Displaced Women, un spectacle brouillon et peu percutant

Dans le cadre du festival Sens Interdits, les 24 et 25 octobre se jouait Displaced Women de Svetlana Alexievitch au Théâtre de la Renaissance. Ce spectacle aux multiples origines, de la Pologne à l’Allemagne, en passant par la Russie, évoquait le rôle, ou plutôt les rôles des femmes durant la seconde guerre mondiale. Retour sur un spectacle qui a hélas visé trop haut, et dont on ressort quelques peu perplexe…

Une forme brouillonne

Displaced Women, ce sont trois femmes sur le plateau, accompagnées de deux musiciens. Trois comédiennes donc, mais de nombreux rôles… Et c’est bien là le souci. Toutes les cinq minutes, les rôles changent, perdant totalement le spectateur. De surcroit, les surtitrages ne suivent absolument pas la parole des comédiennes, ce qui à pour conséquence de nous perdre davantage encore. De manière générale, le rythme est bien trop rapide, et ne laisse jamais le temps aux situations et aux histoires de s’installer. À peine croit-on avoir saisi de quoi il en retournait, que la scène s’efface pour laisser place à une autre. Coté acteurs, le jeu n’aide hélas pas non plus à comprendre. Les personnages sont bien souvent stéréotypés, et les réactions quelques peu agaçantes. Scénographiquement parlant, l’utilisation de pan de vidéos est déjà vu et revu, et manque cruellement d’originalité, et en plus sans guère d’utilité ici. En somme, l’ensemble de la mise en scène reste très brouillon et peu intéressant.

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© Heiko Shäfer

Et un fond qui l’est tout autant…

Si la forme ne convainc donc pas, le fond ne l’est guère plus. Si la volonté est de montrer une, ou plutôt d’autres visions de la guerre, au final, la singularité l’emporte, et le spectateur n’a alors qu’un seul et unique point de vue pseudo-révolutionnaire, celui de la metteure en scène. Quel dommage ! car si l’idée de base est plus qu’intéressante, et aurait en effet été enrichissante, la multitude de points de vue, absolument pas développée, n’offre alors qu’un survol de la question. On s’ennuie alors et on ne comprend absolument pas quel est l’enjeu.

Displaced Women nous déçoit donc, que ce soit par sa forme ou son fond, et, à l’inverse d’autres pièces du festival qui se révèlent être très enrichissantes, comme Hate radio, on ne ressort guère enrichi de cette expérience théâtrale. Dommage, car l’idée défendue par la troupe est très loin d’être bête, et on aurait aimé voir sur scène les questions évoquées dans la description du spectacle. Mais là est toute la beauté de ce festival, alors tentez, et même si le spectacle n’est pas parfait, il permettra au moins de découvrir le théâtre étranger. Alors courrez dans les salles découvrir le reste de la programmation !

Marie-Lou Monnot

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