Compte-rendu de l’atelier au théâtre de la Croix-Rousse

Le Théâtre de la Croix-Rousse proposait trois rencontres autour du spectacle Le sentiment d’une montagne (mise en scène de Chloé Bégou), en collaboration avec une association d’insertion. (À l’occasion d’un jeu-concours, des places pour assister à ces trois rencontres avaient été distribuées par l’Envolée Culturelle)

Lors de la première rencontre, un groupe de 10 personnes se retrouva donc au théâtre de la Croix-Rousse pour assister à une répétition du spectacle, avec les quatre musiciens et acteurs. Ensuite, ce même groupe a pu aller au théâtre de la Renaissance voir Le Sentiment d’une montagne en salle.

©Sally Poulain/ Théâtre de la Croix-Rousse
©Sally Poulain/ Théâtre de la Croix-Rousse

Un dernier atelier, autour de la pratique théâtrale, orchestrée par la metteur en scène et comédienne principale de la pièce, fût organisé ce lundi 1er février. Très sympathique et encourageante, Chloé Bégou se montra particulièrement attentive à nos avis sur la pièce, et nous avons pu parler librement avec elle de ce qui nous avait plu et déplu dans son spectacle. Il était très intéressant de pouvoir discuter avec cette comédienne qui nous a expliqué avec des mots simples la façon dont elle avait monté son spectacle, mais également la manière dont elle a appris à connaître son rôle par cœur, puisque les morceaux de textes de Christophe Tarkos qu’elle avait sélectionné pour monter sa pièce sont denses, et très longs.

Pour quelques heures, nous nous sommes entraînés à lire tout haut des textes poétiques, et sommes même passés lire en groupe sur le plateau, pour percevoir les sensations que les comédiens peuvent connaître. Dans un premier temps, pour réciter par groupe de trois un texte de Tarkos que nous avons choisi parmi ceux sélectionnés pour le spectacle, puis toujours en trio nous avons pu reproduire un dialogue à voix, en reprenant différents poèmes de l’écrivain. Ces exercices en trio furent d’autant plus intéressants qu’une bonne ambiance régnait entre la dizaine de participants.
Nous avons été bien accueillis, et cette introduction à la pratique théâtrale fut très agréable : nous remercions vivement le théâtre de la Croix-Rousse qui a pu organiser une telle rencontre !

©Sally Poulain/ Théâtre de la Croix-Rousse
©Sally Poulain/ Théâtre de la Croix-Rousse

Extrait de la pièce Le sentiment d’une montagne de Christophe Tarkos :

« Le sentiment d’une montagne proche, même si la montagne est loin, le fait de sentir une montagne toute proche, une prémonition, le sentiment d’une montagne de même qu’un sentiment lunaire, le sentiment lunaire de la montagne, de la proximité d’une montagne qui ne se trouve pas loin, qui ne se trouverait pas loin, qui aurait toute la place et la force et la supposition qu’une montagne a, le sentiment d’une montagne, le sentiment qu’il y a effectivement une montagne proche ou du moins qu’il y a effectivement le sentiment d’une montagne proche, une montagne isolée, celle dont on peut dire qu’il y a une montagne, pas des montagnes, mais une montagne seule, franche, pesante, haute, écrasante, le fait qu’il y a un sentiment qui est le sentiment d’une montagne écrasante et proche, et assez lointaine pour sentir venir une montagne, non pas être sur une montagne, mais de sentir une montagne à proximité, devant, comme devant nous, comme s’il y avait une montagne devant nous, à quelques pas, dès maintenant sentie, qui vient se balancer tomber sans avoir à bouger, qu’elle s’approche, qu’elle fait mine de s’approcher, comme une montagne est le sentiment d’une montagne proche, le fait qu’elle vienne, qu’elle se penche, qu’elle tombe est le sentiment de la haute, pesante, vaste montagne si proche est en train de se balancer, le sentiment d’une montagne non loin, le sentiment de la prémonition d’une montagne, qu’une montagne serait non loin, comme si une montagne était là, non loin, munie de son ombre, de son volume, d’une sensation, de sa fraîcheur, d’un pressentiment, du pressentiment de la place prise par ce qui pourrait être une montagne non loin, vaste et haute et en même temps assez proche pour recevoir la fraîcheur de son ombre par les mouvement des airs sur ses flancs ».

Adélaïde Dewavrin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *