Festival du film Court de Villeurbanne Programme 2 et 3, à la vie à la mort, et à l’amour en courts !

N’ayez pas peur, les courts ne sont pas des ébauches de films. Laissez-vous tenter, en vingt minutes, vous serez comblé. Et n’ayez crainte, si ce n’est pas le cas, une autre histoire arrive ensuite ! Les programmes 2 et 3 sont pleins de surprises, vous trouvez forcément chaussure à votre pied. Un petit aperçu ?

Programme 2 – Amour(s), avec, ou sans…

Ce programme 2 est riche en émotion ! Cinq films, cinq histoires, avec un fil d’Ariane : un couple, leurs histoires, leurs rencontres, des amitiés, passées ou présentes…
Le programme débute avec Stella Maris, qui retrace une fête dans un village italien, ou cinq prisonniers ont été choisis pour nager dans l’eau glaciale afin de rejoindre la Madone qui arrive au loin. L’enjeu ? La grâce. Le second s’intitule Le verrou, et nous montre deux personnalités face à un tableau un peu particulier. L’imagination va alors prendre le dessus… Dans le troisième, Avis aux intéressés : un couple père-fils, le plus jeune étant atteint d’une maladie, peut-être l’autisme. Mais comment gérer la vie de son fils quand on approche soi-même de la mort ? Safari est le quatrième film en compétition. Ici, un jeune, seul fait face à un lycée qui ne le comprend pas, plus. Cette sélection se clôt sur Shadow, l’histoire d’un marionnettiste de l’ombre qui rencontre une femme, tout droit sortie de la lumière.

Stella Maris de Giacomo Abbruzzese
Stella Maris de Giacomo Abbruzzese

Des cinq, c’est clairement le premier qui fait le plus d’effet. Stella Maris est d’une justesse incroyable, aussi bien coté acteur que coté réalisation. L’histoire s’installe progressivement, tout ne nous est pas dit, mais l’essentiel est là, on se laisse voyager dans cette contrée aux mœurs étranges. La musique rock vient en plus sublimer le tout. Bref, un très bon court ! Les autres sont, sans être mauvais, loin de là, un peu décevants en comparaison. L’originalité du premier est tel, qu’on est forcément un peu déçu par Safari, qui a pour sujet les massacres d’étudiants aux États-Unis. Rien de vraiment nouveau n’est apporté à ce thème déjà beaucoup étudié, notamment avec Éléphant ou We Need to talk about Kevin. Néanmoins, il faut reconnaître que ce court est visuellement parfait, et que l’histoire est construite avec un style particulier plutôt agréable à découvrir.
Tout comme Stella Marris nous touche, Avis aux intéressés a lui aussi sa part d’émotion. On ne peut rester insensible à la souffrance de ce père, qui après tant d’années, n’a simplement plus la force de se battre pour aider son fils, pour se sauver lui même de ce gouffre sans fond. Mais on reste sur notre fin, il aurait peut-être manqué un petit quelque chose pour qu’on soit totalement conquis.

Avis aux intéressés de Cédric Romain
Avis aux intéressés de Cédric Romain

Enfin, Le verrou et Shadow proposent une très bonne idée de base, un bon scénario et une belle écriture. Malheureusement, et à l’inverse du premier film, ces deux courts manquent clairement de poésie. Le premier est gâché par un montage pas toujours clair, et par des acteurs pas forcément crédibles. Le second, lui, a recours à des artifices gores, et on s’en serait clairement passé, tout comme les effets spéciaux, qui ne sont pas toujours parfaits. En somme, deux courts avec un réel potentiel, même si encore un peu faibles sur le plan photographique.

Vous pourrez retrouver ce programme le mercredi 19 novembre à 20h30 au cinéma le Zola.

Programme 3 – Des rencontres improbables

Un programme sous le signe de la rencontre ! Ici, tous nos protagonistes vont être confrontés, dans un quotidien alors bien installé, à une situation qui les dépasse, les surprend, mais qui va aussi parfois les séduire, pour mieux nous séduire à notre tour.
Le premier film en compétition est Io no ti conosco, l’histoire a priori banal d’un homme qui souhaite offrir un bouquet de fleurs à sa femme, simplement pour le plaisir… Mais un bouquet révèle parfois des choses bien étranges… Avec Vos violences, nous retrouvons un homme balancé entre son statut d’avocat et celui de père à la suite d’un vol commis contre sa fille. Le troisième film, Ojcze masz, invite le spectateur à la rencontre entre un punk et un enfant suite à la perte de sa mère. Comment cette histoire va t-elle alors se construire ? Puis, Vous êtes très jolie mademoiselle, filme la rencontre entre une jeune conductrice et un SDF qui ne manque pas de personnalité. En clôture, Poisson vous baladera dans les montagnes, en compagnie d’une mère et ses fils, et d’un fantôme qui demande à faire surface…

Io no ti conosco de Stefano Accorsi
Io no ti conosco de Stefano Accorsi

Tout comme dans le programme 2, là aussi c’est le premier court qui sort du lot. Dans Io no ti conosco, tout est fondé sur une simplicité apparente, même si, dans la réalisation comme dans la fiction, ce n’est pas le cas. Chaque plan à été visuellement très recherché, la photographie est magnifique. La rencontre entre le mari et le fleuriste est touchante, pleine de complicité. On se laisse porter, et c’est une petite douceur, qui se révélera pimentée, mais ça, on vous laisse le découvrir.
Et c’est malheureusement bien tout l’inverse dans Ojcze masz. Le plus long des courts présentés ici (35 minutes) est décevant. On ne croit pas à cette histoire, et on ne voit pas où elle veut nous emmener. Dommage ! Idem pour Poisson, l’intérêt et le but recherché n’est pas visible. Malheureusement, et à l’inverse du programme 2 où la réalisation laissait à désirer, mais où le scénario sauvait la mise ; rien ne rattrape ces deux là, malgré une bonne volonté évidente.
Vous êtes très jolie mademoiselle n’a ni la simplicité, ni la profondeur du premier, mais on est malgré tout séduit par ce court, relativement charmant. Néanmoins, un peu trop de clichés, la blonde en mini-cooper qui tombe amoureuse de la bête, déjà-vu. Peut-être aurait-il fallu un petit quelque chose pour avoir une profondeur, un point de vue en donnant une image nouvelle de ces gens de la rue auxquels on ne prête pas souvent attention. Le film reste superficiel, alors qu’il avait clairement le potentiel pour aller plus loin, au-delà de cette surface un peu trop lisse. Un court qui reste toutefois agréable.
Vos violences n’est pas à laisser de coté, c’est une jolie surprise. Tout en intériorité, comme dans Io no ti conosco, il dévoile le visage d’un père derrière le masque de l’avocat. Qui prendra le dessus, quelle innocente choisir ? Des questions intéressantes qui dévoile un très bon court, tellement qu’on aurait eu envie qu’il soit un peu plus long.

Un programme 3 en demi-teinte, mais avec son lot de bonnes surprises qui mérite amplement le déplacement. Pour le découvrir, rendez-vous le jeudi 20 novembre à 14h30, toujours au cinéma le Zola à Villeurbanne.

Ne manquez pas aujourd’hui dès 14h30, les programmes 1 et 2 d’images virtuelles et le programme 5 et 6 de la compétition des courts européens, pour plus d’informations sur le programme, cliquez ici.

Marie-Lou Monnot

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