Kindred de Passion Pit, voyage au pays de la musique catchy

Trois ans après leur second album Gossamer, le groupe américain Passion Pit est de retour avec Kindred. L’album est composé de 10 chansons, pour un peu moins de 40 minutes. On retrouve Passion Pit avec enthousiasme, en sachant que Michael Angelakos, maintenant unique membre du groupe, avait dû faire une pause lors de sa tournée pour raison de santé. Il ne s’en cache plus maintenant : il est bipolaire. Soutenu par tous les fans, son retour était très attendu après ces événements.

« The sky broke apart then you appeared »

Après la sortie de Gossamer et une tournée mondiale, Passion Pit avait un peu disparu du monde musical. Puis le groupe a réapparu pour donner des nouvelles sur l’album à venir, et un long teasing a commencé. Le groupe publiait des très courts extraits de chansons qui se coupaient brusquement, avec déjà des images qui préparaient l’univers graphique de l’album. En effet, la pochette de l’album représente un petit garçon qui fixe la caméra, avec un dîner de famille en fond. Le jeu des couleurs est très important, toujours avec des couleurs rosées et violacées en partie, comme sur les premiers albums. Tout l’artwork dans Kindred a été pensé par Michael Angelakos et Hassan Rahim (directeur de la création de Passion Pit) et a été photographié par Steven Brahms. On sent, dès le teasing jusqu’à la sortie de l’album le 17 avril 2015, un fort travail sur le graphisme et l’image, en plus de la musique. Il y a une véritable recherche par le groupe sur son image et son album, qui se voit dès l’ouverture du CD.Passion-Pit-2015Et puis on lance l’album. Il commence avec « Lifted Up (1985) », qui était également le premier extrait dévoilé. Cette chanson démarre l’album sur les chapeaux de roue, avec une montée en puissance électro-pop. Puis on commence à entendre la voix d’Angelakos sur le premier couplet qui calme un peu la chanson, avant de repartir sur le refrain. « Lifted Up » peut être traduit par « Soulever » ou « Elever », et avec ce morceau on se retrouve presque littéralement élevé par la musique, qui nous donne envie de bouger et danser. Tout au long de l’album on retrouve cette énergie qui nous avait manqué sans Passion Pit. Une énergie qui donne envie de se bouger, de chanter, de sauter. On retrouve également des chansons plus lentes et calmes, comme « Where The Sky Hangs », mais le rythme est toujours présent et on sent l’énergie joyeuse du groupe toujours en fond.

«  We both know we’re suffocating, let’s go out and find ourselves a home  »

maxresdefault (3)Ce qui fait tout le charme de Passion Pit, c’est cette capacité à marier l’électro-pop, ce côté indépendant, avec la voix de Michael Angelakos. Et c’est cette voix particulière qui nous attire toujours plus vers ce groupe. On sent un chanteur qui sait manier sa voix, qui la maitrise, qui sait monter dans les aigus mais aussi rester stable, mais qui sait aussi quand modifier sa voix par choix, notamment en utilisant l’AutoTune (sorte d’instrument qui déforme la voix) sur « Ten Feet Tall (II) ». Cette chanson est très surprenante au début, car elle démarre presque immédiatement avec les paroles d’Angelakos. Sa voix déformée étonne fortement, surtout que l’on n’a pas l’habitude de l’entendre comme ça et que l’on sait qu’il a naturellement une voix plus aigüe et qu’il la maitrise très bien. Cette prise de risque est assez réussie, avec en fond un très bon rythme assez catchy.
Globalement, l’album apparaît plus joyeux. Bien que Gossamer, leur précédent album, l’était aussi, on sent un changement dans l’état d’esprit d’Angelakos, une affirmation. Et tout cela se comprend lorsqu’on se penche sur sa vie privée, et l’affirmation de sa bipolarité. Cela se voit dans les paroles également, qui sont ici très tournées vers l’amour et l’évolution. Angelakos explique dans de nombreuses interviews que sa femme l’a beaucoup aidé et soutenu, et que cet album permet de lui exprimer son attachement. La chanson « Lifted Up (1985) » lui est entièrement dédiée. Comme dans les autres albums, on retrouve des paroles un peu énigmatiques parfois si l’on ne connait pas en profondeur l’histoire personnelle du groupe. Mais ces paroles tournent toujours autour du progrès personnel, de l’amour qu’il soit romantique ou fraternel, avec « My Brother Taught Me How To Swim », gros coup de cœur de l’album.

Avec cet album, on est donc heureux de retrouver Passion Pit et de découvrir enfin leurs nouveaux morceaux. On retrouve cette joie qui émane de leurs chansons, et la voix de Michael Angelakos si particulière qui nous manquait. Les fans de longues dates sentent bien ici l’évolution du groupe, et ceux qui ne connaissaient pas découvrent ici un très bel album, très catchy et rythmé. On n’a plus qu’une hâte : espérer un concert en France, et vérifier si l’énergie est toujours présente en live.

Éléonore Arnould

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