Dans la ville en feu de Michael Connelly, aucune énigme ne résiste à Harry Bosch

Dans la ville en feu est le nouveau roman de Michael Connelly. Il met en scène son enquêteur fétiche, Harry Bosch, qui travaille au bureau des affaires classées et décide de rouvrir un dossier qui lui tient à cœur : un meurtre perpétré il y a vingt ans de cela ! Les choses promettent d’être difficiles pour Harry, mais comme il est indiqué sur la couverture : « Harry Bosch ne renonce jamais. »

Une énigme qui semble impossible à résoudre

Michael Connelly au festival des Quais du Polar de Lyon 2015 © Jérémy Engler
Michael Connelly au festival des Quais du Polar de Lyon 2015 © Jérémy Engler

Dans les années 90, des émeutes ravagent Los Angeles et font des dizaines de morts. Harry Bosch arrive sur les lieux du crime : une jeune femme danoise du nom d’Anneke Jespersen, a reçu une balle dans l’œil, son assassin l’a abattue. De quoi donner froid dans le dos n’est-ce pas ? Harry se demande tout de suite ce qu’une jeune danoise peut bien faire au milieu des émeutes, et il découvre qu’elle est journaliste. Il n’a cependant pas le temps d’en découvrir plus, dans le chaos des émeutes les meurtres se succèdent et il est sommé d’enquêter sur un autre meurtre. Avoir dû arrêter cette enquête avant qu’elle n’ait même commencé va hanter l’inspecteur qui, vingt ans plus tard, peut rouvrir le dossier : en effet, l’arme utilisée pour assassiner la jeune Anneke semble être liée à plusieurs meurtres sur ces deux dernières décennies.

Une enquête palpitante

Commence une enquête pleine de rebondissements. Le lecteur, au début perplexe quant à l’avancée de l’enquête qui ne semble pouvoir mener à rien, suit Harry Bosch dans ses réflexions et ses interrogatoires, et constate qu’il y a toujours une piste à exploiter. Le héros se lance dans son enquête corps et âme pour rendre justice à la journaliste. Il a une intuition : l’histoire d’Anneke Jespersen est plus compliquée que ce qu’elle en a l’air, et résoudre l’énigme de son décès pourrait dévoiler le mystère d’autres morts et arrêter une organisation de malfaiteurs. Au début de l’histoire on ne voit que la partie émergée de l’iceberg, et Harry Bosch, patiemment mais sûrement, découvre tout ce qui est caché.

L’intrigue est extrêmement bien ficelée par Michael Connelly qui maîtrise et connaît bien son personnage, et pour cause, c’est le dix-neuvième roman qu’il écrit sur lui ! Harry Bosch fourre son nez partout, ce qui ne plaît pas à tout le monde, et nombreux sont ceux qui essayent de lui mettre des bâtons dans les roues. Le nouveau lieutenant du bureau, O’Tool, est particulièrement mécontent de lui, il préférerait qu’Harry ne fasse pas autant de découvertes et abandonne l’enquête, mais pourquoi ? Tout est révélé dans le roman.

Quelques bémols tout de même

Dans la ville en feuUn bémol majoritaire à souligner : l’écriture. La narration oscille entre le langage courant et familier, et s’offre quelques fautes de français. Pour les dialogues le procédé est tout à fait légitime : Harry Bosh interroge beaucoup de prisonniers ou de membres de la mafia qui n’ont pas un langage impeccable, mais dans la narration le langage familier est gênant, on ne sait pas trop à qui on a affaire. Toutefois il est impossible de dire si c’est un problème d’écriture ou de traduction.

De plus l’énigme que résout Harry Bosch est assez dense, le lecteur doit retenir beaucoup de noms de personnages qui n’ont au final pas une grande place dans l’histoire. S’il est parfois difficile de s’y retrouver, la multiplicité de noms et de personnages tend à rendre l’univers du roman très réaliste. Les grands fans de cet auteur connaissent sûrement très bien tous ces personnages qui appartiennent à l’univers présenté par Michael Connelly depuis plus de vingt ans, ainsi seuls les nouveaux lecteurs peuvent s’y perdre un petit peu.

Un dénouement digne de l’énigme

Le dénouement offre des surprises et de l’action, le lecteur est tenu en haleine jusqu’au bout ! Harry Bosch se retrouve confronté à ou aux assassins (nous ne dévoilerons rien !) et doit trouver un moyen de s’échapper pour sauver sa vie. Jusqu’à la dernière page l’auteur révèle des éléments de l’énigme au lecteur, si bien qu’on ne regrette pas d’avoir suivi toute l’enquête : au fur et à mesure se forme le puzzle dans la tête d’Harry Bosch et quand il est finalement dévoilé en entier on se rend compte qu’on n’aurait jamais pu deviner sans lui !

Michael Connelly réussit tout aussi brillamment à laisser des zones d’ombre à la fin du roman, des éléments concernant le futur d’Harry Bosch, mais il pointe bien le doigt sur ces éléments manquants, si bien qu’on ne pense plus qu’à cela et qu’on attend la suite avec impatience ! Un livre à dévorer sans modération.

Korra


A l’occasion du festival des Quais du Polar 2015, organisé à Lyon, Michael Connelly s’est entretenu avec John Grisham au Théâtre des Célestins. Vous pouvez revivre cette rencontre ici.

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