Edens Zero tome 1 et 2, un Fairy Tail interstellaire

Invité du Festival de la BD d’Angoulême 2018 pour recevoir un Fauve d’honneur pour marquer la fin d’une ère et le début d’une autre, Hiro Mashima est une des attractions de cette fin d’année 2018. Entre la parution du dernier tome de Fairy Tail, la reprise de l’animé du même nom pour sa dernière saison et la sortie de son nouvel opus, Edens Zero, son nom est sur toutes les lèvres.

Du fan service

Hiro Mashima est un auteur qui s’auto-cite régulièrement dans ses œuvres, tant par le dessin que dans par personnages voire même par le texte. Le personnage de Plue, présent dans le one-shot Plue, dans Rave et Fairy Tail est de retour dans Edens Zero. S’il a un autre rôle, encore plus secondaire, sa présence est plus qu’un clin d’œil. Évidemment, les références à Fairy Tail ne manquent pas: Happy, est un des personnages principaux, c’est un Exxid (à ne pas confondre avec un Exceed, même si ça reste un chat bleu), il y a une guilde où se réunissent des gens pour trouver des missions et partir à l’aventure, Reby, Troy et Jet font même une apparition furtive, le temps d’une case. Le manga prend même le temps de s’auto-citer, Shiki disant qu’il pensait qu’une guilde était un lieu qui regroupaient des amis, ce que Rebecca dément en expliquant que ça n’a rien à voir avec un vieux manga qui parlait de ça en effet, le vieux manga en question étant évidemment Fairy Tail.

Au-delà de ces références explicites, les personnages ont des traits plus que communs avec ceux de Rave ou Fairy Tail. Shiki est clairement le cousin éloigné de Natsu et Haru, tandis que Rebecca, sa partenaire d’aventure est celle de Lucy et Ellie , Raviria, la peste concurrente de Rebecca, ressemble à s’y méprendre à Wendy (son nom fait clairement référence à Rave) et que dire de Erzy qui sans ses traits de visage un peu plus fins, serait le sosie d’Erza (toute ressemblance dénominative n’est évidemment pas un hasard)… Bref, la liste est longue… Si on comprend bien le clin d’œil fait aux fans qui retrouvent les références aux précédentes œuvres qu’ils ont aimées, c’est dommage que son dessin n’évolue pas plus ou qu’il reprenne à l’identique certains personnages.
En plus des personnages, on retrouve tout ce qu’on aime dans le style du mangaka, son souci du détail pour décrire les villes et les arrière-plans et évidemment son talent pour raconter une histoire pleine d’humour, riche en rebondissements, d’affrontements, de mondes hauts en couleur et de quêtes !

Une aventure interstellaire

Si Eiichiro Oda fait voyager ses personnages dans Sunny sur Grand Line pour passer d’un monde loufoque à un autre, dans One Piece, Hiro Mashima leur fait utiliser un vaisseau spatial, rendant les différences entre chaque monde un peu plus cohérentes, s’agissant de planètes totalement indépendantes les unes des autres.
Comme dans Fairy Tail, la valeur de l’amitié est centrale dans cette œuvre puisque le petit Shiki qui vit sur une planète habitée exclusivement de robots a reçu pour consigne de toujours les chérir et d’essayer de se faire un maximum d’amis, c’est ainsi qu’il se lie facilement avec Rebecca et Happy qui seront son billet pour quitter sa planète et visiter l’espace !
Shiki rejoint donc une guilde pour vivre des aventures que Rebecca pourra filmer et publier sur son B-Cube (le You Tube du futur). Leur objectif est de parcourir l’espace pour rencontrer Mother, une entité cosmique vivant en dehors du cosmos et grande comme plusieurs planètes, que personne n’a jamais rencontrée.
Parce qu’une œuvre d’Hiro Mashima sans magie ne serait pas complète, certains personnages ont la possibilité de manipuler une forme de magie ancienne à partir de l’ether du corps humain. Cette magie fait de Shiki un être tout à fait remarquable et capable d’aider ses amis. Etant l’héritier du Roi Démon, il reçoit le navire de son grand-père adoptif appelé « Edens Zero », qui donne son nom au manga et sera leur vaisseau de conquête.
Les premières aventures que vivent les protagonistes nous tiennent en haleine et les mettent sur les traces du Roi Démon, à la manière d’un Luffy qui suit les pas de Gol D. Roger. A l’instar du Chapeau de Paille, Shiki doit recomposer l’équipage d’origine de l’Edens Zero avant d’entreprendre son voyage par-delà le cosmos. Les aventures s’annoncent épiques et le temps risque de jouer un rôle important, puisqu’il n’est pas fixe, dans cette quête de Mother et de l’origine de Shiki, ce garçon né hors du Cosmos Sakura…

Si on est loin d’Albator – encore qu’Erzy semble être sa petite fille – malgré l’abondance du fan service, cette aventure spatiale est prometteuse, Hiro Mashima devrait être capable de nous concocter un très bon Shônen dans la lignée de Rave et Fairy Tail, à condition de lui donner une identité propre et affranchie de ses précédents opus.

Jérémy Engler

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