Une exposition péruvienne dans un cadre hors du commun

Il faut aller dans les bibliothèques, pas seulement avec l’objectif de lire, mais aussi pour découvrir le grand nombre des propositions culturelles qu’on néglige souvent au vu du tas de livres qui nous invitent à rester tranquillement dans un coin.

Il n’y a pas longtemps, jusqu’en mi-avril, les visiteurs de la bibliothèque du cinquième arrondissement avaient la possibilité de voir une exposition toute petite mais très sympathique de l’artiste péruvien Abraham Portocarrero.

Les œuvres de l’artiste font le récit de son enfance

© Abraham Portocarrero
© Abraham Portocarrero

La bibliothèque Saint Jean, initialement bibliothèque municipale de Lyon, a été pensée autrefois comme demeure des évêques. On dirait que, parmi les quinze bibliothèques lyonnaises, c’est peut-être la plus belle. Située dans le palais Saint Jean, avec ses plafonds hauts, elle nous semble parfaite pour un projet d’exposition. L’esprit artistique de cet établissement ne se voit pas seulement à son architecture mais aussi au nombre de tableaux régulièrement exposés, comme ceux accrochés sur la galerie du hall d’entrée, qui rendent la lecture encore plus agréable.

Les œuvres de Portocarrero se trouvent dans une salle attenante, il s’agît notamment des gravures frappant par leur couleur et leur choix de motif. L’artiste fait presque toujours référence au sujet de la nature, c’est sans surprise qu’il s’engage en plus dans des projets de biodiversité et d’environnement pendant son temps libre.

L’œuvre de Portocarrero est vivement marquée par son enfance qu’il a passée à Lima, la capitale de Pérou. C’est une ville avec de nombreuses particularités : il y a par exemple la vieille ville qui est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO (comme celle de Lyon d’ailleurs). Selon certains, ce serait en plus la capitale gastronomique d’Amérique du Sud avec ses nombreuses spécialités de poissons et de fruits de mer.

Le cœur de cette ville, c’est son littoral. Une grande partie des familles là-bas vit de la pêche, comme celle d’Abraham Portocarrero, et ses gravures avec des poissons et des plantes aux couleurs magnifiques qui donnent envie de plonger dans ce monde maritime.

Une petite dose d’art à chacun

Même s’il est inscrit à l’école des beaux arts en spécialité gravure, l’artiste est en effet connu pour faire du street art. Sous les noms Yandy Graffer ou 3Yone, il crée des graffitis impressionnants ; il a d’ailleurs gagné le 2e prix du concours national los paredes hablan (les murs parlent).

Ce qui rend son style spécial, c’est notamment des couleurs fluorescentes, des contrastes et des contours forts faisant un peu bande dessinée.

Parmi les œuvres de l’exposition, on trouve également des objets de cultures différentes. L’un des motifs principaux, c’est la figure d’un homme d’origine péruvienne, présenté dans des contextes très différents : une fois assis sur un avion en tenant le drapeau français, une autre fois en vêtements d’été devant un sapin de Noël. Ce sont ces ensembles dépareillés mais malgré tout harmonieux qui attirent le regard des visiteurs.

Il s’agit sûrement d’un style artistique qu’on ne voit pas tous les jours, néanmoins on peut bien imaginer un graffiti de Portocarrero sur un des murs de Lyon.

© Abraham Portocarrero
© Abraham Portocarrero

Finalement il faut se rendre compte qu’on est entouré de plein de petites expositions, où que ce soit. Même si on jette juste un coup d’œil, elles nous invitent à rendre notre quotidien plus joyeux. Et pour ceux qui n’aiment pas ce genre d’expositions, il y a plein d’autres propositions, une petite dose de culture de temps en temps, cela ne fait pas mal à personne.

 

Lea Steinbinder

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