Rendez-vous en terres sauvages pour suivre les pas de Yeruldelgger avec Ian Manook

A l’occasion des Quais du Polar de Lyon du 27 au 29 mars 2015, vous pourrez rencontrer Ian Manook et Yeruldelgger qui nous emmènent une nouvelle fois dans une folle épopée en terre mongole. L’auteur, Patrick Manookian alias Ian Manook, publie en février 2015 son deuxième roman policier dans la lignée du premier. Yeruldelgger, publié en 2013, a obtenu de nombreuses récompenses littéraires, notamment le Prix des lecteurs Quais du polar 2014, dont il faisait partie des jurys cette année. Les temps sauvages reste cependant un livre qui peut être lu indépendamment du premier tome des aventures du héros éponyme.

« Quand le vent du Nord s’abat sur les steppes enneigées d’Asie centrale, personne ne vous entend mourir. Pour Yeruldelgger, le salut ne peut venir que de loin, très loin… »

Un thriller dépaysant

L’histoire commence dans la steppe mongole où l’inspecteur Oyun découvre un empilement de cadavres ainsi que celui d’un cavalier mort avec son cheval après la chute mystérieuse d’un yack. Peu de temps après, on découvre la mort d’une ancienne indic’ de Yeruldelgger qui se trouve être considéré comme le suspect numéro un malgré son grade d’inspecteur. Un ami de ce dernier, le professeur Agop, est lui aussi assassiné et sa maison ravagée suite à sa tentative d’inspection d’un corps projeté sur une falaise et maintenu coincé entre les aspérités de la roche.
C’est l’hiver, la neige recouvre la steppe, le froid endort les lieux ruraux et augmente la pollution de la capitale Oulan Bator. Les protagonistes se déplacent donc entre des terres désertes où règnent le froid et la solitude et une ville hyper-polluée où l’on ne peut voir qu’à quelques mètres devant soi, où les gens s’entassent dans des bidonvilles pour se réchauffer.
Cette atmosphère permet d’installer un climat de méfiance propice au genre du thriller, puisque l’attention des personnages se doit d’être toujours aux aguets pour pouvoir se défendre du climat a minima. Les conditions atmosphériques se retrouvent aussi dans l’intérêt des enquêteurs par rapport à la conservation des corps, des traces laissées ou effacées plus facilement, etc.
Le lecteur appréciera d’ailleurs le jeu de piste que lui propose l’auteur. Le titre donné à chaque chapitre reprend les mots qui concluent ce dernier, souvent dans une tournure permettant au lecteur d’imaginer différents contextes pour les faire résonner, mais rarement celui qu’a choisi l’auteur.

« – Dans ce cas, releva Ganzorig, la vraie question est : qui peut t’en vouloir à ce point, Yeruldelgger, et qui en a les moyens ?

Personne n’osa pas prononcer le nom qui pouvait répondre à ces deux questions. Mais Yeruldelgger connaissait bien Solongo et Oyun. Il savait qu’elles pensaient au même monstre. »

Une enquête de grande ampleur

Toutes les intrigues précédemment citées convergent au fil de l’histoire pour mettre en relief les relations entre les personnages, rapports privés et/ou personnels, les tensions entre la police et les militaires apparaissent grandissantes. Chaque policier en mission sur une scène de crime est accompagné d’un militaire. Oyun va d’ailleurs commencer une liaison amoureuse avec son accompagnateur militaire Gourian, liaison qui ne plaît pas à son équipe. Le lecteur ne peut d’ailleurs qu’approuver ce désaccord. On retrouve les éléments phares d’un bon thriller avec enlèvement, secret défense, lumière rouge de sniper pour inciter à l’obéissance, hommes de pouvoir en filigrane, manipulation, repaires d’espions et de trafiquants, coups bas, etc.
L’ampleur est aussi géographique puisque le développement des moyens de transport a aussi un impact sur les faits racontés, puisque les avions et surtout les hélicoptères sont mis en cause pour différentes scènes de crimes, les wagons de train apparaissent sur des photos prises, tenues secrètes et qui vaudront la vie aux professeur Agop. Les containers présents dans le port du Havre en France permettent de retrouver la trace d’enfants enlevés.

Mathilde

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