Her, une histoire d’amour non conventionnelle dans un monde de plus en plus moderne, le coup de cœur de Solène !

Spike Jonz est un réalisateur américain, qu’on connaît pour Dans la peau de John Malkovitch ou Max et les maximonstres. Il a commencé par réaliser de nombreux clips musicaux, notamment pour Daft Punk, R.E.M ou encore Björk. Atypique, il revendique son côté décalé en détournant les attentes. Il est également producteur de Jackass : loin de la figure intellectuelle traditionnelle, il livre avec Her un discours sensible sur le romantisme à une époque technologique avancée, qui lui a valu l’oscar du meilleur scénario.

Un regard agréable sur un futur digital

Her se passe dans un futur qu’on ne pense pas si loin, où les modes de communication ont radicalement changé. Le film se concentre sur l’histoire de Theodore Twombly, qui vit à Los Angeles et qui s’occupe de rédiger des lettres pour un couple. Sa fonction même montre à quel point on a pu basculer dans une ère différente : il dicte à son ordinateur des lettres qu’un mari pourrait envoyer à sa femme, il devient l’intermédiaire de ce couple qui n’a plus le temps ni l’imagination de s’envoyer des mots d’amour. Ce qui est assez agréable, c’est que l’on ne tombe pas dans la critique du manque de communication, ni de la déchéance de l’imagination, car Theodore en a lui, et il l’utilise pour faire plaisir à d’autres. De même, les rapports entre humains ne sont pas tellement différents d’aujourd’hui : entre amis, on se dit à peu près le même genre de choses, et surtout, les aspirations n’ont pas trop changé. Les personnages cherchent l’amour. Pas de la même manière, puisqu’ils ont à dispositions des sites qui leur permettent de tout savoir sur la personne qu’il vont rencontrer, avant même que le rendez-vous n’ait pu avoir lieu. Et pourtant, lors de ce rendez-vous, on voit que les mêmes choses reviennent, loin des technologies : la question de l’engagement, de l’amour, des ex. Car c’est bien ce qui fait que Theodore nous apparaît assez seul : il n’a pas tourné la page avec son ex petite amie. Alors, même si tout peut se faire plus vite, ses sentiments mettent, comme il se doit, du temps à évoluer. Et c’est peut-être un des plus beaux contrastes du film : malgré la vitesse du monde qui tourne autour, le rythme du personnage et même de l’intrigue est assez lent, à la vitesse de ses sentiments.

A la rencontre d’un système d’exploitation qui rend heureux

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Theodore va se laisser tenter par un nouveau système d’exploitation, qui connaît ses utilisateurs et leur parle comme à un ami. Après avoir répondu à des questions sur sa vie sociale, il fait la rencontre, virtuelle, vocale, de Samantha. Comme prévu, elle remplit bien ses fonctions, mais leur relation va au-delà du service, ils tombent amoureux. C’est sûrement la seule histoire d’amour au cinéma où le protagoniste reste seul à l’écran. Et pourtant, sans voir Samantha, on se prend au jeu, on croit à leur passion. Cela interroge les possibilités immenses du cinéma : est-ce qu’un personnage qui reste hors champ ne peut pas être tout aussi crédible qu’un à l’écran ? Cela est très inventif de la part de Spike Jonze et c’est surtout une grande performance pour Joaqin Phoenix, l’acteur de Theodore, dont on attend deux fois plus d’émotions puisqu’on ne peut pas voir celles de Samantha. Et dans un jeu mesuré et touchant, il nous transmet son amour pour cette personne enfermée dans un système d’exploitation. On pourrait penser que, de ce fait, leur relation ne peut pas évoluer, qu’il ne peut pas y avoir d’action, mais en fait c’est une relation avec rebondissement, on en oublierait presque que ce n’est pas normal. On peut alors penser qu’il s’agit de montrer dans ce film que l’amour et la force des sentiments permet de justifier même la plus improbable des situations amoureuses. Et que le seul fait d’être bien et heureux est une raison valable. Les dialogues sont d’ailleurs très touchants et vont droit au but, ils sont très intimistes, puisqu’il y a tout de même de la difficulté pour Theodore de partager son expérience, même si l’on nous le dit, des dizaines de personnes entretiennent une relation étroite avec leur système d’exploitation. Mais ce dernier n’appartient qu’à son utilisateur, ce qui permet une relation privilégiée et intense.

Her est un film où le futur présente de nouvelles manières de communiquer, d’aimer, mais finalement, on se rend compte que les aspirations, les dialogues restent les mêmes que dans notre époque : les humains pourront faire fonctionner tout très vite mais ils continueront de vouloir aimer, en y mettant tout leur cœur.

Solène Lacroix

 

 

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