Just my Imagine Picasso

« Donnez-moi un musée et je le remplirai », disait Picasso. Voir apparaître un Picasso devant nous en oubliant le musée et ses jolies institutions ? Défi relevé à La Sucrière jusqu’à janvier 2020 ! Imagine Picasso est une exposition unique parce que, si vous avez aussi envie de vous fondre dans le décor et de devenir esquisse, peinture ou dégradé, portrait, baigneuse, voire cocotte en papier cette exposition est faite pour vous et… on en verra de toutes les couleurs ! ( ©  Imagine Picasso )

Dédale de PicassoDédale de Picasso  ©  Pauline Khalifa

Peins-moi Picasso

Annabelle Mauger et Julien Baron vous dépeignent une plongée rafraîchissante dans les œuvres  de Picasso toutes aussi surprenantes les unes que les autres, avec détours au cœur du classicisme, du fauvisme, en passant du côté du surréalisme et des collages. Deux salles pour cette exposition merveilleuse au pays des minotaures, des colombes, des corridas, des femmes, des enfants, des chefs-d’œuvre et des moins connus. Imagine Picasso est une manière révolutionnaire de voir de l’art en 3D… Exposition immersive, au sens plein du mot, le spectateur devient lui-aussi acteur et contemplateur actif de l’œuvre d’art. Plus besoin de faire la queue et d’acculer le pauvre Guernica : le tableau vient à vous dans une immense pièce obscure aux musiques chatoyantes et aux tableaux défilant d’une manière quasiment aléatoire sur des sculptures projetant les plus infimes détails, que vous, auparavant oppressé par la foule, pourrez embrasser d’un regard. Et, pour le plaisir auditif, une musique défile selon chaque thématique choisie au préalable par nos deux réalisateurs. Visite guidée sans guide pour dépoussiérer le tout. On arpente au gré de nos envies et de nos caprices ces deux pièces. Née de l’approche d’Albert Plécy en 1975 qui représentait une « CATHEDRALE D’IMAGES » en « Image Totale », Imagine Picasso permet de contempler avec des yeux neufs les mystères et les palettes de ce peintre aussi poète et dramaturge. Décidément, on ne cesse d’apprendre parmi plus de 200 tableaux. On ne cesse de ressentir, d’imaginer autrement, de voir comme un enfant ce que Picasso voulait dessiner comme un enfant. 

PicassoImagine Picasso  ©  Pauline Khalifa

Dans le dédale de Picasso 

Les gens s’assoient. On avance prudemment. Il fait noir. Brusquement, comme un clair obscur, la lumière blanche et pernicieuse de Guernica apparaît. Le taureau est en face de nous. À droite, la tête du moribond exhale un dernier cri. Notre tête bourdonne, ou serait-ce cette musique oppressante comme des pas autoritaires qui tambourine sur nos tempes ? Tout s’arrête. Cela reprend. Musique entêtante espagnole à la guitare — champs de fleurs, taureaux. On marche de travers. Il y en a de partout. Des images, des yeux, des dessins, des couleurs. Il y en a de partout même sous nos bottes. On rit. On lève la tête. On la tourne. Les gens regardent tout autour d’eux. Ils ne savent pas où porter le regard. On marche. On pointe du doigt les guirlandes blanches comme des pétales  ou des fleurs en papier que l’on découpait, enfant, dans la feuille de dessin que notre mère nous tendait. Les cocottes surgissent de nulle part. Elles sont en papier. Elles s’agitent. Des comptines pour enfants résonnent dans la grande pièce sombre. On découvre des paroles que nous ne connaissions pas. Les enfants courent dans la salle saturée de ces éclairs blancs. On dirait des faisceaux. On veut les attraper, or la petite comme l’eau vive et le furet s’enfuient. On s’approche des sculptures. On ne les touche pas. On les voit défiler. Et, quand on saisit avec la main quelque chose, on ne tient que du vide. Elles ricanent. Elles glissent entre les doigts comme du sable…

https://www.imagine-picasso.com/

À retrouver à la Surcière jusqu’au 19 janvier 2020.

Article rédigé par Pauline Khalifa – Lika.

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