Festival du film court de Villeurbanne – Programme Rêves en courts Parce que tous nos rêves ne peuvent être parfaits…

Huit courts-métrages pour un programme centré autour d’un sujet commun : les rêves. Tout est représenté : des rêves un peu trop courts et des rêves ou l’on court. Et bien d’autres encore ! Hélas, comme cela arrive bien souvent dans ce domaine, une grande partie de ces courts seront vite oubliés. Mais, certains risquent fort de se faire une petite place dans votre mémoire… Alors, rêvez !

Du rêve sur pellicule

Les beaux rêves, tout comme les cauchemars, nous marquent, irrémédiablement, que se soit pour une journée ou pour la vie. Les courts suivants font partie de ceux-là. Chacun à leurs manières, ils vont laisser leurs empreintes en chacun de nous.
Commençons d’abord par Angoisse. Une femme, dans son lit, la veille de son départ en voyage. Commence alors le rêve, ou plutôt le cauchemar. Prendre le taxi, trouver le bon aéroport, ne pas arriver en retard, une véritable angoisse. Mais rassurez-vous, ici, on rit, comme avec un clown et son perpétuel échec. Un court comique donc… Et chorégraphique ! C’est Bianca Li, danseuse et chorégraphe espagnole qui l’a réalisé. Une véritable petite chorégraphie du quotidien s’installe, parfaitement rythmée, et plein de surprises. L’ambiance à la Almodovar vient décupler notre plaisir !
En parlant de plaisir… Évoquons Tram. Ce court, en animations, nous dévoile les pensées d’une conductrice de tramway, face à ses passagers, tous masculins. Au fur et à mesure du trajet, son rêve s’emballe, la conductrice s’émoustille… Jusqu’à l’apothéose. Un petit bijou, loin de toute vulgarité, qui nous amuse beaucoup.
Puis, après le plaisir, vient le réveil, auprès d’un mari. Ou d’un amant ? C’est ce qui arrive à Juliette, dans Même en rêve. Celle-ci croit en effet se réveiller auprès de son amant, alors qu’il s’agit en réalité de Simon, son mari. Pour s’en sortir, elle va alors lui raconter une histoire, un rêve, plus ou moins salvateur… Tout comme avec Tram, on rit beaucoup, en plus d’être charmé par un graphisme original.

Angoisse - Bianca Li
Angoisse de Bianca Li

Des courts entre deux

Après ces trois très bon courts, deux apparaissent en demi-teinte. Une sensation de rêve inachevée.
C’est notamment le cas avec Leave not a cloud behind. Un très bon scénario pour ce court : un homme dans le coma se retrouve dans le pays des rêves, où il rencontre d’autres rêveurs. Jusqu’au jour où il rencontre une rêveuse, Mariana, dont il va tomber amoureux. Une histoire qui nous happe instantanément. Malheureusement, on revient vite à la réalité avec la voix omniprésente du narrateur qui nous décrit tout, nous impose un cadre, alors qu’on aurait eu envie d’avoir la possibilité de rêver un peu par nous même, de partager le rêve avec personnages. La fin, brutale, nous réveille d’avantage encore. Dommage !
Court un peu ordinaire aussi avec Je maudis ma nuit. L’histoire est celle d’un gardien de phare, qui a coulé depuis bien longtemps. Sous l’eau, il rêve à Lucie. Lucie, elle, rêve d’une plage, ou elle va retrouver le gardien. Une jolie petite histoire, bien ficelée. Un bon court, mais qui ne nous surprend pas vraiment. Il ne nous déçoit pas, mais on reste plutôt froid face à ce court en noir et blanc, un peu quelconque.

Tram-court-métrage-animation
Tram de Michaela Pavlatova

Quand le rêve tourne au cauchemar

Alors qu’on était en plein rêve, le réveil sonne malencontreusement. Après des moments très agréables, vient l’étape délicate de l’éveil, avec ces autres courts, nettement moins enthousiasmants.
On ne s’évade pas du tout par exemple avec La reine s’évade. Réalisé par la pourtant excellente Anne Brochet, ce court déçoit. Il raconte comment une comédienne, en train de jouer Ruy Blas, va s’échapper mentalement pour penser à son quotidien. Si le concept aurait pu être intéressant, il reste très superficiel, et il n’y a aucun lien entre les pensées de la femme et son jeu de comédienne. Certes les comédiens ont sans aucun doute l’esprit qui vagabonde. Pas sûr en revanche qu’ils pensent à leur décoration ou leurs enfants tout le long du spectacle.
On ne voit pas non plus l’intérêt de Despertar. Dans ce court, des projections vidéos sont faites sur une femme, nue sur son lit. Il s’agit en réalité de ces rêves. Concrètement, des images d’animaux et de paysages. Aucune profondeur dans ce court, rempli de clichés. Un cliché photographique aurait peut-être amplement suffit justement.
Crossover, lui, sans être mauvais, donne la sensation d’être inachevé. L’histoire se passe dans un monde dévasté par une maladie mentale, où les gens qui en sont atteint sont enfermés. Eric va décider de sauver un de ses hommes, Arnaud, pour l’emmener dans une école au Pays-Bas. Ne cherchez pas, tout est dit ici. Une histoire incompréhensible, des images qui donnent mal à la tête. Assez cauchemardesque, particulièrement pour le spectateur.

En somme, une alternance de courts qui nous font rêver, et d’autres qui nous ramènent cruellement à la réalité de la salle. Un peu dommage ! En attendant, le festival continue dés ce soir avec la soirée de palmarès, à 20h30 au Zola, et dimanche avec la projection des films primés, toujours au Zola à partir de 14h30.

Marie-Lou Monnot

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