GTO – Paradise Lost – Tome 5, le paradis serait-il en train de se perdre ?

Il y a quelques mois de cela, nous nous emballions dans un article sur la nouvelle série de Tôru Fujisawara, GTO – Paradise lost. Notre article expliquait comment l’auteur avait finalement réussi à créer une réelle continuité avec GTO et on retrouvait tout ce qui faisait le succès de cette série. 4 tomes plus tard, qu’en est-il ?

Où en est l’histoire ?

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© http://www.gtothegreatsite.it/

Si au départ, la plupart des intrigues se passait dans le lycée où enseigne Eikichi Onizuka, c’est de moins en moins le cas. En effet, depuis qu’il a calmé Tetsuya Niizaki du groupe Samuraï en lui faisant comprendre qu’un artiste n’existe que parce qu’il a des fans et non l’inverse ; qu’il a aidé la fille d’Uchiyamada par rapport à de supposées photos d’elle dévêtue qui circulaient sur le net, le Great Teacher n’a plus beaucoup mis les pieds dans son établissement… S’il aide toujours ses élèves, on revient plutôt à l’intrigue de GTO Shonan 14 days qu’à celle du GTO original. Les élèves deviennent prétexte à raconter des histoires déjantées où Onizuka apparaît comme le pire du pire et s’en sort ainsi. Il enlève une élève pour l’aider à sortir de l’engrenage de la vie de star puis l’aide à se débarrasser d’un agent peu scrupuleux avant d’aider Uchiyamada à sauver une jeune fille d’un ours et de son petit ami star qui la traite comme une moins que rien. À part dans les deux premiers tomes où l’intrigue est réellement liée à l’établissement, le 3ème tome s’en éloigne un peu mais les aventures traitées restent quand même dans un cadre scolaire, alors que dans les deux derniers tomes parus à ce jour, ce n’est plus du tout le cas. La jeune fille perdue dans la forêt n’est même pas une élève d’Onizuka et au total, ce sont 30 pages sur les deux tomes qui ont pour cadre le lycée… La fin du 5ème tome nous laissait présager un retour vers l’école mais les premiers indices de la nouvelle aventure, nous prouvent qu’on risque de s’en éloigner de nouveau très rapidement. Ceci dit, si on est déçu que l’histoire ne se déroule pas plus dans le lycée, la personnalité d’Onizuka rattrape cela, mais est-ce que ça suffit ?

Mais alors quel est le problème en fait ?

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Ce qui était intéressant dans GTO par rapport à Young GTO c’est qu’on retrouvait les mêmes personnages placés dans un contexte différent. Eikichi Onizuka n’était plus un voyou mais un « ancien » voyou devenu prof. De fait, son histoire dans Young GTO lui donnait une consistance et une aura particulière qui faisait de lui un enseignant très atypique.
Le personnage d’Eikichi Onizuka évoluait un peu. Il restait un gangster « je m’en foutiste » têtu, borné et immature mais découvrait le vrai sens des responsabilités. Son envie de sauver ses élèves (à des fins pas forcément avouables) le faisait redevenir le voyou qu’on avait découvert dans Young GTO mais il utilisait ses anciennes relations ou ses anciens tours au service de l’histoire principale qui était de redonner goût à l’école à ces jeunes en perdition. Là, tout comme dans GTO Shonan 14 days, on a l’impression que l’envie de montrer un univers de yakuzas où des mecs dangereux obligent Onizuka à aller plus loin dans la démesure et la violence prime sur son histoire d’enseignant et c’est fort dommage. Comme on a pu le voir dans les autres séries de l’auteur, il aime beaucoup les affrontements entre gangs, la violence, l’univers malsain des yakuzas, et la démesure mais depuis GTO, il a dû mal à trouver comment doser le tout pour faire une histoire qui tienne la route et qui puisse rencontrer son public. Alors il se sert de la notoriété de GTO pour pouvoir raconter des histoires de kidnapping, d’abus de pouvoir, de maltraitances conjugales, infantiles ou de problèmes familiaux. Si GTO mettait déjà en lumière une certaine dénonciation de la société et les relations familiales compliquées, ces histoires servaient à donner plus de consistance aux élèves de la classe et on comprenait mieux leurs réactions. Cela les rendait plus attachants et on prenait plaisir à retrouver les élèves. Là, les élèves, une fois secourus, disparaissent de l’histoire… On n’en entend plus parler, ces histoires ne servent pas à cerner la psychologie des élèves, elles servent uniquement à permettre à Onizuka de se livrer à ses frasques et à la « baston ». C’est dommage que Tôru Fujisawara ne réussisse pas à conserver cet équilibre et veuille à tout prix raconter une histoire de malfrats qui se font mater par un malfrat pire qu’eux… Quand bien même c’est jouissif, il tombe dans la facilité et nous ressert ce qu’on a déjà vu…

La peur de le voir bâcler de nouveau une histoire, qui démarrait pourtant bien, se fait sentir et on a peur de perdre ce paradis qu’on pensait avoir trouvé. Gageons qu’il saura revenir à la base de GTO et nous surprendre à nouveau !

Jérémy Engler

 

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