La délicatesse, de David Foenkinos, livre et/ou film, c’est le coup de cœur d’Alicia

Né le 28 octobre 1974, David Foenkinos écrit depuis 2002. Au début, il ne se destinait pas à devenir écrivain, sa passion est la guitare. Il en devient professeur après des études de Lettres à la Sorbonne. C’est en 2002 que son premier roman parait, Inversion de l’idiotie qui obtient le Prix François Mauriac. Puis en 2004, Le potentiel érotique de ma femme, livre humoristique et mordant, empreint d’autodérision et de distance mi-sérieuse, mi-grave. On pourrait aussi citer La tête de l’emploi, 2012, ou encore Charlotte, son dernier roman qui obtient le Prix Goncourt des lycéens 2014 et le Prix Renaudot. Mais c’est surtout grâce à La délicatesse qu’il se fait connaître du grand public, publié en 2009 et qui sera adapté au cinéma en 2011 par l’auteur même et son frère, Stéphane. Le film sera nommé deux fois aux Césars 2012 pour le César de la meilleure adaptation et celui du meilleur film. Le roman a reçu en tout 10 prix littéraires ! Si vous ne l’avez pas encore lu, c’est le moment !

Une adaptation parfaite du livre au film 

Pour raconter brièvement cette touchante histoire d’amour, on pourrait parler d’antagonisme et de complétude, de chaud et de froid, de douceur et de piquant… C’est l’histoire tout d’abord de Nathalie et François. Deux jeunes mariés qui avaient tout pour être heureux, l’insouciance, l’amour… quand soudain un évènement atroce arrive. Ce sera alors l’histoire de Nathalie et Markus, aussi improbable soit-elle. Nathalie et Markus travaillent dans la même entreprise et au sein du même groupe de travail. Cette jeune femme rayonne mais à cause des évènements horribles qu’elle a du traverser, elle est devenue une beauté froide, triste mais aussi très attirante. Un jour, par un éclair de lucidité (ou plutôt un coup de folie), et par refus de s’enterrer dans une vie triste et sans plus aucune émotion, elle commet un acte des plus surprenants. Si surprenant qu’elle ne réalisera pas l’avoir fait et surtout ne s’en rendra pas compte !

C’est ainsi que commence une très belle histoire d’amour entre Markus et Nathalie, aussi poétique que drôle. Il est quasi transparent, elle très charismatique. Sous la plume de David Foenkinos, les personnages deviennent aussi drôles qu’attachants, toujours dépeints avec une sensibilité et une distance particulière mais si jubilatoire ! L’auteur nous plonge dans les pensées de ces personnages, mais aussi dans les rouages d’une entreprise, dans les jeux de pouvoir et de séduction et surtout nous fait réaliser que la vie réserve toujours des surprises aussi belles qu’horribles… Il nous fait découvrir, grâce à Nathalie, le véritable homme qui se cache derrière Markus et nous fait réaliser que l’on connaît tous quelqu’un d’aussi timide et transparent, mais qu’on ne peut pas savoir qui se cache derrière réellement si l’on n’y fait pas attention. L’écriture sobre et simple de l’auteur touche du doigt cette « délicatesse » si recherchée par Nathalie et que le roman tout entier illustre.

Une adaptation riche en surprises

Pour adapter ce livre, qui d’autre l’aurait mieux fait que l’auteur lui-même ? Malgré quelques petits changements (nécessaires par rapport à l’adaptation d’un film : ajout d’un personnage, quelques changements de répliques et de caractère) l’esprit du film reste identique à celui du livre avec des répliques, parfois reprises mot pour mot ! La surprise du film est indéniablement François Damiens qui incarne Markus. Il est très drôle en endossant ce rôle d’employé modèle mais insignifiant auprès de ses collègues, voire inexistant. Il réussit à incarner ce personnage à la perfection, touchant, tendre et délicat … Audrey Tautou, quant à elle, rayonne dans ce film en personnage belle et fragile, le rôle lui va à la perfection.

Les réalisateurs ont su vraiment adapter le film selon l’esprit du livre mais ils ont donné aussi une touche en plus : des personnages un peu différents comme par exemple celui de Pio Marmai, dans le rôle de François, personnage plus enjoué que celui du livre, ou encore celui de Charles le directeur de l’entreprise encore plus mesquin et cruel que dans le livre. Le personnage de l’amie de Nathalie, Sophie, incarnée par Joséphine De Meaux (vue surtout dans Nos jours heureux) donne aussi au film un côté plus comique et surtout permet d’accéder aux pensées de Nathalie. D’un autre côté, le film perd les côtés comiques de l’écriture même du roman, Foenkinos faisait sourire son lecteur par le nom de ses chapitres et ses petites digressions humoristiques (exemple définition de « délicatesse » dans le dictionnaire Larousse ou les mots prononcés par Ségolène Royal lorsqu’elle perd l’élection présidentielle ou encore l’article de Wikipédia concernant les Pez), ce qu’on ne retrouve dans le film.

Une adaptation réussie !

Alicia.

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