Gilbert Legrand « le Dieu des petites choses »

Depuis le 24 mars et jusqu’au 25 avril, à la Maison du Livre, de l’Image et du Son se tient l’exposition de Gilbert Legrand « Les petites choses à New York ». Dans un environnement villeurbannais fort de ses Gratte-Ciel, l’invité d’honneur de la dernière Fête du Livre Jeunesse de Villeurbanne nous plonge dans une ville new-yorkaise habitée par des petits objets auxquels il a donné vie pour la première en fois en septembre 2013.

« On doit faire preuve de créativité » Gilbert Legrand

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© Jérémy Engler
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Ces petites choses du quotidien qui revivent sous sa main :

Si Arundhati Roy a écrit The God of Small Thing (Le Dieu des petits riens) pour nous faire comprendre à quel point certaines choses pouvaient avoir une influence dans notre vie, Gilbert Legrand a créé cette exposition pour nous expliquer comment des petites choses de notre quotidien peuvent non pas influencer nos vies mais la rendre plus merveilleuse.
Grâce à une imagination débordante, Gilbert Legrand se prend pour « le Dieu des petites choses » puisqu’il redonne vie ou tout du moins donne une nouvelle vie à des objets du quotidien faisant d’eux des œuvres d’art ou des jouets…

© Jérémy Engler
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Les deux robinets de jardin qui se courent après contribuent à créer un effet de comique et donnent plus de poids à une thématique assez présente chez Gilbert Legrand : le milieu des gangsters. Une râpe à fromage devient un tueur au pistolet, un robinet un policier ou encore une bouteille d’un produit d’entretien se métamorphose en parrain de la pègre.

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© Jérémy Engler
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S’il est possible de jouer avec certaines pièces comme l’avion conduit par une mouche, les cintres voitures ou ceux qui représentent un oiseau, certaines pièces sont vraiment très fragiles et peuvent être considérées comme des pièces de collection. La fourchette représentant Karl Lagerfeld ou le soufflet superman ainsi que les fantômes dans la boîte à œufs créant un « train fantôme » ou l’avion en papier, voire le chef indien au dos d’une brosse à chaussure ne sont plus des ustensiles mais des personnages à part entière. Leur représentation est si bien faite qu’on en oublie parfois l’objet derrière la peinture. Ainsi un renouvellement de vie absolument prodigieux est opéré (si toutefois on considère que les objets peuvent vivre), ce qui fait de Gilbert Legrand, le « dieu des petits riens » du quotidien. Oui, il leur insuffle la vie.

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© Jérémy Engler
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Une petite interview qui explique comment est née cette idée

Une idée de génie !

« C’est toujours un petit jeu » Gilbert Legrand

Comme vous pouvez le voir sur la vidéo précédente, tout est venu d’une commande d’un éditeur toulousain qui lui demandait de livrer quelques astuces à de jeunes adolescents sur la manière de recycler des objets. Gilbert Legrand a commencé à créer ces « petites choses » pour sortir de son quotidien et s’amuser avec ce qui nous entoure.

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Aujourd’hui, grâce à des expositions, comme celle de la Maison du Livre de l’Image et du Son, il met à notre disposition ses créations et il faut bien l’avouer, si on a gardé une âme d’enfant, on a qu’une seule envie en les voyant, c’est de se saisir de l’objet pour jouer avec. Son initiative est intéressante car, fidèlement au concept d’origine, elle incite les enfants à tenter de reproduire ce qu’ils ont vu. En peignant, des pinces à linge, l’enfant peut faire une infinité de personnages différents, il suffit d’un peu d’imagination pour créer un univers. Cette idée peut d’ailleurs se révéler fort utile pour des familles qui n’ont pas beaucoup d’argent, il suffit de prendre de vieux emballages, de proposer aux enfants de les peindre et ça leur fait passer une après-midi sympa à fabriquer des jouets avec lesquels ils pourront s’amuser, inventer une histoire et rendre jaloux tous leurs copains grâce à l’aspect unique de leur création. Il faut peu de choses pour inventer une histoire, un brin d’imagination et une bonne dose de folie. En réunissant ces deux ingrédients, Gilbert Legrand a trouvé comment associer ces petits objets pour en faire des « petites choses » qui se montrent et cherchent à exister grâce à deux livres édités aux éditions Sarbacane. Le premier, Le Grand show des petites choses, paru en 2010 présente les objets dans un beau livre qui les fait sortir d’un placard pour les faire défiler sous nos yeux et s’envoler vers les Etats-Unis. Le livre nous montre tous les objets transformés par Gilbert Legrand qui se révèlent au grand jour et se préparent pour leur véritable « show », leur voyage à New-York. Ainsi, le second livre s’intitule Les petites choses à New-York est sorti en 2013. Il marque la suite des aventures de ces « petites choses » qui, accompagnées de nouveaux amis qu’on n’avait pas eu la chance d’apercevoir dans le premier ouvrage, arrivent à New York pour prendre place dans une exposition consacrée aux inventions de Gilbert Legrand. Mais grâce à l’imagination d’une scie rêveuse, tous les objets de cette exposition vivent leur rêve américain et évoluent là où ils devraient être : dans un monde imaginaire créé par des enfants qui leur inventent des histoires dont ils sont les héros.

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Si dans le cas de ces deux livres, Gilbert Legrand est l’enfant qui s’amuse et imagine, il est intéressant de remarquer qu’à l’occasion de la Fête du Livre Jeunesse de Villeurbanne qui se déroulait les 12 et 13 avril 2014, l’artiste a transmis son savoir à une classe. En effet, chaque année, la Fête du Livre invite un artiste  à travailler avec une classe pour une durée d’un mois. Cette année, c’est une classe de l’école élémentaire Albert Camus qui a eu la chance de participer au projet « Les petits comme Legrand ». Ainsi, grâce aux conseils avisés du maître, quelques élèves de primaire ont pu le temps d’un mois créer des personnages à partir d’objets du quotidien. Qui sait ? Peut-être que cela suscitera des vocations chez certains qui décideront d’entrer à l’école d’art Emile Cohl à Villeurbanne justement ou à devenir artiste… ou tout simplement à poursuivre chez eux ce travail commencé en classe et développer leurs propres univers pour devenir eux-mêmes « les dieux des petites choses ».

Jérémy Engler

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