Dialogue avec la Fondation Bullukian au Musée des Beaux Arts de Lyon, un joli clin d’œil

Du 8 octobre au 10 novembre 2014, le Musée des Beaux-Arts de Lyon consacre l’une de ses salles aux œuvres de la Fondation Bullukian. Dix-sept œuvres modernes et contemporaines sont ainsi exposées au sein de la petite salle 200.

Un ensemble assez homogène…

Pour la première fois, le Musée des Beaux-Arts de Lyon et la Fondation Bullukian oeuvrent ensemble : leurs collections se répondent. Dix-sept œuvres ainsi issues de la fondation sont exposées durant un mois au musée lyonnais. Parmi ces œuvres, les créations des rhônalpins paraissent plus banales : les paysages de Jean Couty, la Fuite plus glauque et plus désordonnée de Max Schoendorff, et les couleurs édulcorées de Jacques Truphémus ne séduisent pas l’œil des spectateurs. La vision d’André Cottavoz se distingue néanmoins des autres, par ses couleurs vives et son travail de la matière, tentante au toucher.

…mais une nouvelle génération plus séduisante

Linda Sanchez, Chronographie d'une robe de goutte d'eau (détail), 2014 © Fondation Bullukian
Linda Sanchez, Chronographie d’une robe de goutte d’eau (détail), 2014 © Fondation Bullukian

Néanmoins, les artistes plus récents tel que Jérémy Gobé et Linda Sanchez méritent davantage d’attention. La Chronographie d’une robe de goutte d’eau de Linda Sanchez, déjà poétique par son titre, s’étale sur 8 mètres, soit tout un pan de mur. Des traits fins, en noir et blanc, dessinent sous nos yeux une sorte de carte géographique, ouvrant le spectateur à l’aventure. Cette jeune artiste a remporté le prix Bullukian, comprenant non seulement une aide financière, mais également la possibilité de travailler dans un atelier lyonnais, la production d’un catalogue ainsi que l’organisation d’une exposition de ses œuvres à la Fondation Bullukian (« Incidents de surface », exposition présentée du 10 octobre au 27 décembre 2014). Jérémy Gobé, né en 1986, fournit également un travail intéressant. Premier prix Bullukian, sa réflexion porte sur un sujet plus réaliste avec le travail, le geste répété, les usines et leurs ouvriers. Aboutissant à un travail tout aussi graphique que Linda Sanchez, ses traits sont beaucoup plus mécaniques, moins hasardeux.

Un futur prometteur

Napoléon Bullukian et sa compagne, parmi leur collection de tableaux ©Archives photographiques du Progrès, Lyon
Napoléon Bullukian et sa compagne, parmi leur collection de tableaux © Archives photographiques du Progrès, Lyon

La muséographie, même dans un aussi petit espace est bien pensée, faisant la coupure entre générations. La jeune génération et les artistes actuels sont exposés dans le couloir menant aux collections permanentes, faisant le lien entre les œuvres, entre les lauréats de la fondation et les chefs d’œuvres du musée lyonnais. Un bel hommage rendu par le musée, quand on sait le soutien de Napoléon Bullukian (1905-1984) aux Beaux-Arts de Lyon. Cette exposition, c’est un moyen de commémorer le 30ème anniversaire de la disparition du grand mécène, mais également un moyen de remercier la Fondation pour son soutien dans l’édition du nouveau guide des collections du MBA de Lyon. Mais c’est aussi un formidable moyen pour les visiteurs de découvrir de jeunes talents, très prometteurs.

Alice

2 pensées sur “Dialogue avec la Fondation Bullukian au Musée des Beaux Arts de Lyon, un joli clin d’œil

  • 25 octobre 2014 à 17 h 45 min
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    Une petite mais belle expo que je suis contente d’avoir vue 🙂
    J’ai trouvé certaines études graphiques plutôt poétiques.
    Elle m’a permis aussi de redécouvrir le musée des beaux arts !
    Merci!!!

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