Huis Clos, un classique toujours d’actualité !

L’Envolée Culturelle s’est de nouveau invité à la vingtième édition des Coups de Théâtre qui se déroule à l’Université Lumière Lyon 2, sur le campus de Bron. Qui ne connaît pas cette célébrissime phrase « L’Enfer, c’est les autres » de Jean-Paul Sartre ? Voyant que Huis Clos était joué à Bron par la troupe Les Absents, nous n’avons pu résister à l’envie de plonger dans les Enfers.

Mise en scène par Luc Bordas, sous la lumière de Théo Chaptel, c’est parti pour un voyage en Enfer. Heureusement, nous ne sommes pas seuls, nous sommes accompagnés par Emeline Roy, Sarah Chovelon et Lucas Fabry-Martinez dans notre sombre aventure.

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Une pièce « classique et ancienne » avec un décor moderne

L’adaptation de Huis Clos par la troupe Les Absents est placée sous le signe de la modernité. La personne qui accueille les défunts en Enfer, Le Garçon, n’est pas jouée par un comédien. Une voix off la remplace. Cela est peut-être la volonté du metteur en scène qui souhaite nous montrer que la pièce de Jean-Paul Sartre, écrite en 1943, est à la fois moderne et ancienne. De plus, dans ce salon second Empire, le Bronze de Barbadienne est une image projetée. Les yeux du Garçon sont aussi modernes puisqu’ils regardent les défunts présents dans les Enfers. Lorsque la sonnette retentit, ce n’est pas le « ding-dong » habituel que l’on entend ; ici, c’est la sonnerie de Twitter. Selon les dires du metteur en scène, Luc Bordas, ce choix de modernité s’explique par la remise à jour de la « question de la web-surveillance telle qu’on la connaît aujourd’hui. ».

Une mise en scène certes moderne mais qui n’altère en rien la pièce originale de Sartre. En effet, nous retrouvons bien les trois personnages, Garcin, Inès et Estelle. Cette représentation reste très fidèle à Sartre puisque malgré quelques légères modifications dans les dialogues, nous entendons des répliques de Sartre telles que « Où est ma brosse à dents ? » ou « Je pense qu’à la longue on doit s’habituer aux meubles » ; sans oublier la très célèbre phrase « L’enfer, c’est les autres. ». D’ailleurs, Sartre nous dit de cette phrase qu’elle a toujours été mal comprise. Derrière cette phrase, Sartre nous explique dans le commentaire de l’enregistrement de la pièce, que « cela ne veut nullement dire qu’on ne puisse avoir d’autres rapports avec les autres, ça marque simplement l’importance capitale de tous les autres pour chacun de nous. ».

9782070368075Un huis clos superbement interprété

Aucune fausse note dans le jeu des acteurs qui est tout simplement excellent! Les jeunes comédiens ne sont plus de simples étudiants, ils sont Inès, Estelle et Garcin. Ils sont habités par leurs personnages et nous font oublier qu’ils sont comme nous, de simples personnes ordinaires. L’intonation, la voix, la gestuelle, tout est fait pour rendre la pièce captivante et plus réelle que jamais. Les comédiens occupent tout l’espace de la scène et adaptent leur intonation et leurs expressions faciales en fonction des états d’âmes de leurs personnages. Nous oublions que ces comédiens ne sont pas encore des professionnels tellement leur jeu est excellent.

L’humour noir qui caractérise cette pièce de Sartre est bien présent et nous rions de plus belle avec le merveilleux jeu des acteurs qui se traduit par de simples mimiques ou inflexions de leurs voix.

L’adaptation de Huis clos par Luc Bordas est plus que réussie. La mise en scène moderne est une audace pour ce jeune metteur en scène et fonctionne à merveille. Cette représentation est aussi l’occasion pour le spectateur de découvrir ou de redécouvrir la pièce de Jean-Paul Sartre par de génialissime comédiens qui ont un talent plus que prometteur.

Marie Barday

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