Doctor Strange, quand tout devient étrange !

Le 26 octobre 2016, sort sur nos écrans Doctor Strange, le premier long métrage des Studios Marvel sur les arts mystiques. Après avoir introduit les Gardiens de la galaxie en 2014, Ant-Man en 2015, dans la phase 2 des films Marvel, Black Panther en 2016 dans le premier film de la phase 3, Captain America : Civil War, avant son film solo en 2018, c’est au tour de Stephen Strange, alias Doctor Strange d’être mis en lumière dans une origin stroy réalisée par Scott Derrickson.

Qui est Docteur Strange ?

230016-jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxxSi Warner Bros. a dû mal à trouver un ton juste pour ses films sur l’univers DC, Marvel Studios n’a pas ce problème. À la différence des deux derniers nés de son rival, Suicide Squad ou Batman VS Superman, l’aube de la justice, Marvel prend le temps de présenter ses personnages et ses intrigues. Ainsi, dans Captain America : Civil War, le personnage de Black Panther est réellement introduit, il n’a pas droit à quelques minutes de flashback pour être présenté. Il s’inscrit dans son époque et est présenté à travers les événements qu’il vit à l’heure actuelle. Le personnage de Doctor Strange bénéficie lui aussi de temps pour devenir le personnage qu’il doit être. Si Marvel introduit ces personnages moins connus du grand public – avant la sortie des films – qu’Iron Man, Thor, Hulk ou Captain America, c’est parce que le studio a une vision à long terme. Ant-Man, Black Panther, les gardiens de la galaxie et maintenant Doctor Strange font tous partie d’un tableau bien plus grand, celui du film Avengers : Infinity War. Afin de laisser le temps au public de s’attacher à chaque personnage, plusieurs d’entre eux bénéficient d’un film solo avant d’intégrer l’équipe des supers héros d’Avengers : Infinity War, ainsi ce film pourra se consacrer à son intrigue et non à la présentation des héros…

Il faut bien deux heures pour nous présenter le neurochirurgien Stephen Strange, un génie égocentrique, ressemblant quelque peu à Tony Stark ou à Sherlock Holmes qu’il a interprété, tout comme son compère Robert Downey Junior. Ce génie voit sa vie basculer le jour où il perd l’usage de ses mains et ne peut plus opérer. Désespéré, il se tourne vers Katmar-Kaj, un lieu qui devrait lui permettre de recouvrer l’usage de ses membres. C’est une fois dans ce temple qu’il apprend l’existence des arts mystiques qu’il doit apprendre à maitriser s’il veut de nouveau se servir de ses mains.

Inspirée du premier Comics basé uniquement sur Doctor Strange, publié en 1968, Doctor Strange : master of the mystic arts, le film reprend la même trame narrative et fait de Dormammu, le grand méchant du film. Si Kaecilius, l’autre méchant du film, tire sa force de Dormammu, il n’apparaît pas dans ce récit d’origine. L’autre véritable modification est le rôle de l’Ancien tenu par une femme, Tilda Swindon qui confirme la volonté de Marvel de donner plus d’importance aux femmes dans ses productions. Fidèle au Comics d’origine, comme l’était le film d’animation de 2007 – sauf pour la fin qui est plutôt savamment agencée – ce film saura satisfaire les fans des comics qui n’auront pas besoin de voir la deuxième scène post-générique pour savoir qui sera le vilain du prochain opus centré sur ce personnage…

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« Strange », vous avez dit « strange » ?

Qui dit « Doctor Strange » dit « étrange », qui dit étrange, dit effets spéciaux. Le film en est peuplé. Une fois éveillé aux arts mystiques, Stephen Strange se met à ouvrir des portails dimensionnels pour passer d’un lieu à un autre, à créer des boucliers ou des armes et à lancer des sorts. Quand on regarde le générique de fin, on constate qu’il a fallu un nombre assez important d’électriciens sur le film tant les effets visuels sont conséquents et complexes. Les effets spéciaux ne se résument évidemment pas à de simples projections lumineuses mais concernent également la distorsion de l’espace. La scène lors de laquelle Stephen Strange découvre le monde mystique est visuellement magnifique. Entièrement faite d’effets spéciaux, elle offre au personnage un voyage psychédélique bluffant qui le fait totalement adhérer aux arts mystiques, et qui fonctionne tout aussi bien sur le public.

Quand on parle de distorsion d’espace dans le monde réel, on pense souvent à Inception de Christopher Nolan et à la scène ou Paris est déformée. En regardant le film de Marvel Studios, on se dit que le réalisateur britannique manquait d’imagination. Dès le début du film, une rue complète est déformée puis plus loin dans le film, c’est la ville de New York qui est totalement distordue lors d’une course poursuite qui fera date. Les comédiens ont dû beaucoup s’amuser à tourner cette scène.

Sans être mauvais, Benedict Cumberbatch n’est pas non plus transcendant, on retiendra beaucoup plus les effets spéciaux impressionnants et les multiples ralentis pour la 3D que sa performance assez neutre finalement. Assez paradoxalement, le moment où il semble incarner le mieux le personnage de Doctor Strange est lors de la première scène post-générique, nous laissant entrevoir une prochaine apparition vraiment prometteuse.

Pour une origin story, ce film est vraiment très bien. Il présente bien le personnage et les arts mystiques et visuellement il est très bien fait. Vivement la prochaine apparition de Doctor Strange à l’écran, et pourquoi pas dès 2017 ?

Jérémy Engler

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