Harry Potter and the cursed child : la comédie de l’enfant maudit

Quinze ans après la sortie de l’adaptation cinématographique d’Harry Potter et la pierre philosophale, le film qui a propulsé « le garçon qui a survécu » au rang de phénomène mondial, et juste avant la sortie cinéma des Animaux fantastiques, J.K Rowling, Jack Thorne et John Tiffany ont décidé de rendre hommage à la saga. Pour satisfaire les fans, sortira le jour de la naissance d’Harry Potter, le 31 juillet 2016, en France, Harry Potter et l’enfant maudit, la huitième histoire d’Harry Potter sous la forme d’une pièce de théâtre et dont l’histoire se déroule juste après le prologue de l’ultime roman. L’Envolée Culturelle a eu la chance d’assister à l’avant-première des deux parties de la pièce à Londres, qui ravira tous les fans du jeune sorcier. [Attention Spoilers dans la première partie !]

160608-harrypotterUne histoire sous forme d’hommage

En écrivant cette pièce, J.K Rowling rend hommage à ses fans en faisant revivre les personnages qui ont bercé leur jeunesse. Pour leur plaire, l’auteure multiplie les clins d’œil aux précédents romans et films. L’histoire commence avec le premier départ d’Albus Severus Potter pour Poudlard et on suit donc sa progression sur plusieurs années et on prend plaisir à retrouver les cours de potions, les cours de vol à balai, les cours pour apprendre à utiliser sa baguette, etc. Albus rencontre de nombreuses difficultés tandis que Rose Granger-Weasley excelle partout. La comparaison avec son père est dure pour lui et il est la risée de ses camarades. Il n’a qu’un seul ami, Scorpius, le fils de Drago Malfoy qui lui aussi est moqué par ses camarades, car une rumeur circule sur sa naissance qui serait liée à Vous-savez-qui… Tous les deux souffrent de l’image de leurs pères et ont des relations conflictuelles avec eux. Si les premiers tomes d’Harry Potter abordaient les difficultés d’un orphelin, recueilli par une famille qui le déteste, ici, l’accent est mis sur les difficultés pour un enfant d’avoir des parents connus, thème déjà abordé avec Harry Potter qui vivait mal sa popularité, mais qui devient le centre de la pièce et de l’histoire.

Si avant de découvrir la pièce, on pensait que « l’enfant maudit » du titre était Harry Potter, on commence à comprendre que ce n’est peut-être pas lui, mais son fils, puis dans la seconde partie, un autre potentiel enfant maudit aux motivations bien plus sournoises et sombres fait son apparition…

ckxlitjwsaidwzgSi la pièce s’ouvre donc sur des clins d’œil, la fin de la première partie et toute la deuxième partie nous ramène au tome et au film qui ont probablement le plus séduits les fans, à savoir Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban puisque l’intrigue tourne autour du fait de voyager dans le temps pour réparer certaines erreurs du passé… Albus Severus et Scorpius, aidés par Delphine Diggory, la cousine de feu Cédric, décident de réparer l’injustice qu’a subi le malchanceux de la coupe de feu en essayant de l’empêcher de prendre le portoloin à la fin de la dernière épreuve. Seulement, leur tentative échoue et Cédric meurt. Toutefois leur petit voyage dans le temps a provoqué de nombreux changements gênants et ils décident alors de changer de nouveau le temps pour réparer leur erreur tout en essayant de sauver Cédric. Seulement, cette fois-ci, c’est pire puisque Cédric survit effectivement, mais devient un mange-mort et grâce à cela, Voldemort règne sur le monde des sorciers et tue Harry Potter, entraînant ainsi la non-naissance d’Albus et laissant Scorpius seul dans le monde des forces obscures.

