Extrêmement fort et incroyablement près : un roman pas comme les autres, pas étonnant que ce soit le coup de cœur de Richard

Si les OVNI existent en littérature, Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer doit en être un. Paru en 2005, ce livre est à la fois poignant et surprenant, voire déstabilisant. Humour et tendresse se mêlent dans ce roman, de ceux que vous n’oublierez pas.

Vivre après la perte d’un père

Extrêmement fort et incroyablement près raconte à la première personne l’histoire d’un petit garçon, Oskar Schell. Oskar n’a que 9 ans, mais il est, entre autres, inventeur, francophile, percussionniste, collectionneur de papillons morts de mort naturelle, astronome amateur, archéologue amateur, pacifiste…
Ce que sa carte de visite ne dit pas, c’est qu’il a perdu son père dans les attentats du 11 septembre 2001. Tout le roman, à l’image de la vie du petit garçon, est hanté par cette perte et le vide laissé par cette absence. Traumatisé, Oskar passe son temps à inventer des choses – se comparant lui-même aux castors qui ne peuvent pas s’empêcher de construire des barrages – pour garder en vie ses proches, comme des filets de sécurité entre les gratte-ciels. Ou encore, quelque chose qui permettrait d’entendre les battements de cœur des gens à chaque instant. Son imagination est débordante, trop débordante. Son traumatisme se lit ainsi lorsqu’il a peur de prendre les transports en commun, lorsqu’il refuse de monter trop haut dans les étages des immeubles, ou lorsqu’il sort de chez lui en emportant des comprimés d’iode.
Vous l’aurez compris, l’histoire d’Oskar est une histoire émouvante. Elle est triste mais ne tombe jamais dans le pathos, n’ayant pas besoin de ça pour toucher. De plus, elle est aussi parfois, et même souvent, très drôle, Oskar surdoué ne manquant pas d’esprit.

Une énigme insoluble ?

Un an après la mort de son père, la vie d’Oskar est à nouveau bouleversée lorsqu’il découvre par hasard, au fond d’un vase, une clé, dans une enveloppe avec pour seule inscription « Black ». Aussitôt, cette clé rappelle au garçon les chasses au trésor qu’il faisait avec son père. Il se lance alors dans une quête insensée, absurde, mais pleine d’espoir : parcourir New York, aller voir tous les Black, pour trouver le verrou qu’ouvre cette clé. Qu’importe si cette quête est impossible : elle lui permet d’être à nouveau proche de son père.
Les rencontres s’enchaînent, les portraits se succèdent : un vieil homme qui vit reclus chez lui, un couple qui divorce, une dame qui n’a pas quitté l’Empire State Building depuis des années… Dans sa quête, Oskar se montre parfois irritant, agaçant. Mais il reste extrêmement et incroyablement attachant.

Certains trouveront peut-être simpliste la façon dont tout cela est raconté. Mais l’auteur n’aurait pas pu mieux nous donner l’impression d’être en train de lire des phrases écrites par un enfant. Même si parfois, des réflexions n’ont rien d’enfantines : « Tout ce qui naît doit mourir, ce qui veut dire que nos vies sont comme des gratte-ciels. La fumée s’élève à différentes vitesses, mais ils sont tous en feu, et nous somme tous pris au piège ».
Le récit d’Oskar est régulièrement interrompu par des lettres écrites par sa grand-mère et son grand-père, dont l’histoire contrariée constitue une sorte d’intrigue secondaire, qui introduit certaines lenteurs dans le rythme, et qui nous perd souvent. Mais tout s’explique progressivement, c’est l’essentiel.

Un livre plein de surprises

Extrêmement fort et incroyablement près est inhabituel, il suffit de le feuilleter pour s’en apercevoir. Tout au long du livre sont intégrées des photos : un chat, deux tortues, New York, des poignées de portes, un corps qui tombe dans le vide… Outre ces photos, un passage où des mots et des lettres sont entourés en rouge, sans logique apparente. Autre exemple pour vous donner un aperçu d’un livre peu commun : à un certain moment, le texte devient si dense qu’il en est illisible, et ce sur trois pages. Non, vous n’oublierez sans doute pas un livre pareil.

En 2011, Extrêmement fort et incroyablement près a été adapté au cinéma, avec Tom Hanks dans le rôle du père disparu et Thomas Horn dans le rôle d’Oskar.

Richard

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