K.

Hier soir, L’Envolée Culturelle s’est une nouvelle fois rendue à l’Espace 44. Petit théâtre au début des pentes de la Croix-Rousse, il sait nous offrir une programmation diverse et qui permet toujours la découverte de compagnies émergentes talentueuses. C’est là-bas que K. écrit par Vladimir Lifschutz et mis en scène par Julien Reneaut est présenté jusqu’au vendredi 18 octobre 2019. (Image mise en avant :  © Joseph Barbereau)

Dans l’ombre du frère

John Fitzgerald Kennedy, 35ème président des États-Unis, n’est plus à présenter : de sa campagne présidentielle, à son rôle dans la crise cubaine jusqu’à son assassinat, il a eu une vie mouvementée et les grandes lignes sont connues de tous. En revanche, son petit frère Robert Kennedy a été dans l’ombre de son frère les premières années, avant de devenir à son tour une personnalité politique forte (évidemment pas autant que son frère) du paysage américain. Il a été assassiné à son tour quelques années plus tard, alors qu’il venait de gagner les primaires américaines.
Mais ce n’est pas l’histoire publique qui nous était contée hier soir, mais bien celle du privée. L’histoire d’amour entre Robert, alias Bobby, et Ethel son épouse était le sujet de la pièce que nous sommes allé.e.s voir. Portée par seulement deux comédiens, ils ont su nous faire voyager à travers les sixties, de la rencontre du couple à la mort tragique de Bobby. Nous vivons les moments simples de leur vie de couple, l’achat d’un tourne disque et les jeux avec les enfants, jusqu’aux évènements difficiles comme la guerre du Vietnam ou encore la mort du frère de Bobby.
Mais l’Histoire, nous ne faisons que l’entendre. Ce que nous voyons, c’est un couple qui s’aime et essaie d’être ensemble malgré les obstacles… Une vie de couple dont nous sommes les témoins directs, voire même des acteurs à part entière. La mise en scène fait que les comédiens s’adressent à nous, parfois comme à leurs enfants, parfois comme à un public venu assister à un meeting. On nous serre la main, on nous dispute, on nous félicite. La proximité qu’offre le plateau de l’Espace 44 avec le public ne fait qu’accentuer l’efficacité de la mise en scène : nous sommes proches d’Ethel et Bobby et nous vivons leur histoire pendant un peu plus d’une heure.

 

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© Joseph Barbereau

 

La petite histoire

La mise en scène est sobre mais efficace : un vieux fauteuil club dans un coin, une chaise à l’autre extrémité. On notera évidemment la présence de deux téléphones d’époque dont l’utilisation permet une séparation de l’espace efficace : d’un côté, Ethel, chez elle, est assise sur le fauteuil club et téléphone à son mari qui travaille à Washington. Un voilage blanc transparent sépare la scène des coulisses et une lumière a été placée au fond afin de permettre aux comédiens de jouer avec leurs ombres. Par ce biais, ils nous offrent des images splendides et délicates. La présence scénique et le jeu des comédiens sont excellents et cela nous projette dans l’Amérique en période de guerre froide, mais vue sous l’angle d’une sphère privée.
La mise en scène intègre des parties dansées, ainsi la musique et la danse deviennent un leitmotiv de la vie privée du couple Kennedy. La première danse, lente et proche, de leur rencontre. Le rock joyeux lors de leurs premières années ensemble. La crise de nerfs dansée par Ethel lorsqu’elle pense que son mari est infidèle. Fort d’une belle alternance entre dialogue et danse, la vie d’Ethel et de Bobby Kennedy est joliment raconté et ce malgré un entracte imprévu, dû à une panne du côté de la lumière. Mais cela a été géré d’une main de maître par l’équipe et le public a été compréhensif. Après tout, nous assistons à du spectacle vivant ! 

“K” par la Cie 34-14. Écrit par Vladimir Lifschutz et mis en scène par Julien Reneaut. Joué par Vladimir Lifschutz et Eugénie Leclercq. Durée 1h15.
À l’Espace 44 jusqu’au vendredi 18 octobre 2019 à 20h30 ! 

Article rédigé par

AmbreAmbre Bouillot

CandiceCandice Grousset

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