Le jeune ballet du CNSMD ­– première étape sur le chemin du professionnalisme

On dit que « danser dans le jeune ballet c’est faire l’expérience de la vie au sein d’une compagnie ». En tout cas ce ballet des jeunes talents sous la direction artistique de Jean-Claude Ciappara montre les fruits d’un long travail et les résultats d’une formation excellente. Accessible aux étudiants en dernière année du Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse de Lyon, il crée un lien entre apprentissage et vie professionnelle pour les artistes. Coopérant avec des chorégraphes connus ceux-ci profitent d’un approfondissement des techniques en danse classique et en danse contemporaine. En même temps, ils s’entraînent à danser devant un grand public. Lundi, le 23 janvier 2017, cette jeune troupe montrait son savoir-faire aux spectateurs de l’Amphithéâtre Culturel sur le campus Porte des Alpes de l’Université Lumière Lyon 2.

Un spectacle qui donne la rare occasion de voir plusieurs créations d’un seul coup

© Christian Ganet
© Christian Ganet

En tant que spectateur, on découvre un univers chorégraphique initié par plusieurs chorégraphes d’excellence. Parmi ceux-ci on trouve des danseurs à l’Opéra National de Paris comme Thierry Malandain ou Harris Gkekas, aussi bien que le lauréat du prix meilleur danseur international de l’International Movimentos Dance Prize (2009), Abou Lagraa, qui est d’origine algérienne – un fait qui a abouti à son propre style de danse contemporain, le ballet dit algérien.
D’où ces grands chorégraphes prennent-ils leur inspiration ? La réponse est parfois mois compliquée qu’on ne le pense. Lagraa a l’habitude de prendre régulièrement des notes au quotidien et pendant ses voyages comme celui fait au Maroc, où il a été ébloui par la nature sauvage, notamment par le changement rapide des couleurs du ciel et de la mer.
Ce qui a ému l’étudiante Alexandra Blondeau, qui est danseuse et à la fois chorégraphe de la création contemporaine D’elles, c’était l’image de la femme aux Philippines. Après un voyage là-bas, elle a commencé à réfléchir également sur le rôle de la femme dans la société occidentale, son corps et sa façon d’être – un sujet plus actuel que jamais – il ne restait plus qu’à lui donner un cadre artistique.
Il reste malgré tout difficile de transformer ces idées en une chorégraphie et c’est ici que devient nécessaire la créativité des chorégraphes ainsi qu’une bonne exécution par les danseuses et danseurs.

 

Le corps humain est le centre d’attention

© Christian Ganet
© Christian Ganet

Le danseur du jeune ballet est une figure forte. Pas seulement en ce qui concerne son énergie et son ambition qui lui font avancer dans sa carrière, mais aussi à propos de son corps. Celui-ci est le centre d’action artistique par excellence et à la fois l’espace qu’il faut pour exprimer les idées des chorégraphes.
Thierry Malandain, en tant que défenseur de la culture du ballet classique, veut montrer la puissance du corps avec sa création Mozart à 2. Il s’agit d’une interprétation qui éblouit uniquement par la beauté des mouvements des danseurs. Le chorégraphe met l’accent sur l’esthétique du corps lui-même, il n’y a distraction ni par des costumes riches ni par l’éclairage de la scène.
Il en est tout autrement de la création contemporaine And-or wave du chorégraphe Pierre Pontvianne. Celui se sert du corps humain pour imiter le va-et-vient des vagues de la mer et les forces naturelles qui en font partie. Selon lui, tout cela ne représente pas seulement des mouvements physiques, mais aussi « des vagues d’événements à la fois créées et traversées par l’homme ».

Enfin il y a un point sur lequel on est bien d’accord : il faut promouvoir les jeunes artistes qui ont le potentiel de former une génération future d’artistes prestigieux. Avec ce spectacle l’équipe nous a représenté un programme diversifié pour personnes de tout âge. On est convaincu que la première marche sur l’échelle du succès est déjà prise et on souhaite bonne chance pour le parcours professionnel de chaque artiste et dans tous leurs projets à venir !

 

Lea Steinbinder

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