Un discours retentissant contre la peine de mort

Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo est mis en scène et interprété par Olivier Brun, à l’Espace 44 du 15 au 20 janvier. Ce roman marque le plus grand combat de Victor-Hugo, celui contre la peine de mort. Il a été adapté au cinéma, en 1985, par Jean-Michel Mongrédien et à l’opéra par David Alagna en 2007. L’intérêt de ce roman perdure et ne fait que grandir. La peine de mort n’est plus légale en France, mais sa légitimité n’est-elle pas questionnée lors de chaque attentat, de chaque fusillade, de chaque crime contre des enfants ?

La peine de mort : « un meurtre judiciaire »

« Eh bien, songez-y, qu’est-ce que la peine de mort ? La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie.Partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine ; partout où la peine de mort est rare, la civilisation règne.». Le roman de Victor Hugo est un plaidoyer contre la peine de mort, qui sera abolie 163 ans plus-tard. La peine de mort est un crime que la société se permet de commettre de sang-froid. Quel légitimité pour un crime qui condamne un crime ?

Un grand cube blanc trônera sur la scène , tout au long de la pièce : la cellule du prisonnier. Mais qui est-ce donc ce prisonnier ? Quel est son crime ? Nous n’aurons aucunes de ces réponses.. Nous savons cependant que cet homme mystérieusement condamné est le père d’une petite fille de 3 ans, en fait nous savons plutôt qu’il a été le père de cette fillette. Car comment rester un père en prison ? Comment rester un père quand l’heure de la guillotine approche ?

L’inhumanité de la peine de mort et de l’attente de cette mort est marquante dans la pièce. Le prisonnier seul, la plupart du temps, dans sa cellule angoisse, supplie et s’effondre sachant l’heure de sa mort se rapprocher de plus en plus à chaque seconde.

La peine de mort a pour but la protection de la société, mais ce but doit-il être atteint par un crime, par un meurtre, par l’anéantissement psychique puis physique de l’individu ? Tout en dénonçant la monstruosité de la peine de mort, Victor-Hugo pose ainsi la question du sens de la peine. Quel sens y a-t-il à punir un homme ? Quel sens y a-t-il à mettre un homme seul dans une cellule ?

« Transmettre l’humanité du verbe par le jeu »

Par cette volonté, d’humaniser le monde une difficulté demeure celle d’émouvoir le spectateur.Victor-Hugo nous saisi et nous nous identifions malgré nous à un prisonnier dont nous ne savons ni le nom, ni le crime, ni même le sexe. Le roman, même s’il propose une lecture simple et courte est d’une richesse d’écriture remarquable. C’est grâce à cette écriture et à de nombreuses descriptions que Victor-Hugo nous bouleverse. Le roman est écrit à la première personne, mais il n’est pas si simple de l’interpréter en pièce de théâtre…

La pièce malgré une certaine froideur nous expose le combat d’un homme qui s’est battu toute sa vie contre la plus grande des barbaries humaines.

Léonie Schroeder

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