Je peux pas, je lis Peter May

Aussi addictif qu’une série Netflix, qu’un paquet de fraises tagada ou que Pokémon Go voici les séries littéraires de Peter May. Alors que s’ouvrent demain sur internet Les Quais du Polar, voici une rétrospective non exhaustive dédiée l’écrivain écossais. Confinement peut rimer avec aventure, il suffit d’ouvrir l’un de ses livres. (Image mise en avant : © Simon)

© Kenny Lam.

La trilogie écossaise : sauvage et mystérieuse

Fin Macleod se retrouve propulsé aux Hébrides, sur l’île de Lewis, où il est né, pour boucler une enquête sur un meurtre. Alors qu’il n’est pas revenu depuis plus de 17 ans, le passé ressurgit. La narration alterne entre le temps de son enfance, de son adolescence et le temps présent ; entre la description des paysages et des us et coutumes insulaires et une enquête policière haletante. Il faut du temps pour rentrer dans le premier tome, mais une fois les longues descriptions passées, on ne peut plus décrocher. Ces descriptions nous permettent de nous projeter et d’imaginer avec détail le décor des drames qui vont rythmer cette trilogie. Ces espaces sauvages, tourmentés, à couper le souffle, font écho aux caractères des habitants de l’île et aux tempêtes intérieures des personnages. Alors que nous découvrons Fin Macleod dans L’île des chasseurs d’oiseaux, le deuxième tome L’homme de Lewis nous fait entrer, par bribes, dans la tête de Tormod Macdonald, atteint de la maladie d’Aizheimer. Il faut dire que plonger dans les souvenirs altérés et la perception si particulière de cet homme est une expérience passionnante pour le lecteur. Dans Le braconnier du lac perdu, Fin Macleod doit affronter ses propres démons qui ressurgissent du passé, au fur et à mesure de l’enquête. Chaque tome propose une intrigue différente au cœur de l’île, peuplée de visages familiers, sans oublier son lot de surprises et de rebondissements. 

La série chinoise : marathon effréné

On suit à la trace le policier Li Yan et la pathologiste américaine Margaret Campbell au long des six tomes de la série. Trafic d’organes, corruption, athlètes retrouvés morts pendant les Jeux Olympiques, immigration aux Etats-Unis, scandales industriels… Peter May nous en fait voir de toutes les couleurs sanglantes. A chaque livre, son enquête, sa dose d’adrénaline, ses romances et ses cadavres. Pékin s’allume sous nos yeux. On sent les odeurs, on entend les cris, on voit s’agiter une foule bigarrée dans les rues pleines de charme et de dangers. Toutes les occasions sont bonnes pour nous faire découvrir la Chine, son histoire, ses coutumes. Cette exploration sociale, politique, historique et culturelle n’est jamais une leçon scolaire mais s’inscrit dans la cadence même de l’enquête, et rend chaque page un peu plus passionnante. On se retrouve entièrement plongé, comme dans un film à 360 degrés, avec pour seules limites notre imagination. Parfois un peu décontenancé, mais toujours séduits, à l’image de Margaret Campbell, on déambule dans les quartiers de Pékin et souvent même, on y court. 

© hatim kaghat

La série Assassins sans visage : courses poursuites et jeux de piste

Enzo Macleod, ancien enquêteur renommé de la police écossaise, installé en France, fait le pari de résoudre les meurtres insolubles décrits dans Assassins sans visages du journaliste parisien, Roger Raffin. Chaque tome propose une enquête trépidante que ce soit dans les catacombes de la capitale ou dans les vignes de Gaillac. L’enquêteur, seul ou accompagné, vient remuer le couteau dans les plaies du passé pour en révéler tous les secrets. On s’enfonce avec lui dans des labyrinthes physiques ou psychologiques qui nous mèneront, d’indices en indices, jusqu’au visage de l’assassin. On se prend au jeu, on s’invente des scénarios, on identifie les potentiels coupables, on joue à l’enquêteur mais à chaque tournant, Enzo Macleod nous sème, pour notre plus grand plaisir. 

C’est toujours un peu la même recette, mais on ne s’en lasse pas, et à chaque fois on se régale. Un enquêteur audacieux et cabossé se lance dans une poursuite haletante entre dangers, menaces et secrets de famille. Ça commence doucement, on explore un lieu chargé d’histoires, on sourit souvent, on s’attache, on tourne les pages de plus en plus vite et puis on s’enfonce en plein cœur de la tempête. On referme le livre, et on cherche à se procurer le prochain. Tout ce qu’on voudrait maintenant, c’est qu’un réalisateur en panne d’inspiration, prenne à la lettre tous les polars de Peter May, pour nous les partager sur grand écran. 

Article rédigé par Elisabeth Coumel

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