Exposition Stigmata – Jan Fabre s’expose au Musée d’art contemporain

Après l’exposition sur Yoko Ono qui s’est terminé cet été au musée d’art contemporain, ce dernier ouvre ces portes à un autre artiste-performeur : le déjanté Jan Fabre. Pour pouvez, depuis le 30 septembre et jusqu’au 15 janvier 2017 découvrir une partie du monde de cette artiste hors-normes. De la photographie au dessin, de costumes au décor, et de la performance au théâtre, plongez dans l’univers si particulier de cet artiste aux multiples facettes.

Jan Fabre, qui, que, quoi, comment ?

© Jan Fabre - Attilio Maranzano
© Jan Fabre – Attilio Maranzano

Vous avez certainement déjà entendu ce nom, au moins une fois : Jan Fabre. Mais quant à ce qui suivait derrière ce nom… là, les différences doivent commencer à émerger. Parce que ce monsieur ne se limite pas à un domaine. Certains connaissent peut-être plus son talent de chorégraphe-metteur en scène. Peut-être même que certains d’entre vous ont pu assister à la représentation de C’était du théâtre comme c’était à espérer et à prévoir il y’a de cela trois ans à la biennale de la danse. Une représentation d’une durée de 12h sans entracte : une expérience pour le comédien comme pour le spectateur. Certains d’entre vous le connaissent peut-être comme maître de la performance, en solo ou à deux, comme avec Marina Abramovic, autre artiste du genre. D’autres enfin connaissent peut-être plus ses croquis, dessins ou sculptures. D’autres enfin connaissent peut-être ses déboires avec la justice et certains débordements, comme il l’explique lui-même : « La police m’a arrêté, [..]. Ils voyaient bien que je n’étais ni ivre ni stone. Ils ont même voulu me conduire au service psychiatrique de l’hôpital. » Que vous soyez ou non ces quatre personnes réunies en une seule, l’exposition Stigmata de Jan Fabre retrace tout cela. Plus centrée sur ses œuvres de jeunesse, on trouve aussi en fin de parcours des œuvres plus récentes. Mais créer une exposition sur des performances, n’est-ce pas paradoxal ? Ces performances ne sont-elles pas par définition, œuvres d’un moment ? La présentation de l’exposition nous enlève rapidement ce doute. L’ensemble fonctionne d’ailleurs très bien pour les mettre en avant : citations aux murs, tables qui montrent le processus de travail… Bref, tout est mis en place pour qu’on comprenne et voie, pour la première fois, ce qui entoure les performances, comment elles sont conçues et préparées.

Ballade dans la tête de Fabre

© Jan Fabre
© Jan Fabre

Quand on arrive au troisième étage du musée, l’ensemble de l’exposition nous apparait alors. Une suite de tables avec plateau de verres s’offre à nous, avec, entre, des mannequins portant des costumes divers et variés. Sur les côtés, des dizaines d’écrans sont là, présentant chacun une vidéo différente : performances, extrait de spectacles… Sur tous les murs de la pièce, s’enchaînent photo grand format, citations de Jan Fabre, et dessins en tous genres. On avance alors doucement, on se faufile entre les tables. Celles-ci sont recouvertes de multitudes d’objets. On s’attarde sur quelques dessins, où le quotidien est utilisé, comme sujet ou technique. On trouve des dessins réalisés au rouge à lèvres sur des billets de 1$ par exemple. Beaucoup de dessins sont réalisés au style Bic, comme d’ailleurs un costume présenté au début de la pièce. Puis, après avoir souri devant ses photos encore une fois issues du quotidien (lui en train de boire du thé par exemple), on se dirige cette fois vers les nombreuses captations de performances. Quelques-unes restent très théâtrales, comme celle où on le voit danser, ou s’amuser avec des oreilles de cochon. Mais la plupart sont malgré tout centrées sur le travail du corps. Si tout n’a pas le même impact direct au physique, toutes en testent les limites. Du simple rasage de crâne en direct jusqu’au blocage de son souffle, Fabre veut expérimenter. Quitte à se faire souffrir : une de ses expériences avait comme finalité de se poncer littéralement, comme une table, les mollets (la souffrance physique est en effet plus que présente dans son travail, et si tester et voir les limites du corps est en effet un sujet intéressant, le mal-être est bien souvent de la partie aussi du côté des spectateurs). Il a dit à propos de cela : « Faire souffrir mon corps, faire ressusciter mon corps afin de pouvoir, à travers ce processus de mort et de renaissance, détacher mon corps de la réalité et en faire don à l’art. ». On adore et on déteste à la fois, mais dans tous les cas, on reconnait l’importance de son travail. Et découvrir en détail celui-ci, sous une très bonne présentation de surcroit, est plus que passionnant.

L’exposition Jan Fabre est donc extrêmement bien conçue, connaisseur ou non, on comprend beaucoup sur l’œuvre de cet artiste un peu spécial. À découvrir au plus vite ! Et pourquoi ne pas faire un tour dans les autres salles d’expositions ? En parallèle de Stigmata, pour pouvez en effet découvrir Wall drawings, icones urbaines, et Le bonheur de deviner peu à peu. Jusqu’au 15 janvier 2017 au musée d’art contemporain !

Marie-Lou Monnot

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