Festival du film court de Villeurbanne – Programme les yeux fermés, Gardez les yeux bien ouverts !

Six films en compétition pour ce programme tout en originalité. Dans sa forme tout d’abord, avec un mélange entre animations et fictions. Mais aussi dans la façon dont ce programme à été construit. En effet, sur un ensemble de dix courts-métrages proposés, six on été choisis par le public lui-même quelques jours avant la projection. Et le choix a été plus que fructueux…

Malheureusement une seule diffusion pour cet ensemble de courts. Mais ne vous en faites pas, si vous l’avez ratée, nombre de ces films sont disponibles en ligne, alors cliquez vite !

Des courts animés

Sur les six films présentés, trois utilisent l’animation. Le film arrivé premier des votes fait d’ailleurs partie de cette catégorie. Peu présent dans la compétition européenne, ces trois courts nous offrent des moments un peu à part, très agréable, entre rires et larmes.
La sélection s’ouvre sur Au poil. Après le départ de sa petite-amie, un homme décide d’acheter un animal de compagnie. Rien de plus basique jusque là. Mais l’histoire nous surprend lors de la découverte de ce fameux animal : un hamster, oui, mais chauve ! Une histoire pleine d’humour, qui pourrait bien vous surprendre par son dénouement… En somme, un court pétillant, qui nous fait gentiment sourire, une histoire d’enfant qui se déguste, avec son brin de tendresse et son gros lot d’absurdités… Pour notre plus grand bonheur !

Au bout du monde
Au bout du monde

Puis, on vous emmène Au bout du monde ! Là-bas, vous pourrez y découvrir une maison, perchée sur le pic d’une colline, toujours en équilibre. La vie y mène son bout de chemin, entre basculement à droite et à gauche… L’histoire, comme dans le premier court, est éminemment drôle, une belle simplicité qui fait son effet ! Il est vrai que coté graphisme, cela laisse peut-être un peu à désirer… Mais il faut noter que le film date de 1999, les codes visuels de l’animation sont totalement différents aujourd’hui ; celui d’ Au bout du monde pourrait avoir un peu vieilli… Cela reste néanmoins très subjectif, et si les dessins pourraient déplaire à certains, ils ne remettent absolument pas en cause la qualité narrative de ce court.
Le film qui a récolté le plus de voix, 125 sur 521 votants, vient clore en beauté la sélection. Avec Oripeaux, vous partirez dans un univers gorgée d’onirisme, plein de rêves et d’espoirs face à un monde un peu trop brutal. Le rêve ? Une petite fille, attiré par des coyotes sauvages. Le monde brutal ? Une bande d’hommes, chasseurs, qui ne souhaitent qu’une chose : tuer les coyotes, briser le rêve. Ici, le graphisme est bluffant. Sur fond d’aquarelle, les personnages prennent vie en quelques coups de crayon. Un vrai coup de cœur pour ce court, qui en plus de sa qualité plastique indéniable, nous touche par son histoire pleine de poésie et d’amour.

Oripeaux
Oripeaux

De l’animation au réel

Après un épisode drôle et joyeux, on ne s’attend pas à la claque que l’on va recevoir avec J’attendrai le suivant… Ce court dure quatre minutes : le temps d’un trajet en métro. Le temps pour un homme de faire sa déclaration dans la rame. Le temps de dire qu’il souhaite trouver l’amour. Naissent alors des réactions, inattendues, tendres parfois aussi… Un énorme coup de cœur pour ce film simplement parfait. Une histoire profondément touchante sur la solitude et la recherche du bonheur. Pas de pathos, une certaine brutalité même de l’émotion. Quelques minutes pour un très grand moment.
Vient ensuite Simiocratie, court en costume d’époque, retraçant un dîner entre deux, puis trois protagonistes. L’enjeu ? Obtenir pour Charlotte un financement pour son Salon à Paris. Et pour cela, elle est prête à tout, quitte à user de son corps… Mais surtout de son esprit! Si vous avez aimez Marie-Antoinette de Sofia Coppola, vous adorerez cette histoire ! Incisive, rock n’roll, elle déménage ! Et puis, un brin de féminisme ne fait jamais de mal, surtout quand il est amené de la sorte, toujours dans une juste mesure.
Pour finir, l’ambiance change du tout au tout avec Poussière. Adieu lumière chaude et ambiance tamisée. Dans ce petit village désertique, l’ambiance est glaciale, la vie s’en va peu à peu : littéralement, avec ces animaux qui meurent lentement, puis symboliquement, avec les villageois, contraints de partir. La cause: un incident nucléaire, non loin d’ici. Mais comment réagir quand on doit tout quitter ? Souvenirs, maison… Un court un peu grisâtre, qui après la force des deux autres se place légèrement en dessous. Heureusement, la fin relève le tout, et on ressort conquis, encore une fois avec des émotions, peut-être même des larmes.

Ce programme relève donc sont lot de très bonnes surprises. Tous ont leurs styles, leurs émotions, et ce fut un bonheur de pouvoir les découvrir. Comme nous vous le disions plus haut, pas de rediffusion de ce programme. Néanmoins, vous pouvez retrouver quasiment tous les courts-métrages cités sur You Tube. De plus, la compétition continue ! Retrouvez les programmes 1 et 2 demain à partir de 17h30 au Cinéma le Zola, et plein d’autres surprises jusqu’à samedi !

Marie-lou Monnot

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