Êtes-vous atteint de la maladie de la valeur ?

Venez découvrir Max Dorra, médecin et intellectuel français, et son livre Angoisse le double secret (édité chez Max Milo) : il sera présent au festival des Assises Internationales du Roman se déroulant du 29 mai au 4 juin 2017 ! Il assistera à un entretien avec Valter Hugo Mae, animé par Julie Clarini, sur le thème « Les vertiges de l’angoisse » le 30 mai de 21h à 22h30 – Les Subsistances 8 bis, quai Saint Vincent 69001 Lyon.

L’angoisse définie comme une valeur : un chamboulement passionnant

Max Dorra est un médecin et intellectuel français, membre du comité de la revue de psychanalyse Chimères. Il compte un peu moins d’une dizaine de publications dont La qualité du silence en 1997 ou encore Lutte des rêves et interprétation des classes en 2013.

Au commencement

9782315007318Le mot « angoisse » regroupe plusieurs sens et définitions, relégué au rang de symptômes en partie lié au corps médical. Au début de son étude sur la psychanalyse, Freud voit l’angoisse comme un concept métapsychologique. Avec le temps son point de vue s’affine et la conclusion s’impose : Ce « mal » est « la manifestation clinique signal d’un conflit intrapsychique ». Bon nombre d’entre nous pensent que Freud détient le monopole de la définition de l’angoisse, mais nous sommes dans l’erreur. Bien avant le corps médical, les philosophes se sont penchés sur le sujet : l’étrangeté de la réflexion philosophique, sans doute…

Max Dorra, avec son livre, nous rappelle à l’ordre et remet les choses en place. Pour les philosophes du passé, les raison de l’angoisse sont un questionnement et pour l’auteur la source d’une notion de valeur. Au détour des pages, nous plongeons dans le monde des grands philosophes, de la mémoire dissimulée, de l’inavouable pour arriver à l’angoisse reconnue et acceptée.

Une simple phrase, et tout nous semble dépeuplé : L’angoisse nous saisit

Une bonne partie du livre s’applique à nous expliquer au travers d’écrits, de philosophes ou d’illustres membres du corps médical, les fondamentaux de la peur. Il présente une façon de penser, de réagir et nous amène tout doucement à cette affirmation : « l’angoisse est sans objet ». Mais l’auteur nous démontre aussitôt que c’est faux : la face cachée de l’angoisse « c’est un morceau d’enfance mal oublié, du passé déguisé en futur ». Max Dorra réintègre la notion d’affectif et redonne ses lettres de noblesse à la mémoire vivante ou endormie. Chacun d’entre nous possède une part d’ombre faite d’inavouable et pourtant une simple petite phrase peut faire basculer l’apparente assurance de soi dans l’antre de la peur. On se sent, d’un seul coup devenir paranoïaque et arrive l’oppressante question, prémices de l’angoisse : suis-je démasqué ? La peur du jugement de l’autre entre dans notre peau. Cette peur peut être une action individuelle mais également collective comme lors des attentats à Paris.

Dans notre société, tout se régit par des dogmes, l’argent est le sel de notre existence et la rentabilité en est le moteur. Tout a une valeur d’échange et l’humain en est la substance : il doit se vendre et donc évalué par d’autres. L’angoisse d’être catalogué, classé, stéréotypé demeure inévitable et elle se mue en faiblesse jusqu’à en devenir une tare, une infirmité. Max Dorra, après bien des questionnements, des rapprochements littéraires et médicaux, redéfinit l’angoisse : elle n’est plus dépression, délire, ou même symptôme propice à certaines autres pathologies mais « la maladie de la valeur ».

La deuxième partie du titre Le double secret précise le fait que la peur peut être individuelle, collective et la valeur un échange. L’auteur accrédite ce « double tranchant » à renfort de références littéraires.

La cause de la maladie de la valeur

Notre société cultive à souhait les différences de chacun pour mieux endormir notre propre personnalité. Nous avons juste à regarder autour de nous pour remarquer les innombrables conditionnements ancrés en nous : la religion, la couleur de peau, la sexualité, le milieu social, le lieu d’habitation, la voiture… On se contente de jouer un rôle défini par des valeurs enseignées par d’autres, une sorte de pièce de théâtre dont nous sommes les comédiens. L’assistanat dans lequel nous vivons fait de nous des humains formatés et le moindre grain de sable dans le rouage de nos vies attise notre angoisse en réveillant nos peurs. Mais avons-nous le pouvoir de recoller les morceaux cassés du miroir ? Jusqu’où doit-on aller pour libérer nos mémoires ?

Max Dorra dans la dernière partie de son livre nous livre plusieurs remèdes à cette « maladie de la valeur ». L’angoisse fait partie intégrante de notre personnalité et nous devons l’apprivoiser pour gagner l’estime de soi-même. Ne dit-on pas que « la peur n’évite pas le danger le courage non plus, mais la peur rend faible et le courage rend fort ».

Un véritable travail intérieur

La description de l’angoisse dans ce livre n’a rien de désespérant, bien au contraire ! Max Dorra nous la dévoile avec une élégance frappée de bon sens et la réhabilite aux yeux du monde entier. L’auteur nous semble totalement investi dans sa mission avec un style d’écriture des plus détonants : une multitude de pensées survoltées, parfois suspendue dans l’espace-temps. Comme si il entrait en communion avec toutes les références intellectuelles citées dans les pages de son ouvrage. Cherche-t-il l’impulsion dans sa mémoire ?

Max Dorra nous invite à une formidable traversée au sein de son monde de l’angoisse littéraire, médicale, et philosophique. Cette lecture agit comme une véritable thérapie et nous force à regarder nos peurs en face : les amadouer et apprendre à vivre avec.

Françoise Engler

Une pensée sur “Êtes-vous atteint de la maladie de la valeur ?

  • 28 mai 2017 à 12 h 21 min
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    Vous oubliez l’interprétation des rêves, et la pensée associative en général, qui constituent le cœur des solutions à l’angoisse que propose l’auteur !

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