Festival du film court de Villeurbanne : Voyages dans le temps et l’espace avec les programmes Images virtuelles !

Chaque année, le mois de novembre fait place à un autre cinéma hélas trop peu visible dans nos salles au quotidien, à savoir le court métrage ! Le festival du film court de Villeurbanne, qui se déroule majoritairement au Cinéma le Zola, accueille des centaines de petits chefs d’œuvres du 18 au 27 novembre. L’occasion de découvrir l’univers de réalisateurs tous aussi différents les uns des autres. Particulièrement avec les deux programmes d’images virtuelles qui était dévoilé pour la première fois ce dimanche 20 novembre ! Mais ne nous en faites pas, vous pourrez découvrir les 32 courts-métrages présents dans cette sélection le mercredi 23 novembre après-midi à la MJC de Villeurbanne…

Rêverie d’enfant… Et d’adulte.

L’enfance est un grand terrain de jeu pour les cinéastes, ou pour les artistes en général. Rêves sans limites, questionnement innocent (parfois.), ouverture des frontières… Le prisme de la jeunesse permet en effet d’aborder une multitude de sujets. Comme par exemple l’origine de la création, avec Il était 3 fois. Des dessins d’enfants y prennent vie pour questionner, réfléchir à comment l’Homme a bien pu être créé. Entre naïveté et croyances inculquées par les anciens, quelles qu’elles soient, l’ensemble est plutôt intéressant ! D’autres questions moins existentielles sont présentes dans les autres courts-métrages, avec par exemple Bambustempelstrasse. Sous le couvert d’une histoire d’amitié, le réalisateur questionne le gouffre social qui peut se creuser simplement si l’on se trouve d’un côté ou l’autre d’une rue… Si la forme n’enchantera pas tout le monde, on ne peut qu’être conquis par le fond. Mais quelle est la question fondamentale pour un enfant ? Savoir à quel jeu on va jouer ! Pourquoi pas le découvrir dans Que dalle ? Graphisme dynamique et rythme énergique, ça fonctionne ! Mais les amitiés se lient parfois avec des êtres inattendus… Un poisson par exemple, dans chemin d’eau pour un poisson. Un court-métrage très poétique et entrainant ! Mais entre l’enfance et l’adulte, les rêves se mêlent parfois… Nous nous laisserons découvrir pourquoi dans le très beau et touchant Rêve d’enfant. Même si un peu trop subtil, il vous emportera quoi qu’il en soit. Mais les adultes aussi ont droit à leurs rêves ! Et beaucoup d’entre eux ne vivent que pour ceux qu’ils avaient enfant, ou simplement pour leurs passions. Comme dans Le petit cordonnier, qui se bat, face à une forte concurrence, pour maintenir à flots sa boutique ! Un petit coup de cœur pour les dessins et l’efficacité de ce court-métrage ! Passion aussi pour un un métier, celui de pompier, dans Wildfire. Enfin, The edge, un des meilleurs de la sélection sans doute dans sa poésie, ses dessins et sa musique. Dans ce court-métrage russe, vous pourrez découvrir le quotidien d’un petit bout de femme, passant ses journées à vérifier les rails du train au fin fond de la forêt, et à se faire belle quand le seul train de la journée passera… Magnifique !

Voyages physiques et psychiques

Le rêve est un voyage en soi, mais il n’est évidemment pas le seul moyen de s’évader. Pourquoi ne pas prendre de la hauteur alors ? Et pourquoi ne pas partir à la pêche aux oiseaux comme dans le très drôle Pêche en l’air ? Mais si l’ambiance du monde n’est pas à la rigolade, prendre de la hauteur, aller se mettre au-dessus des nuages, au moins pour un temps, comme dans In The distance, n’est-ce pas une bonne idée ? Une perle de vie dans un univers noir, tout en plan fixe continu. Original et réfléchi. Mais si vous n’avez pas de guerres auxquelles échapper, pourquoi ne pas prendre une échelle et aller chercher l’amour auprès de cette jeune fille au balcon ? Mais attention, dans Ladher, le quotidien revient parfois au galop… Pas d’amour à rejoindre ou de guerre à éviter ? Et si c’était vis-à-vis de nos codes qu’il fallait prendre de la hauteur ? Comme dans Birdy wouaf wouaf, laissez-vous aller, et aboyer si le cœur vous en dis, quand bien même vous êtes un oiseau…Oui, laissez sortir l’animal qui sommeille en vous, libérez votre côté sauvage, comme dans Delivery. Quand un œuf laisse éclater beaucoup de choses…et libère nos rires. De même côté poésie dans Totems. Quand un homme se laisser piéger par la forêt, ses esprits se libèrent, dans un magnifique effet visuel… Et si la vie est une suite de multitudes de voyages, la mort est celui qui la conclut. Mais juste avant, les souvenirs refont surface, et se mêlent au présent. Une très jolie tentative avec le court Shudo. La mort envahit alors, et s’installe, laissant la vie s’effacer doucement pour ne laisser dans Peripheira, que des chiens errants dans une barre d’immeubles désaffectés. La mort tisse ensuite ses fils, comme dans Jukai, une forêt ou des centaines de gens se suicident chaque année… Mais du fil de la mort à celui de la vie, il n’y a parfois qu’un pas…

Chemins intérieurs, chemins universels.

Si tous ces courts-métrages forment des cheminements plus ou moins intimes et personnels, les courts-métrages suivants se placent plus en position de spectateurs sur la vie. En s’attachant tout d’abord à faire ce qui se rapproche le plus du documentaire. Avec le très surprenant et juste Eye for an Eye retraçant le parcours d’un condamné à mort. Ou, tout aussi réussi, Le journal animé, où des journaux de septembre à novembre 2015 prennent vie. Percutant et drôle à la fois. Documentaire présent aussi dans The grind, intéressant dans son propos sur le massacre de baleines sous prétexte de tradition, mais un peu en dessous graphiquement. Si la forme du documentaire s’efface ensuite un peu, certains court-métrages tentent malgré tout d’apporter une certaine vision de la vie. Tout d’abord avec le plus qu’excellent No offense, parlant avec une grande justesse de la liberté d’expression et de la censure. Bannir certaines images, alors que d’autres, comme celle de la publicité, nous envahissent, jusque dans nos rêves, comme avec Branded Dreams, où la boisson gazeuse la plus vendue se retrouve au cœur de la nature. Critique ironique de la télévision, surtout de certaines émissions dans le très étrange Décorado, un ovni difficilement qualifiable… et après tout, pourquoi ne pas se lâcher, et créer ensemble ? C’est possible avec le bruit du gris, et le duo célèbre et un peu dingue Patar et Aubier. Possible jusqu’à ce que ce monsieur gris vienne tout effacer. Mais qu’importe, on recommencera !

Les programmes de cette compétition images virtuelles nous offrent donc un très large panel de graphismes et de scénarios, pas de quoi s’ennuyer ! Qu’une hâte, découvrir le prochain, le suivant et encore le suivant…. Un coup de cœur pour The Alan dimension, pour ses graphismes tout d’abord, mais aussi pour son humour et sa jolie tendresse. Vous n’avez pas pu être la dimanche ? Courrez alors à la deuxième séance pour cette compétition, à savoir mercredi à 14H30 pour le premier programme, et à 16H30 pour le second, dans les deux cas à la MJC de Villeurbanne !

Marie-Lou Monnot

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