en cette période de commémoration sur les batailles de Verdun et de la Somme, c’est l’exposition sur la Première Guerre Mondiale qui couvre l’ensemble du premier étage.

Une exposition riche et globale

© Imperial War Museum
© Imperial War Museum

Une des bonnes choses avec l’Imperial War Museum est sa volonté de replacer la première Guerre Mondiale dans son aspect global et donc mondial. Le plan de la visite est également chronologique ce qui permet de suivre l’évolution du conflit. En réalité cette exposition commence en 1871 afin de bien expliquer le jeu des alliances qui ont conduit au conflit. On peut voir la déclaration de guerre de l’Allemagne et les raisons qui ont conduit la Grande-Bretagne à joindre un conflit qu’elle n’avait aucune obligation de rejoindre.

Le côté global est aussi assuré par des parties consacrées à des opérations ou des armées peu connues du grand public, comme le rôle, les opération et l’équipement de l’armée d’Autriche-Hongrie, de l’armée serbe, turque ou encore italienne. On peut voir aussi l’invasion de la Serbie ou de la Roumanie, les opérations sur le front russe, dans les Balkans, sur le front italien ou encore sur le front turc. Le front de l’Ouest n’est bien sûr pas oublié avec beaucoup d’éléments sur la Marne, Ypres, Verdun ou encore la Somme.

L’expérience du combattant est bien représentée avec l’évolution des armes, des uniformes et de nombreuses informations sur les conditions de vies dans les tranchées. Cependant le coté global de cette exposition fait que l’on s’intéresse aussi au rôle des femmes sur le front intérieur (« Home Front » en Anglais) et le rôle de tous ces hommes qui ne sont pas partis au front car ils étaient indispensables à l’économie de guerre.

Un savant mélange de médias pour une visite dynamique

La grande force de cette exposition au-delà de tout ce qui a déjà été expliqué précédemment est aussi le savant mélange de médias pour transmettre des informations. En effet on retrouve comme dans de nombreux musées des documents originaux que ce soit des armes, des uniformes, des photos, des films d’époques ou encore des affiches. Mais il y a également de nombreuses projections de cartes évolutives avec des explications. Par exemple l’évolution de la situation entre 1871 est représentée sur une de ces cartes, ou chaque pays est également représenté par une figure animale en uniforme qui rappelle son pays, un coq pour la France, un lion pour la Grande-Bretagne, un aigle pour l’Allemagne ou l’Autriche-Hongrie et un ours pour la Russie.

Il y a également des écrans tactiles pour raconter l’histoire de plusieurs évènement, par exemple le front turc en 1915 où l’on peut choisir d’être informé sur le l’échec de Kut ou la Bataille de Gallipoli. Chacun de ces évènements est ensuite divisé en quatre chapitres, les raisons de la bataille, la bataille, les causes de l’échec et enfin le : et après. Cela offre un bon mélange de textes et de photos. Le côté interactif est aussi présent avec des mini-jeux tactiles, comme un jeu qui consiste à faire arriver le plus de cargos possible en Grande-Bretagne face aux sous-marins allemands. Le but est aussi pédagogique pour expliquer la guerre sous-marine et la meilleure stratégie pour le transport maritime face à cet ennemi.

Enfin le musée offre de nombreuses aides visuelles pour se rendre compte au mieux de la réalité de la guerre. Ainsi par exemple on peut se promener dans une reproduction grandeur nature d’une tranchée avec un tank en train de la franchir. Il y a également une mitrailleuse agrémentée d’une sculpture en métal pour montrer la cadence et la portée de cette arme.

© Imperial War Museum
© Imperial War Museum

Cette exposition est vraiment très riche, mais elle est également facile d’accès et interactive ce qui en fait une expérience plaisante à la fois pour les amateurs et les néophytes mais aussi une bonne sortie en famille. Le seul regret à formuler pour le moment est de ne pas avoir eu le temps de faire le deuxième étage consacré quant à lui à la Seconde Guerre Mondiale. Cependant comme de nombreux musée à Londres, l’Imperial War Museum est gratuit à la visite et donc, « je reviendrai ».

 

Jeremy Young

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