La deuxième partie est centrée sur Scorpius essayant de se sauver de cet univers alternatif qui permet de revoir quelques savoureux personnages qu’on a adoré détester !  Scorpius remonte donc le temps et réussit à tout remettre en ordre et les jeunes enfants ont compris qu’il ne fallait pas jouer avec le temps… Mais c’est alors que le retourneur de temps leur est dérobé et que la course contre le temps reprend… Pleine de rebondissements, l’intrigue de la pièce est excellente et cette ultime aventure se transforme en hommage à la saga tout en proposant une nouvelle histoire pourtant pas si originale…

De l’autre côté de l’Atlantique, une troupe du Michigan, les Starkids – dont faisait partie Darren Criss avant qu’il ne joue dans Glee – est devenue célèbre grâce aux trois comédies musicales parodiques qu’elle a créées entre 2009 et 2013, A very Potter Show, A very Potter show the sequel et  A very Potter show : senior year. L’histoire du deuxième épisode ressemble grandement à la deuxième partie où on voit quelqu’un vouloir restaurer les ténèbres en utilisant un retourneur de temps. De même, on retrouve ce ton très léger et comique, à la limite de la parodie dans la mise en scène britannique. Ce comique fonctionne très bien et alterne avec les moments dramatiques et riches en émotions, mais contraste beaucoup avec les derniers livres et films où l’humour était pratiquement absent… Enfin on peut déplorer la sous-exploitation du personnage de Ron, uniquement sur scène pour faire rire par son ridicule, mais c’est bien le seul point négatif de cette mise en scène magique !

harry-potter-and-the-cursed-child-featDe la magie pour un show incroyable !

Quoi de mieux que des tours de magie pour mettre en scène une pièce avec des sorciers ? Ici point d’effets spéciaux par ordinateur et pourtant tout est bluffant ! Vous verrez les comédiens utiliser les cheminées magiques pour passer d’un lieu à un autre par un simpliste, mais ingénieux système de toboggan qui fait son petit effet. Mais les cheminées ne sont pas les seuls moyens de locomotion utilisés, ainsi on voit les sorciers taper leurs codes sur le clavier d’une cabine téléphonique qui les aspire littéralement pour les mener au ministère de la magie. L’effet est si bien amené et les acteurs jouent si bien le coup qu’on est bluffé lorsque les capes sont aspirées et que les sorciers ont disparu ! Quand on vous dit que tout est magique… Le même procédé de trappes vraiment très bien dissimulé est utilisé lorsque les personnages boivent du polynectar. On voit la potion agir en temps réel et le comédien changer de corps presque sans qu’on se rende compte qu’un autre vient de sortir par une trappe pour prendre sa place tandis que lui disparaît par le même chemin. À aucun moment, on ne voit les deux corps bien distincts sur scène lors de ces permutations. La performance des acteurs devenus de vrais magiciens, ou plutôt sorciers, est tout simplement exceptionnelle.

 Les escaliers de marbre de Poudlard (en bois ici) prennent vie sous nos yeux, des détraqueurs absolument magnifiques et plus vrais que nature descendent du plafond et survolent la salle pour voler notre âme dans une chorégraphie d’un esthétisme tel qu’on jurerait qu’ils ne sont pas joués par des êtres de chair et de sang.

Concernant les combats de baguettes magiques – car que serait Harry Potter sans duels de baguettes – ici points d’effets colorés ajoutés en post-production comme dans les films, mais de la pyrotechnie ! Les baguettes lorsqu’elles jettent des sorts lancent des flammes, ce qui ne manquera pas de vous impressionner !

À tous les fans d’Harry Potter, je vous conseille d’acheter le livre lors de sa sortie pour découvrir cette histoire pleine de rebondissements, qui bien que se déroulant dix-neuf ans après la dernière aventure nous livre quelques secrets du passé. Quant aux plus chanceux qui passeraient par Londres en 2016 ou 2017, n’hésitez pas à faire une halte au Palace Theater, car la mise en scène prodigieuse vous émerveillera ! Et n’hésitez pas à tenter votre chance pour les places de dernières minutes, qui sait ? Avec un peu de chance, la magie opèrera et vous pourrez redécouvrir la plus célèbre école des sorciers.

Jérémy Engler

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *