Danbé au Toboggan pour le festival Micro Mondes : Un spectacle agréable, mais sans surprises

Du 24 au 29 novembre se tient pour la troisième fois sur Lyon le festival Micro-Mondes. Un évènement qui laisse place à des formes de spectacles plus atypiques, que ce soit grâce à l’utilisation de la technologie, comme dans Danbé ou L.I.R, ou à l’inverse, de la nature, avec par exemple des escargots, comme dans L’arbre luisant d’Esgargopolis. Avant de découvrir notre article bilan en fin de semaine sur ces différentes petites formes, retour sur le spectacle qui a ouvert cette édition, à savoir : Danbé au Tobbogan, centre culturel de Décines. Une pièce basée sur un texte de Marie Desplechin et d’Aya Cissoko, interprétée par une comédienne et deux musiciens. Découverte d’un conte biographique et musical, agréable mais hélas peu surprenant.

©Emmanuel Rioufol
©Emmanuel Rioufol

Un texte peu convaincant

Danbé, c’est un conte, une histoire personnelle qui nous est livré au creux de l’oreille. Le spectateur est invité à s’assoir sur des coussins au sol et à enfiler un casque. Puis, le spectacle commence. Sur les côtés, deux musiciens, sur un autre, la comédienne. Ici va se raconter l’histoire d’Aya Cissoko, une ancienne boxeuse. Toute son histoire nous est racontée, de son enfance et ses origines maliennes jusqu’à l’arrêt de sa carrière sportive à ses 28 ans. Sous fond musical donc, le spectateur est amené à découvrir tous les aspects de la vie de cette femme, de la perte d’une partie de sa famille à l’acceptation de son passé. Mais le premier problème se présente ici… L’écriture en elle-même manque hélas de poésie et d’intérêt. La passion pour la boxe arrive en effet comme un cheveu sur la soupe dans le dernier quart d’heure du spectacle. Il est bien dommage qu’elle n’est été que si peu présente dans les parties précédentes. D’un point de vue dramaturgique, on ne comprend donc pas tellement l’intérêt. Certes, son histoire est intéressante, comme l’est chacune des histoires d’ailleurs à partir du moment où elle est bien exploitée, mais racontée de la sorte, elle en ressort un peu monotone, et sans sentiments. Il n’y a pas ou peu de moment où le spectateur est touché, profondément emporté. Dommage, car la comédienne principale ne s’en sort pas si mal que ça et on sent que ce collectif (mic)zzaj y a mis tout son cœur. Mais malgré la bonne volonté évidente, le spectacle n’est seulement qu’agréable, et on écoute, comme si on écoutait de loin, la radio, avec du plaisir toujours mais sans être vraiment charmé.

Mais un dispositif avant tout

La particularité de Danbé, c’est donc avant toute chose, son dispositif scénique. L’écoute au casque est très en vogue en ce moment dans le théâtre contemporain, comme le public lyonnais a pu le voir notamment dans Hate Radio durant le festival Sens interdit. Dans ce dernier en effet, le spectateur écoutait et revivait une émission de radio. Le casque était donc en soi cohérent, et d’autant plus que les propos tenus sur cette radio étaient choquant, et que grâce au casque, le spectateur pouvait se soustraire à l’écoute. Mais dans Danbé l’utilisation du casque devient très vite accessoire. On ne comprend pas pourquoi ce choix… Les spectateurs unis au centre des artistes, dans un moment convivial, a priori un moment où l’on raconte et partage une histoire, un conte, est en totale opposition avec l’utilisation des casques qui nous coupent de tout. Surtout quand nous couper des autres est la raison de ce recours au casque… Dès les premières minutes, on a envie de l’enlever et de pouvoir écouter avec toutes les imperfections éventuelles, la musique sans intermédiaire et en direct. Cette barrière, au lieu de créer un lien privilégié avec le conteur, est en plus complètement cassée par la disposition quasi frontale des spectateurs. Mais au-delà du casque, l’ambiance générale est plutôt efficace, les lumières tamisées, certes très classiques, fonctionnent et servent parfaitement le ton du spectacle et les panneaux lumineux derrières les musiciens donnent de légères indications d’ambiances, suffisantes pour celui qui sait ouvrir son cœur à l’imagination.

Danbé nous offre donc un moment agréable, où il est plaisant de se laisser à écouter et où on aurait presque envie de s’allonger et de laisser notre esprit illustrer les propos de la comédienne. Mais hélas quand on se penche un peu dessus, Danbé ne nous offre guère autre chose que cela, même si c’est déjà beaucoup. N’hésitez pas à découvrir d’autres spectacles du festival, qui sauront vous surprendre, et parfois même vous amusez ! La programmation complète est à retrouver sur le site du Festival Micro Mondes.

Marie-Lou Monnot

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *