Dernier train pour Busan

Si certains d’entre vous ont envie de jouer à se faire peur devant un écran… Alors la figure emblématique du zombie ainsi que son univers apocalyptique sont faits pour vous ! Nous parlons ici de zombie pour distinguer les morts-vivants des humains infectés. Aujourd’hui nous allons nous attaquer au cinéma coréen reconnu pour son habileté à nous faire sursauter. Dernier train pour Busan est le dernier film du réalisateur Yeon Sang-Ho sorti en 2016 en France. Prêts à embarquer ? (Image mise en avant : Dernier train pour Busan © Splendid films GbmH)

151782.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxDernier train pour Busan©  Splendid films GbmH

L’horreur urbaine 

Une voiture franchit un barrage de police et passe sous un jet de décontamination à l’aspect étrange. Le conducteur s’arrête et fait part de son agacement, il souhaite qu’on le laisse travailler, qu’on cesse de tuer ses bêtes sous prétexte d’une épidémie, c’est la deuxième fois ce mois-ci. Il n’y a pas à s’inquiéter, lui affirme-t-on. En repartant, il renverse accidentellement une biche, dont le corps ensanglanté est laissé gisant sur la route. Elle se relève, pourtant, plutôt aisément. Ses yeux blancs transpercent l’écran.  Le décor est planté. C’est déjà l’heure de se cacher sous sa couette. Nous ne reverrons cependant pas l’homme dont on ne sait pas quel sera le sort. C’est à Séoul que nous faisons la connaissance de Sok-woo, courtier absorbé par son travail, ainsi que de sa fille, Soo-ahn dont il ne s’occupe pas assez. À sa demande, ils partent pour Busan, ville où se trouve la mère de la petite. Mais le banal voyage en train ne va pas se passer comme prévu.

La situation principale complètement réaliste, qui s’attarde sur le quotidien des protagonistes et qui nous permet de nous identifier davantage à eux, est la construction narrative fréquemment utilisée dans les films d’horreur. Dernier train pour Busan se démarque par une excellente réalisation de tous les procédés propres au genre. À commencer par la lente mise en tension par le biais de quelques évènements étranges que nous sommes les seuls à voir. Ensuite, par l’apparition de personnages secondaires intéressants et profonds, comme ce couple dont la femme est enceinte, qui va être un véritable allié, ou comme une équipe de baseball, dont l’équipement s’avèrera très utile… Mais la véritable réussite du film, c’est bien entendu la mise en place d’un univers vraisemblable et réaliste par rapport au sujet qu’il aborde, et le traitement virtuose de l’objet même de l’effroi, les monstres. 

2015 splendid film GmbH 2Dernier train pour Busan © Splendid film GmbH

 

Les zombies passagers 

Le zombie, une des figures les plus célèbres du genre apocalyptique, a été représenté de nombreuses fois au cinéma, si bien que ce monstre a eu tendance à devenir au fil du temps de plus en plus semblable d’un film à l’autre. Il est devenu alors, dans l’imaginaire commun, cet être mort-vivant, ensanglanté voire démembré, doté d’un pas lent, mal assuré, d’un regard vitreux et d’une irrésistible envie de dévorer tout être humain qui passerait à sa portée. Tout en gardant quelques aspects de ce monstre, Yeon Sang-Ho ne laisse aucune place à l’aspect fantastique qui peut avoir été développé chez d’autres réalisateurs. La réalité nous rattrape toujours, de l’explication scientifique du développement du virus jusqu’au traitement de la crise par les autorités qui refusent d’inquiéter les citoyens et parlent « d’actes de violence » ou de « manifestants » pour couvrir les attaques. Car les zombies de Dernier train pour busan sont vifs, rapides, plutôt intelligents, ils ne perdent qu’en partie leur humanité. L’infection est elle aussi rapide, presque instantanée, dans ce train angoissant, ce huit-clos de l’enfer dont personne ne semble pouvoir descendre.  

Dernier train pour Busan de Yeon Sang-Ho est disponible sur toutes les plateformes de VOD et dans votre magasin de DVD le plus proche !

Si vous l’osez et si l’envie d’une soirée à thème vous prend, voici une liste de films de zombies dans des styles et des tons différents :

  • La nuit des morts vivants, Georges A. Romero, 1968. (ainsi que la suite de la trilogie)
  • 28 jours plus tard, Dany Boyle, 2002.
  • Bienvenue à Zombieland, Ruben Fleischer, 2009. (dont la suite est sortie cette semaine au cinéma !). Disponible sur Netflix. 

 

Ambre

 

 

Article rédigé par Ambre Bouillot. 

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