La détresse d’une famille au Comic-Con le dimanche après-midi !

Du 21 au 23 octobre 2016, la Grande Halle de la Villette accueillait le nouvel événement incontournable de la pop-culture, le Comic-Con de Paris. Pour cette deuxième édition, le festival a grandi, appris de ses erreurs mais reste encore très perfectible, comme l’a vécu une famille que nous avons suivie le dimanche.

© Jérémy Engler
© Jérémy Engler

Une organisation pas toujours très heureuse

Comme nous le disions dans notre article sur les conférences du vendredi, la communication sur les différentes rencontres sur le salon n’était pas parfaite mais l’organisation de certains événements non plus. Les séances de dédicaces et de photos payantes (de 15 à 18 € pour une dédicace et de 35 à 38€ pour une photo) sont plutôt bien gérées puisqu’il est impossible d’apercevoir les stars et si toutefois cela est possible, un vigile est là pour vous interdire de faire une photo, même de loin. Si vous vouliez une photo de votre star préférée, fallait payer ! « Mais j’ai déjà payé l’entrée à 21,90€ ! » diront certains. Certes, mais l’entrée donne accès aux différents stands où vous pouvez acheter ce que vous voulez et assister à tous les panels proposés dans la limite des places disponibles. « Ah d’accord, donc pour 22€, on peut voir les rencontres qui nous intéressent et acheter plein de goodies ! » En théorie, oui, s’il n’y a pas trop de gens. Donc le vendredi ça marche ! Le samedi et le dimanche pas vraiment ! « C’est-à-dire ? » Pour faire simple, à part pour la salle du workshop, pour les deux autres salles de rencontres, il faut commencer à faire la queue pour sa rencontre au moins deux heures avant, sinon il est impossible de rentrer (sauf pour les rencontres sur des thèmes moins grand public ou qui visent un public spécifique). Et quand je dis deux heures, je suis généreux. Dimanche, la projection de Doctor Strange qui commençait à 18h30 était complète et avec file d’attente à 16h. Ce qui signifie que pour voir le film, il fallait arrêter son festival à 15h. Un autre exemple fameux est celui de la salle de Masterclass qui est au centre de la Halle et en sous-sol.

© Jérémy Engler
© Jérémy Engler

Une famille fascinée puis dépitée

Le dimanche après-midi, j’ai eu la chance de pouvoir suivre une famille pour qui c’était le premier et probablement le dernier Comic-Con… Voici leur histoire… Leur fils d’une douzaine d’années est fan des supers héros, il a vu tous les films, suit tous les dessins animés et séries et rêve de rencontrer certaines de ces idoles. Ses parents, voulant lui faire plaisir, lui offrent son dimanche au Comic-Con. Venant de Reims, ils sont arrivés à 11h à la Villette. Plus de places au parking… après avoir tourné pendant une heure, enfin ils trouvent une place. Entrée au Comic-Con à 12h10 ! Leur enfant veut à tout prix voir Doctor Strange en avant-première et le panel sur « l’univers des séries/films face à l’univers des Comics » à 15h30.

