Coups de projecteur sur les Veilleuses

Le festival Coups de théâtre, organisé par le service culturel de l’université Lumière Lyon 2 se déroule du 20 au 24 avril 2015 et vise à promouvoir la création artistique étudiante. Dans ce cadre, il accueillait lundi 20 et mardi 21 avril le collectif Escabal, soutenu par notre association, pour leur spectacle intitulé Les Veilleuses qui, malgré les veilleuses présentes sur scène, ne parvient pas à nous endormir, bien au contraire…

Une dynamique rafraîchissante et une énergie débordante

Ce collectif d’amis de 3ème année d’Arts du Spectacle s’est réuni autour de l’envie de créer un univers capable de rassembler toutes les aspirations de la dizaine de membres que compte le collectif.

« On écrit, découpe des textes, recopie des citations, on échange des livres, apprend des paroles de chansons, partage des musiques, on a envie de danser, on fait des vidéos, bref on crée notre univers. » Mélanie Ancillotto.

Ainsi leur spectacle se décompose en 15 scénettes et on sent qu’ils prennent du plaisir à jouer ensemble et ils nous communiquent aisément cette joie. Le titre fait évidemment référence à ces petites lumières que nos parents laissaient allumer pour nous rassurer malgré le noir avant de nous endormir. Tantôt sous forme de petites lampes, tantôt de la lumière blanche, tantôt un néon, mais à chaque scénette, les veilleuses protégent ces enfants dans leur apprentissage de la vie.
Chaque scène évoque un moment de l’enfance conduisant vers l’âge adulte. On commence avec les bébés équipés de leurs veilleuses pour arriver à l’adolescence puis à l’âge adulte…
Les scènes sont pour la plupart efficaces et très représentatives de notre jeunesse, quiconque a fait la fête avec ses amis, a planifié des voyages avec ses amis, a flirté avec un membre de son « Gang » comme le dit une chanson des BB Brunes qu’ils reprennent en chœur a capella, se retrouve dans ce spectacle.
Ce qui ressort de ce spectacle est la forte cohésion du collectif, si certains ont plus de textes ou sont plus mis en avant, tous sont toujours présents sur scène et personne ne néglige son rôle de second plan et s’investit à 100% dans ce rôle d’arrière plan. Les 9 membres du collectif présents sur scène n’interviennent pas tous à chaque scène, ils ne sont souvent que deux ou trois à occuper le premier plan de la scène mais le reste de la troupe ne quitte jamais le plateau et continue d’agir et de vivre le moment qu’évoquent ceux du premier plan.

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© Maxime Jeanjean

Un spectacle d’une hétérogénéité homogène

Jusqu’à la toute fin de la création, le spectacle a évolué, certaines scènes ont été trouvées dès le début de la création tandis que d’autres sont apparues très tardivement, expliquant peut-être pourquoi certaines scènes fonctionnent mieux que d’autres. Globalement, il est difficile de ressortir une scène vraiment meilleure que les autres car les scènes qui fonctionnent sont toutes d’aussi bonne qualité, cependant certaines scénettes sont un cran en-dessous.
Ce spectacle mélange tous les arts pour nous montrer la diversité de l’enfance, outre l’utilisation de musique pour chaque scène, ils reprennent en chœur et a capella la chanson des BB Brunes mais parodient également de manière hilarante bien que niaise « Fame » d’Irène Cara. On notera aussi les nombreux moments de danse témoignant d’un grand travail et encore une fois d’une énergie prodigieuse. Certains passages sont des reprises de grands textes d’auteurs comme Laurent Gaudé, Pauline Sales, Vincent Macaigne… mais le plus impressionnant est le poème « Prendre corps » de Gherasim Luca qui verbalise de noms communs avec brio et qui ici est magistralement interprété dans un élégant moment de danse. D’autres sont des textes écrits par les membres du collectif et sont d’assez bonne qualité, seul le passage d’improvisation de la dispute entre la mère et la fille manquait d’efficacité. Les répliques ne s’enchaînaient pas assez vite, notamment du côté de la mère qui nous apparaissait un peu moins crédible. Après, le texte de cette dispute étant improvisé, cela peut arriver que parfois ce soit un peu plus faible que d’autres et c’est dommage car hormis ce petit bémol, tout le reste est très efficace… Même si la scène des rapports homosexuels aurait pu aller un peu plus loin…

Si l’improvisation est un art difficile et fluctuant et de fait imprévisible, tout le reste était très bien interprété et ce spectacle était d’une très grande qualité. Dommage que le collectif n’envisage pas de présenter ce spectacle à une autre occasion que ce festival Coups de Théâtre qui continue encore jusqu’à ce vendredi 24 avril à 19h avec Mort sans sépulture d’après Sartre par Les acteurs de bonne foi à l’Amphi Culturel de Bron de l’université Lumière Lyon 2.

Jérémy Engler

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