Grigori Sokolov, un récital hivernal

En cet fin d’automne, l’Auditorium Maurice-Ravel de Lyon s’est mis à l’heure russe. Pour clôturer le festival qui avait lieu du 8 novembre au 5 décembre, un invité de marque s’imposait. Grigori Sokolov, illustre pianiste russe, était de retour à Lyon hier soir pour interpréter en soliste plusieurs œuvres de Mozart et de Schumann. Au programme de cette soirée, plusieurs sonates et fantaisies bien connues étaient présentées.

La Russie à l’honneur

L’hiver approchant, l’Auditorium se pavoise aux couleurs de la Russie. Pendant un mois, les grands compositeurs et musiciens russes sont à l’honneur : Tchaïkovski, Borodine, Chostakovitch… L’ouverture de ce festival a été confiée à l’Orchestre Philharmonique de Saint-Pétersbourg, plus ancienne formation musicale du pays dirigée Iouri Temirkanov. Trois concerts ont été nécessaire pour jouer l’Intégrale des symphonies de Tchaïkovski, interprétée par l’Orchestre national de Lyon (ONL) et son directeur Leonard Slatkin. Les peintres sont aussi présents, avec une représentation musicale et visuelle alliant des peintures de Chagall et Kandinsky et une interprétation de Mikhaïl Rudy au piano.

Pour cette dernière soirée, l’Auditorium fait un appel à un pianiste de grande qualité. Grigori Sokolov, né en 1950 à Saint-Pétersbourg, fait partie de cette grande famille de pianistes russes allant de Richter à Kissine. Formé au conservatoire de Saint-Pétersbourg, appelée Leningrad à l’époque, il obtient à seize ans le Premier Prix au prestigieux Concours international Tchaïkovski organisé à Moscou. Artiste international, il s’est produit dans toutes les plus grandes scènes d’Europe et du monde. S’il a joué avec les plus grands orchestres, il a décidé de se consacrer uniquement au récital solo. Son répertoire de référence comprend notamment les grands compositeurs du XIXème siècle, Beethoven, Schubert, Chopin, et du XXème siècle, Prokofiev, Ravel et Rachmaninov.

© D.R.
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Des compositeurs allemands 

Le programme de ce concert allie des œuvres de deux compositeurs de langue allemande, Mozart et Schumann. Le premier est universellement connu pour son l’immensité de son œuvre et pour avoir parachevé des formes musicales comme le concerto ou la sonate. Le second appartient plutôt au mouvement romantique et parcourt les salons de la Confédération germanique en cette première moitié du XIXème siècle. Deux compositeurs pour deux styles qui se suivent, se distinguent et parfois s’opposent. La musique de Mozart est presque mathématique, magnifiquement organisée et complexe. Le romantisme est lui plus cadencé, plus sentimental et torturé.

Tantôt légères et tendres, tantôt dramatiques, les différentes œuvres jouées regroupaient plusieurs sonates et des fantaisies de chaque compositeur. On remarque en particulier la sonate n°16 en ut majeur de Mozart, simple et délicate et « destinée aux débutants » selon son auteur. Autre œuvre connue pour être simple en apparence, l’Arabesque de Schumann alterne entre élans passionnés et hésitations rêveuses freinant la course. Devant une salle comble, elles ont été interprétées avec brio par un Sokolov magnifique et bouleversant de perfection.

Sokolov est une aventure pianistique à lui tout seul. Avec près de sept rappels et sous des tonnerres d’applaudissement, il clôture de façon grandiose ce festival.

Guillaume Sergent

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