12h10, c’est l’heure de manger, ils prennent leur sac Flash et Arrow à l’entrée et prennent un sandwich au même endroit. 12h45, enfin ils entrent dans le salon ! Devant les cosplayeurs plus ou moins épatants, le petit est en admiration ! Il est fasciné par ce qu’il voit, ils s’arrêtent au stand de la Saber League et manie le sabre laser quelques minutes. Tiens le T-shirt « je peux pas j’ai sabre laser » qui coûtait 20€ vendredi est à 12€ et les 2 sont à 20€… 13h15, l’enfant veut essayer le jeu de réalité virtuelle Batman Arkham sur Playstation 4 mais la queue est immense et dissuasive. La famille continue son tour et achète un ou deux goodies, regarde des artistes dessiner et s’étonne de les entendre demander 100€ pour un dessin A3 colorié. 14h30 arrive, soit une heure avant la rencontre que voulait à tout prix voir l’adolescent. Voyant une cinquantaine de personnes agglutinée en haut des escaliers, une heure avant le début de la conférence, la famille se dit qu’elle devrait pouvoir assister à la rencontre et commence donc à faire la queue derrière ces cinquante personnes. Puis quinze minutes avant le début de la conférence (après 45 minutes de queue donc), sort un homme du troupeau disant que la conférence est déjà complète et que personne ne pourra entrer, à part peut-être une dizaine de personnes. Mais comme est-ce possible ? Personne n’est encore entrée dans la salle… ? Ce que n’a pas compris cette famille de néophytes, parce que personne n’a pris la peine de lui expliquer, c’est que les cinquante personnes qui attendent depuis une heure, sont là pour les éventuelles dix places qui resteront une fois que ceux qui sont dans la vraie file – qu’il est impossible de voir sinon en étant en haut des escaliers – seront entrés. Stupeur ! Des larmes coulent sur les joues du jeune homme ! Sa mère le console tandis que le père reste interdit : « Comment est-ce possible ? Pourquoi personne ne nous a rien dit… pourquoi n’y avait-il pas un panneau qui indiquait qu’il s’agissait d’une file d’attente ou que la conférence était complète ? Cela aurait évité de perdre une heure. » Vous pouvez aisément imaginer la déception de l’enfant et de la famille. Dans leur grande détresse, ils se disent qu’ils vont aller immédiatement faire la queue pour Doctor Strange, histoire de ne pas se faire avoir une deuxième fois. Aux environs de 15h40, ils rejoignent la queue, déjà bien garnie. L’enfant est anxieux, il a peur de ne pas pouvoir entrer. Tout le monde tente de le rassurer… 16h, des bénévoles chargés de la file d’attente arrivent devant eux et leur disent qu’ils ne restent qu’une place et qu’ils ne pourront pas voir le film tous les trois… Quelques insultes de frustration échappent de la bouche des parents qui s’excusent par la suite, les larmes redoublent. Les parents lui proposent d’aller voir le film tout seul tandis qu’eux l’attendront dehors. L’enfant regarde ses parents, et leur dit qu’il préfère rentrer… Il se retourne vers moi et me dit : « Je vous laisse ma place, vous m’enverrez la critique, promis ? » Bluffé, je lui demande s’il est sûr, il me dit que oui. Avant de les laisser repartir, je leur demande ce qu’ils ont pensé du Comic-Con en une phrase.

© Jérémy Engler
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La mère : « Je ne pensais pas qu’il y aurait autant de monde, c’est un événement sympa mais je ne suis pas sûr d’y revenir ou alors il faudrait que les prix baissent. »

Le père : « Effectivement, sans compter le trajet depuis Reims, entre l’entrée, le repas, les deux-trois souvenirs, on en a eu pour 110-120€ et le petit n’a même pas pu voir ce qu’il voulait. C’est rageant ! On a l’impression d’avoir perdu notre temps, d’avoir payé pour rien. »

L’enfant : « Moi, je suis déçu parce que j’ai pas pu voir ce que je voulais mais c’était quand même bien grâce à tous les gens déguisés. »

Donc pour le petit, heureusement qu’il y avait les cosplayeurs qui ne font pas partie de l’organisation pour rendre ce Comic-Con inoubliable. Heureusement, tout n’est pas à jeter dans cet événement loin de là et nous vous invitons à découvrir demain notre compte-rendu plus élogieux de cette convention.

Jérémy Engler

2 pensées sur “La détresse d’une famille au Comic-Con le dimanche après-midi !

  • 24 octobre 2016 à 21 h 07 min
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    « La famille continue son tour et achète un ou deux goodies, regarde des artistes dessiner et s’étonne de les entendre demander 100€ pour un dessin A3 colorié. »

    Oui en effet c’est vraiment étonnant que quelqu’un demande à être payé pour son travail.

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    • 25 octobre 2016 à 7 h 37 min
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      Je pense que la famille s’étonnait surtout du prix plutôt que du principe de rémunération. D’autant qu’ils m’ont confié qu’ils avaient été dans des festivals de BD où l’entrée était certes payante mais où les artistes dessinaient gratuitement et faisaient des dessins en guise de dédicace. C’est la comparaison entre les deux qui les a étonnés.

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