Hanté par les fourmis, l’univers de Marvel se macrostructure

Le nouveau né des studios Marvel, qui clôt la phase 2 du projet de la maison des idées, nous montre que du plus petit peut naître une grande force. Ant-Man est le nouveau super-héros adapté au cinéma par Peyton Reed. Futur Avenger, Ant-man était le personnage parfait pour la liaison entre les deux phases de films Marvel, dans la continuité des Gardiens de la galaxie et revenant aux fondamentaux des films sur l’origine d’un super-héros.

Un film à double enjeu pour Marvel

Ce film permet de présenter le nouvel avenger, après Vision et Scarlet Witch qui ont rejoint l’équipe à la fin d’Avengers 2, on rencontre Ant-Man.
D’ailleurs, si dans Iron Man 3, Tony Stark fait référence aux événements de New-York et explique en quoi cela l’a traumatisé, Scott Lang, alias Ant-Man, est lui en totale admiration devant les Avengers. Il le dit à Hank Pym, qui veut le recruter, en expliquant que pour remplir la mission qu’il souhaite lui confier, il vaudrait mieux faire appel à l’équipe de Captain America, seulement Hank, joué par Michael Douglas, s’y oppose.

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Si cette référence fait sourire et montre le côté candide du héros, on s’attend peu au duel entre Ant-Man et l’ami de Steve Rodgers, Falcon, qui est le premier morceau de sucre que pose l’homme-fourmi dans l’antre des Avengers. Et quel morceau ! Un premier combat pour le nouveau héros assez démesuré pour notre plus grand plaisir.
Si ce film se voulait être une transition vers la phase 3 et les films Avengers Infinity war et Civil War il avait aussi pour ambition de surfer sur le succès des Gardiens de la Galaxie. Ce film, un peu à part dans l’univers Marvel puisqu’il se passe dans l’espace, misait sur un côté rétro et humoristique assumé et surtout très présent ! Si Chris Pratt qui joue Peter Quil, alias Star Lord, incarne cet humour dans Les Gardiens de la Galaxie, ici c’est Paul Ruud qui joue Ant-Man – complice de Chris Pratt dans la série humoristique, Parks and Recreation – et sa bande de bras cassés. L’humour est rafraîchissant et tranche avec le dernier Avengers ou les 4 fantastiques qui sort le 5 août prochain, beaucoup plus sombres.

Un grand humour pour de minuscules exploits

Cette bande de bras cassés est jouée par des habitués de rôles comiques et notamment par Michael Peña qui joue Luis, l’ex compagnon de prison de Scott. Son entrain, sa façon de parler et ses bourdes à répétition font de lui le personnage humoristique du film. En plus, de certains personnages, l’humour repose sur un scénario bien ficelé et des répliques assez décalées, notamment de la part de Scott Lang qui amusent le spectateur.
Ant-Man-Comic-Con-2014-Exclusive-PosterL’autre trouvaille humoristique du film ce sont les scènes de combat. Si les affrontements entre Ant-Man et YellowJacket sont titanesques et épiques, ils n’en restent pas moins des combats de fourmis… Le réalisateur Peyton Reed s’amuse et nous amuse en replaçant le combat de ces hommes minuscules dans la réalité humaine. Ainsi, un train qui fonce à une vitesse impressionnante sur YellowJacket et paraît effrayant n’est en fait qu’un petit train électrique pour enfant, ce qui dédramatise le combat et permet au spectateur de prendre du recul sur ce qu’il voit. On passe de l’impressionnant petit au ridiculement minuscule. Ces moments aèrent le film mais diminuent l’intensité des combats. Le spectateur peut facilement sortir du combat mais Peyton Reed réussit à nous remettre assez facilement dedans.
La performance du film réside justement dans le travail réalisé sur l’extrêmement petit. L’équipe a fait de nombreuses recherches sur la façon de filmer des fourmis pour recréer une vision aussi fidèle que possible à l’univers de ses petites travailleuses, amies d’Ant-Man. La réalisation en macrophotographie est impressionnante et réussit à nous faire ressentir les impressions du personnage lorsqu’il découvre son nouveau statut d’être minuscule. Le tour de force de ce film est de nous faire ressentir l’effet de l’infiniment petit tout en nous replaçant régulièrement dans notre réalité…

Un héritage lourd à porter

d45af275e8f8373686ae83cfcaf1f796c6ad27c3-140479Le film s’ouvre sur un flashback qui nous montre Hank Pym refusant de céder son invention à l’armée et faisant croire qu’elle n’avait pas réussi. Mais cette invention, devenue un mythe, est remise à jour par Darren Cross, l’ancien assistant d’Hank, qui veut recréer le tissu qui serait capable de compresser des atomes et de faire rétrécir un homme afin de le vendre au plus offrant. Pour empêcher son ancien élève de parvenir à ses fins, Hank décide de confier son costume d’Ant-Man à quelqu’un d’autre et se met en quête du prochain homme fourmi.
Scott Lang, lui sort de prison et veut raccrocher et reprendre une vie normale mais devant la difficulté à trouver un travail pour un « ex-taulard », il finit par céder à la proposition super alléchante de Luis et vole le costume d’Hank Pym, sans savoir que c’était ce que voulait le propriétaire du costume. Son passé de prisonnier lui pèse car il l’empêche de revoir sa fille, qui devient le moteur de sa reconversion en héros ant-manesque.
Scott Lang n’est pas le seul à avoir des problèmes de relation avec sa fille, Hank Pym a quelques soucis avec Hope, jouée par Evangeline Lilly. Elle ne comprend pas la réticence de son père à lui faire pleinement confiance pour accomplir la mission qu’il confie à Scott. Elle lui reproche sa réaction après la mort de sa mère mais n’en connaît pas le terrible secret dont son père veut la protéger. Chaque personnage principal est victime de l’héritage qu’il reçoit. Hank Pym accuse l’effet pervers de son invention, Hope reproche les choix de son père tandis que Scott souffre de son image soit héroïque soit de délinquante qu’il inspire après son cambriolage chez un escroc dont il a redistribué les biens.

Ce film, bien que terminant la phase 2 des films Marvel, renoue avec les films d’origine de super héros, en attendant Les 4 fantastiques. Peyton Reed, pour son premier film de super-héros, réussit un pari original en allant plus loin que Chéri j’ai rétréci les gosses en renversant régulièrement les perspectives non pas en montrant les personnages comme invisibles aux yeux des gens de taille normale mais en les replaçant à l’échelle humaine.

Jérémy Engler

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