Journée de découverte à Montserrat

L’Envolée Culturelle continue son carnet de voyage dans les Caraïbes avec aujourd’hui un reportage consacré à l’ile de Montserrat. Tout comme pour le carnet de voyage précédent, cette île est un territoire ultramarin de la Grande-Bretagne.

La Pompéi des Caraïbes

© Jeremy Young
© Jeremy Young

À première vue il ne semble pas y avoir de rapport entre une île des Caraïbes et la ville antique sur les bords du Vésuve. Pourtant il y a un point commun : dans les deux cas, une ville a été complètement détruite par une éruption volcanique et recouverte de cendres. Dans le cas de Montserrat, il s’agit de l’ancienne capitale : Plymouth. Si l’éruption volcanique de 1997 vous intéresse, nous vous recommandons de visiter le centre de volcanologie de l’île qui vous présentera, entre autres, un film assez impressionnant sur ces événements qui coûtèrent la vie à 19 personnes et qui ont contraint plus de la moitié de la population à fuir leurs habitations.

Si vous vous sentez l’âme plus aventurière, sachez que les ruines couvertes des cendres de la zone interdite peuvent se visiter. Attention, comme son nom l’indique, la zone est interdite et potentiellement dangereuse, ce qui veut dire que vous ne pouvez pas vous y rendre seul. En revanche il existe des tours guidés de l’ile, qu’il est préférable de réserver à l’avance, où le guide est habilité à vous emmener dans cette zone. Vous y découvrirez un paysage gris et quasi lunaire assez loin de la carte postale des Antilles, mais avec des scènes pittoresques incroyables comme des cabines de téléphone rouges presque enfouies sous la cendre, ou encore une toute petite pyramide surmontée d’une croix qui est en fait le haut du clocher d’une église enterrée sous plusieurs mètres de cendres.

De manière assez ironique, le volcan fut la cause de l’arrêt de l’économie de Montserrat et c’est aujourd’hui un de seuls exports de l’île. En effet, les cendres du volcan sont exportées pour servir d’additif au ciment dans la construction.

© Jeremy Young
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La découverte de l’île émeraude

Le surnom de Montserrat est l’île émeraude. Cela a deux origines, toutes deux liées à l’Irlande. Montserrat a des paysages qui rappellent l’Irlande côtière, en tout cas dans la partie Nord, qui a été épargnée par le volcan. L’autre lien avec l’Irlande est le fait que de nombreux colons irlandais se sont installés sur l’île dès le début de la colonisation. On retrouve des traces de la culture irlandaise sur l’île surtout au moment de la Saint Patrick au mois de mars. Là-bas, le festival pour le Saint Patron de l’Irlande dure une semaine et nombre d’événements ont des symboles typiquement irlandais comme les lutins, les chaudrons d’or ou encore la Guinness qui est omniprésente. L’Irlande est aussi visible dans les couleurs du madras de Montserrat. Le madras est un tissu à motif typique des Antilles et qui n’est pas sans rappeler le tartan écossais. Ainsi chaque île a un motif et des couleurs qui lui sont propres. Pour Montserrat, la plus irlandaise des îles, on retrouve le vert, l’orange et le blanc.

L’influence britannique

Au-delà de l’influence irlandaise, l’influence britannique est visible partout à Montserrat avec une multitude de petits détails. Ceux que l’on peut voir dès l’arrivée sont bien évidemment le drapeau et la conduite à gauche. Dans certains villages, on trouve également les fameuses cabines téléphoniques rouges. Même si le gouvernement de Montserrat est complètement autonome, c’est la Grande Bretagne qui gère la police, ce qui est visible avec l’uniforme des policiers. Une autre influence britannique est le fait que la religion principale à Montserrat soit l’Église anglicane, et à ce titre de nombreux édifices religieux sont de style anglican.

© Jeremy Young
© Jeremy Young

Pour autant, comme beaucoup d’îles dans les Caraïbes, Montserrat a su fusionner les différences influences pour former une culture propre. Cela se retrouve notamment dans le plat national : le « Goat Water ». Il s’agit d’une adaptation de l’Irish stew avec des produits plus locaux (la recette sera en fin de carnet).

Histoire de l’île et sa colonisation

Avant l’arrivée des Européens, Montserrat était peuplé d’Amérindiens arawak et fut souvent victimes de raids par le peuple Caribe. L’île fut découverte par Christophe Colomb lors de son deuxième voyage, ce qui explique que cette île porte un nom espagnol. Toutefois les Espagnols ne tentèrent pas de la coloniser et les premiers colons Européens furent Irlandais à partir de 1642 et de nombreux Irlandais furent ensuite déportés sur l’île par la couronne. Montserrat fut une économie de plantation pour la culture du sucre, du coton et de l’Arrowroot (ou la marante en français). Avec la fin de l’esclavage, le philanthrope britannique Joseph Sturge acheta de vastes terres pour prouver que la culture de la canne à sucre était encore économiquement viable sans une main d’œuvre servile. Cependant, à partir de 1869, la production agricole de la famille Sturge qui était la plus importante de l’île avait changé pour la culture du citron vert et l’établissement d’une compagnie de production de jus de citron.

Tout cela est expliqué au musée National de Montserrat, mais malheureusement il n’était pas ouvert le jour de notre visite.

Jeremy Young

 

Annexe, la recette du Goat Water

 

  • 1 kg de viande de chèvre (Mouton)
  • 100g de papaye verte (coupé en dés)
  • 100g de fruit à pain
  • 50 g de farine
  • 50 g d’oignons
  • Huile de cuisson
  • 150g de tomates
  • 1 c à soupe de ketchup
  • Sel et poivre noir
  • 3 cubes de bouillon

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